Alain d’Etigny, fondateur d’Argentina Excepción, Chile Excepción, Bolivia Excepción & Perú Excepción.

Pouvez-vous résumer en quelques mots votre parcours ?

L’Argentine est en quelque sorte la joint-venture de ma passion du voyage et de la photographie, avec mon activité professionnelle.

Comme ciment, j’ai utilisé mon expérience de l’organisation et du terrain acquise grâce à 17 années de carrière militaire dans les chasseurs alpins, à 3 années dans le développement de projets en France et en Argentine, enfin à 3 années à la tête d’une agence de tourisme à Arusha, en Tanzanie. C’est suite à ces expériences que j’ai souhaité créer ma propre agence de voyage.

Pourquoi avoir choisi l’Argentine, puis le Chili, la Bolivie et le Pérou ?

Lors de ma phase de réflexion j’ai hésité entre le Brésil, le Chili et l’Argentine. C’est finalement l’Argentine qui l’a emporté. Ce pays se trouvait en 2005 avec une forte croissance, des infrastructures hôtelières en pleine expansion, des voies de communications en amélioration. Le potentiel de cet immense pays était jusque là peu connu. Seules quelques régions étaient proposées dans les vitrines des agences. J’ai compris qu’il y avait un immense terreau à exploiter.

Avec plus de 5.000 km de frontières communes, la combinaison avec le Chili s’est ensuite imposée d’elle-même. Après plusieurs séjours et avec l’aide de l’un de mes cousins chiliens, Chile Excepción a vu le jour en 2008. La Bolivie est venue ensuite naturellement avec Bolivia Excepción, tant elle offre de splendides combinés avec le Chili et l’Argentine, tout en étant très différente, que ce soit en terme de culture et de paysages. Ce sont ensuite nos clients qui nous ont poussé vers le Pérou et la création de Perú Excepción, 4ème pays andin, imbriqué avec le Chili et la Bolivie. Nous y avons découvert l’incroyable patrimoine archéologique, et bien entendu les somptueux paysages des Andes centrales.

Finalement, je suis toujours convaincu de la pertinence de mon choix. Je crois fermement en l’avenir de toute cette zone du continent sud-américain, notamment au niveau touristique.

Pouvez-vous dire quelques mots de votre lien avec St-Ex et de votre fascination pour l’Aéropostale ?

Antoine de Saint-Exupéry est depuis toujours l’un de mes auteurs préférés avec, à ses côtés, Roger Frison Roche, Paul Bonnecarrère, Joseph Kessel… Bref vous l’aurez compris l’aventure humaine, le voyage, l’exploration, la montagne, le désert.

En parcourant l’Argentine, j’ai pris toute la mesure des exploits réalisés par les pionniers de l’aéropostale. Il fallait oser l’aventure d’une ligne régulière dans le Sahara, sur l’Atlantique, en Patagonie et dans la Cordillère andine.

Il fallait oser les vols de nuit avec les instruments et les machines des années 30 !

En seulement trois ans et demi, Aeroposta Argentina, filiale argentine de l’Aéropostale, a laissé une histoire et une expérience colossale.

Air France, créé en 1933, doit beaucoup à ses pilotes pionniers. Quant à Aérolinéas Argentinas créé en 1950, elle a comme ancêtre direct Aeroposta Argentina reprise en 1931 par l’Etat argentin.

Oui, outre mes liens familiaux avec St-Ex, j’admire l’aventurier, l’écrivain, le poète, le philosophe qu’était Antoine de Saint-Exupéry.

Et c’est en Argentine qu’il a été comblé dans le plus grand nombre de domaines : la responsabilité de Directeur de la ligne, la poursuite de sa passion du métier de pilote avec entre autre l’ouverture de la ligne de Patagonie, l’amitié avec les pilotes argentins, l’émotion avec les habitants de Patagonie, l’amour avec Consuelo Suncin Sandoval, le succès avec la distinction du prix Femina accordée à son œuvre « Vol de Nuit ».

En 1931, sa carrière d’écrivain est lancée. Le voici marié. Mais la faillite de la compagnie Aéropostale le laisse avec le cœur déchiré de ne point pouvoir retourner en Argentine.

Quels sont vos parcours ou lieux préférés ?

Une région et deux thématiques me fascinent plus que tout :

L’Altiplano en général, c’est à dire la zone qui couvre les 4 provinces du nord-ouest argentin, le nord chilien entre San Pedro de Atacama et Arica, et le sud bolivien avec le Lípez et Uyuni.

La luminosité de l’atmosphère, l’intensité des couleurs des lagunes et des montagnes, la diversité des formations rocheuses d’un endroit à l’autre, la silhouette des volcans… J’aime aller voir ce qu’il y a derrière les montagnes. Après 6 années d’exploration, je suis stupéfait de constater que j’en découvre toujours et encore. La liste des lieux à découvrir s’allonge au fil de mes repérages !

Ensuite, le monde des estancias en Argentine est fascinant. Aussi bien celles de Misiones et de Corrientes, les plus exotiques, que celle de Salta, les plus colorées, ou encore celles de Patagonie où la vie est si singulière. Le bout du monde se trouve là, présent dans ces estancias, ni plus ni moins qu’à Ushuaia.

Chacune possède son univers, son architecture, une histoire, des activités propres. La vie y est rude. Elle a forgé les caractères, de beaux visages, et des personnalités chaleureuses.

Enfin, l’autre révélation a été la faune de la côte argentine. Le tourisme se concentre sur la péninsule Valdès, où 1.400 baleines séjournent 6 mois de l’année… Mais les 3.000 km de cote entre Bahia Blanca et Ushuaia sont un long corridor de colonies animalières, un paradis pour la faune marine, terrestre et aviaire. En dehors des petites villes, l’homme n’a pas encore fait fuir les bêtes.

Qu’appréciez-vous des Argentins et des Chiliens ?

En Argentine, les écoles et universités sont de bon niveau. On y trouve beaucoup de personnes compétentes. D’une manière générale, les Argentins sont très actifs et réactifs. Ils s’adaptent rapidement aux évènements. En outre, à Buenos Aires, l’activité culturelle foisonne.

Dans ce pays immense et en partie désertique, on aime se rassembler pour des évènements privés ou publics. La curiosité, le bon accueil et la chaleur des Argentins ne sont plus un secret.

La situation géographique du Chili aurait pu entraîner une mentalité en quelque sorte insulaire. Mais la ferme volonté des Chiliens de s’ouvrir au monde extérieur en fait un pays moderne. Le Chili est un pays sain, dynamique, qui avance à grands pas. On y apprécie le don de l’hospitalité, l’esprit d’entraide et une authentique amitié. A Santiago, tout est prétexte pour sortir et se retrouver en agréable compagnie.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

L’à peu près met à rude épreuve une organisation qui voudrait être parfaite.
Les gens vivent facilement dans l’instant, sans toujours investir dans une relation à long terme.

Par ailleurs, l’inflation endémique, dans le cas de l’Argentine, est un véritable défi au quotidien. Elle rend difficile la négociation et la budgétisation des voyages.

En outre, les règles y sont nombreuses et compliquées… Si bien qu’elles sont souvent contournées.

Enfin, s’ajoute l’imprévu. En Argentine, il faut constamment s’adapter à des situations changeantes. Les évènements les plus étonnants se présentent, comme par exemple l’interdiction du dollar, le décalage horaire annulé le jour même, l’augmentation des tarifs aérien sans préavis, une pénurie de carburant, un aéroport qui ferme…

Seul pays d’Amérique Latine appartenant à l’OCDE, le Chili est un pays politiquement et économiquement plus stable. On y note toutefois un contraste entre la capitale et le reste du pays. La réactivité n’est pas toujours au rendez-vous.
Il faut souvent de nombreuses relances pour avancer et c’est finalement en prenant le temps d’un échange informel que l’on obtiendra satisfaction ! Enfin, la hiérarchisation est très présente. Elle est parfois un obstacle à l’efficacité.

Votre secret ?

Sans hésitation, la réunion des meilleurs collaborateurs possibles. La complémentarité des savoirs faire, des expériences, mais aussi des nationalités est un atout essentiel.

Enfin, le choix d’un investissement important dans la communication, et l’organisation régulière de voyages de repérages.

Quels sont les points forts des agences ?

D’abord, pas d’intermédiaires. En général, la clientèle qui nous contacte cherche plutôt à éviter les intermédiaires du voyage, les agences de quartiers, les revendeurs, les grossistes du voyages ou autres, qui souvent ne connaissent pas réellement la destination puisqu’ils en vendent des centaines. Des malentendus se créent dans une telle chaîne.

Avec nous, il n’y a pas de mauvaises surprises pendant le voyage puisque tout est préparé, en direct et de façon strictement personnalisée. Il n’y a donc pas non plus de commissions d’intermédiaires. Nos budgets correspondent à des services concrets.

Ensuite, la connaissance du terrain. Notre équipe est présente à Buenos Aires, à Santiago, à Lima et dans toutes les provinces des quatre pays. Nous avons une excellente connaissance du terrain et des prestataires auxquels nos clients ont à faire: hôteliers, chauffeurs, guides, loueurs de voiture, transporteurs aériens nationaux et régionaux, et compagnies de croisière. Dans ces pays, tout change très vite. Nous nous préoccupons constamment d’actualiser nos connaissances grâce à notre réseau et nos propres voyages de repérage.

Par ailleurs, notre accueil. Nous accueillons nous mêmes nos hôtes à l’aéroport à Buenos Aires, Santiago et Lima. Après l’installation, la personne qui aura été en relation avec eux, se rend à leur hôtel pour se réunir autour de cartes et présenter à nouveau le parcours, les conseiller et répondre à toutes les questions.

Enfin, la sécurité pendant le voyage. Notre équipe de Buenos Aires, Santiago et Lima est joignable 7j/7 et 24h/24 pendant toute la durée du voyage en Argentine et au Chili, pour n’importe quel type d’assistance.

Une agence en Europe ne peut offrir ni la disponibilité en raison du décalage horaire, des week-ends et jours fériés, ni l’efficacité et la rapidité du service demandé. Nous sommes joignables de jour comme de nuit. Deux personnes s’occupent chaque jour, week-end et jours fériés inclus, du bon déroulement des opérations.

Revoir Alain dans le « Faut pas rêver » spécial Argentine sur France 3 (voir à 22 min. 30).