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Voyage Argentine
Home » Guide de voyage Argentine » Aéropostale » L'accident de Jean Mermoz

L’accident de Jean Mermoz

Le 9 mars 1929, alors que Jean Mermoz traverse la Cordillère des Andes en direction de l’Argentine, les conditions météorologiques le forcent à atterrir d’urgence sur un plateau à plus de 4.000 m d’altitude. Il restera prisonnier de ce traquenard andin pendant 3 jours et 2 nuits avant de jouer sa dernière carte. Retour sur l’accident et l’exploit de Mermoz !

> Revoir le sujet sur l'Aéropostale dans l'émission "Faut pas rêver" spécial Argentine sur France 3 (Voir à 22 min. 30)

La ligne Buenos Aires – Santiago du Chili : Un défi de taille…
Carte sommets andins 6000mPour la Compagnie Générale Aéropostale, l’aventure chilienne commence en 1928, lorsqu’on lui confie l’acheminement du courrier de Santiago du Chili à Buenos Aires.
Le défi est de taille car le trajet impose la traversée de la Cordillère des Andes, et les avions qu’utilise la ligne à l’époque ne sont pas adaptés à des altitudes si élevées. En effet, l’avion principalement utilisé, le Laté 25,  présente un plafond opérationnel de 4.000 à 4.500 m alors que les sommets de la chaine montagneuse culminent parfois à plus de 6.000 m.
Ironie du sort, le tronçon de la cordillère qui se dresse entre Santiago et Mendoza et qui représente la voie la plus directe pour relier Buenos Aires à la capitale Chilienne, est aussi une des parties les plus compliquées à traverser. Un rempart composé d’une dizaine de sommets de plus de 6.000 m fait obstacle à la voie aérienne. (Cf. carte sommets 43 à 52)
… pour un pilote à la hauteur !

jean mermozC’est à l’intrépide Jean Mermoz que revient la responsabilité périlleuse d’explorer le terrain et d’établir les routes aériennes qu’empruntera la future ligne postale.
Il effectue la première traversée le 18 septembre 1928, à bord d'un Laté 25 F-AIEH et en compagnie de son mécanicien Alexandre Collenot.

Pour cette grande première, il suivit sans problème particulier le tracé emprunté par le chemin de fer transandin.
Trois jour plus tard, il renouvèle la traversée dans le sens inverse et atterrit victorieusement à Buenos Aires le 21 septembre. Ce faisant, il prouve une fois de plus la mesure de son talent et de son courage au reste de la compagnie.
La mission Vaulx
Le 28 février 1929, Mermoz décolle de Buenos Aires pour une nouvelle mission. Dans un premier temps, il doit regagner San Antonio Oeste afin d’embarquer le directeur de la Fédération aéronautique internationale, Henry de La Vaulx, à bord de son Laté 25.
Cordillère des Andes entre Copiapo et Santiago
Puis, après une seconde escale à Plaza Huincul, dans la province de Neuquén, il doit alors traverser la Cordillère par une nouvelle route bien plus au Sud de Santiago, à hauteur de la ville chilienne de Concepción, pour enfin pouvoir regagner la capitale du coté chilien.
Alors qu’il est en pleine traversée de la Cordillère, son moteur lui fait défaut en raison d’une panne de carburateur. Contraint à atterrir d’urgence, il repère rapidement une plateforme très étroite située à une altitude de 2.800 m et aboutissant sur un précipice. Faisant preuve d'une adresse remarquable, il parvient à poser l’appareil et à l’arrêter avant le ravin. Avec l’aide de Collenot, ils s’attèlent alors à réparer le moteur et une heure plus tard l´équipage atterrit sain et sauf à Santiago. Mission accomplie !
L’accident
Cerro Copiapó ou Azufre depuis la Laguna del  Negro Francisco
Pour revenir vers Buenos Aires, Mermoz ambitionne d’explorer une nouvelle route aérienne, mais plus au Nord cette fois-ci. Le 6 mars 1929, il décolle donc vers Copiapó, située à plusieurs centaines de kilomètres au Nord de Santiago et y atterrit sans encombre.
Le 9 mars, toujours accompagné de Collenot, il s’élance à la recherche d’une nouvelle route aérienne entre les cols de Come Caballos et de San Francisco. Le col le plus accessible qu’il rencontre sur son chemin s’élève à 4.500 m et est situé sur un des pans du Cerro Copiapo, à 50 km de la lagune de Santa Rosa.
Alors que son avion peine à dépasser les 4.200 m, il profite des courants ascendants à l’abord des parois de la montagne et parvient tout de même à se hisser à l’altitude nécéssaire. Cependant les vents tumultueux le rabattent rapidement de l’autre côté du versant.
Le moteur de l’avion tourne à plein régime mais est incapable de faire face au vent qui l’attire irrémédiablement vers le sol. Mermoz sait qu’il n’a plus le choix, il coupe alors les moteurs et se pose tant bien que mal sur le terrain peu propice qui s’offre à lui : un plateau enneigé à 4.000 m d’altitude. L’avion est sérieusement endommagé….
3 jours et 2 nuits pris au piège

Extrait d’une lettre d’avril 1929 de Mermoz adressée à Vova de Martinoff, Jean Mermoz.
Cordillère des Andes entre Copiapo et Santiago
« Trois jours et deux nuits à 4.000 m d’altitude par 16 à 26 degrés sous zéro, mourants de faim (mon mécano ayant oublié les vivres de réserve), réparant notre train d’atterrissage très légèrement affaissé d’un côté et notre empennage un peu arraché sur un rebord de rochers. Conduites d’eau éclatées par le froid. Réparations faites avec du chatterton, des bandes de toile et de l’émaillite. Décollage après 3 km de bonds par dessus trois ravins. Plafond de l’appareil maximum 4500 m. Régime plein moteur 1580 tours soit 330 CV. J’avais repéré à l’avance les endroits où je devais toucher les roues pour faire les bonds prévus. Tout s’est bien passé et lh40 après j’atterrissais à Copiapó, mon point de départ. Trois jours après, je repartais pour Santiago puis, franchissant la Cordillère, je ramenais l’appareil à son point de départ... »
Mermoz, l’homme qui « essayait pour les autres » selon Saint-Exupéry
Extrait du chapitre II, « Les camarades » Terre des Hommes, Antoine de Saint-Exupéry.
« Après le sable, Mermoz affronta la montagne, ces pics qui, dans le vent, lâchent leur écharpe de neige, ce pâlissement des choses avant l'orage, ces remous si durs qui, subis entre deux murailles de rocs, obligent le pilote à une sorte de lutte au couteau. Mermoz s'engageait dans ces combats sans rien connaître de l'adversaire, sans savoir si l'on sort en vie de telles étreintes. Mermoz « essayait » pour les autres.
Enfin, un jour, à force « d'essayer », il se découvrit prisonnier des Andes.
Échoués, à quatre mille mètres d'altitude, sur un plateau aux parois verticales, son mécanicien et lui cherchèrent pendant deux jours à s'évader. Ils étaient pris. Alors, ils jouèrent leur dernière chance, lancèrent l'avion vers le vide, rebondirent durement sur le sol inégal, jusqu'au précipice, où ils coulèrent. L'avion, dans la chute, prit enfin assez de vitesse pour obéir de nouveau aux commandes. Mermoz le redressa face à une crête, toucha la crête, et, l'eau fusant de toutes les tubulures crevées dans la nuit par le gel, déjà en panne après sept minutes de vol, découvrit la plaine chilienne, sous lui, comme une Terre promise.
Le lendemain, il recommençait. »
Retour du héros et naissance du mythe.
Stèle commémorative en l´honneur de Jean Mermoz.
Lorsqu’il atterrit le 12 mars 1929 à l’aérodrome de Chamonate aux environs de midi, cela fait déjà trois jours que personne n’a eu la moindre nouvelle de lui. Les aviateurs des forces aériennes chiliennes réunis sur place afin de partir à sa recherche, ne peuvent pas croire à ce miracle.
D'expérience, ils savent qu'il est presque impossible qu’un homme revienne sain et sauf de la Cordillère après y être resté tant de temps.
Pourtant, ce sont bel et bien Jean Mermoz et Alexandre Collenot, méconnaissables, affaiblis par le froid et la faim, qui leur reviennent aux commandes d’un Laté 25 en piteux état.
L’exploit est confirmé par une caravane de l’armée chilienne envoyée sur le lieu de l’accident pour récupérer les débris de l’aéronef. Le mythe de l’ « Archange » est né !
Ouverture de la ligne et succession
hydravion + mermozAprès l’exploit, Mermoz multiplie les traversées pour le compte de l’Aéropostale mais cette fois-ci à bord d’un avion mieux adapté aux altitudes de la région, le fameux Potez 25.

En compagnie de son successeur, un certain Henri Guillaumet, il effectue ses dernières traversées de la Cordillère les 14 et 18 juillet 1929.
Un autre défi de taille appelle ce pilote d’avant-garde…Vaincre l’Atlantique Sud !
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