Voyage Patagonie australe, Argentine

Information voyage sur la Patagonie australe : Calafate, Ushuaia, Chaltén et le Paine.

SOLITARIOS, MONTE ZEBALLOS

Le chemin du Mont Zeballos, le long de la RP 41, est un des points culminants de Santa Cruz, et longe quasi la frontière chilienne. Il tourne le dos au Lago Posadas en s’engouffrant dans les canyons des rivières Los Antiguos et Jeinimeni, à 200 m au dessus du niveau de la mer. Il serpente sur 165 km le long de paysages très variés, entre des formations volcaniques désertiques, érodées par les vents patagons depuis 90 millions d’années, d’immenses steppes et des forêts natives. Les 900 hectares d’essences aussi locales que les arbres lenga, et llao llao, et les arbustes calafate et ñires sont un havre natural pour les condors, les renards patagons et les guanacos. Le chemin atteint son point culminant à El Portezuelo à 1500 mètres d’altitude. Si le ciel est bien découvert, il arrive d’apercevoir la silhouette majestueuse du mont San Lorenzo qui se découpe sur l’horizon du haut de ses 3 706 mètres. Plus près, les 2 748 mètres du mont Zeballos surplombent le chemin. Cette sorte de muraille naturelle de basalte tient son nom du fondateur de l’Institut Géographique Argentin.

MONTE ZEBALLOS, LOS ANTIGUOS

Le village Los Antiguos est un havre de paix où il fait bon faire halte lors de la traversée des immensités sauvages de Patagonie. Fier de son titre de capitale nationale de la cerise, il propose la découverte de chacras de production maraichère sur les rives du lac Buenos Aires. Il bénéficie en effet d’un climat adouci par l’influence de ce lac de 2 240 km², le plus grand de Patagonie, et le second d’Amérique latine, juste après le Titicaca. Les rivières Jeinimeni y Los Antiguos y amènent quantités de truites sauvages arc en ciel et marrons, qui font la joie des pêcheurs. Le village est aussi une bonne base de départ pour visiter la Cueva de las Manos, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999 pour ses admirables peintures rupestres vieilles de 10.000 ans.

HIPOLITO YRIGOYEN, LAS POSADAS, LAC PUEYRREDON

Le village officiellement baptisé Hipólito Yrigoyen est difficile à trouver sur place, puisqu’il a été renommé Lago Posadas par ses habitants. En effet, le lac Posadas donne son identité à cette zone du nord-ouest de la province de Santa Cruz, peu connue en raison des 75 km qui le séparent de la mythique Route 40. Au Nord du Parc national Perito Moreno, et au Sud de Los Antiguos, le lac est à 34 km à l’Est du mont San Lorenzo, dont les neiges éternelles dominent toute la région. De forme triangulaire, le lac Posadas offre un paysage distinct sur ses rives. Au Nord-Est, ses formations volcaniques sont désertiques. Au Sud-Ouest, il reçoit l’eau des rivières Tarde et Furioso. Le lac tire son aspect spectaculaire des moraines glaciaires qui l’entourent. Il alimente le lac Pueyrredón du surplus des eaux qui dévalent les monts voisins à la fonte des neiges.

LAC BELGRANO, PERITO MORENO

Le lac Belgrano attire l’admiration par son bleu turquoise lumineux. Il est posible de gravir les 1 470 m du mont León voisin pour profiter pleinement de sa vue exceptionnelle. Une presqu’île massive part de la rive Est du lac, témoin de sa formation glaciaire. Côté Ouest, le lac se déverse dans le lac Azara. C’est tout un réseau complexe d’échange d’eau qui unit la chaîne de ces lacs glaciaires patagoniens entre l’Argentine et le Chili. Le lac Belgrano reçoit ainsi les eaux du ruissellement des montagnes qui l’entourent, ainsi que du río Volcán, issu du lac Volcán, lui même alimenté par la fonte des neiges du mont San Lorenzo. Le lac Belgrano fait partie du Parc National du Perito Moreno, créé en 1937 avec le nom d’un explorateur naturaliste argentin. Cette réserve d’autant plus riche qu’elle est préservée avec un flux de visiteurs cent fois moins dense que les Torres del Paine du Chili voisin. La steppe abrite notamment guanacos, nandous et flamants roses, et le massif de la Sierra Colorada renferme les exemplaires de pumas et chinchillas que compte encore la région.

LAC GUITARRA, ESTANCIA CERRO PAMPA

Voisin du mythique glacier Perito Moreno, le Lac Guitarra est beaucoup plus confidentiel. C’est généralement au détour d’une promenade équestre dans la pampa qui jouxte ses rives que l’on découvre ce lieu superbe. L’estancia Cerro Pampa est blottie dans ces immensités sauvages, près du cerro Pampa qui tranche sur les plaines environnantes à perte de vue. Elle propose des chevauchées le long du Rio Chico, à travers la steppe patagonne, entre cours d’eau, lagunes, canyons et formations géologiques qui témoignent parfois du passage d’indiens Tehuelche, premiers habitants de la région. Autre spectacle authentique, l’élevage ovin dans le corral de l’estancia, où l’on peut assister selon la saison au marquage des oreilles ou à la castration des mâles choisis pour la vente.

LAC SAN MARTIN, ESTANCIA EL CONDOR

Non loin d’El Calafate, le lac San Martin est entouré des plaines immenses de steppe patagonne.
L’estancia El Condor organise de grandes explorations de ces paysages à couper le souffle, à pied ou à cheval. On peut même observer des condors qui nichent sur les hauteurs voisines. Cette estancia fut fondée par un des tout premiers pionniers de la Patagonie, Jimmy Radbonne, qui se maria à la fille d’un chef du peuple Tehuelche et fonda là son élevage de bétail et chevaux. Le bâtiment tient son charme particulier de son tyle typiquement patagon, protégé des vents violents par du bois de peuplier et de la tôle ondulée.

LAC VIEDMA

Le Lac Viedma est un lac bleu turquoise situé dans le Parc national des glaciers, pour conserver l’extraordinaire Glacier Viedma. Il s’agit du plus grand glacier d’Argentine avec ses 978 km², et jusqu’à 40 mètres de hauteur par rapport au Lac en haute saison. Le volcan Viedma qui s’est formé là n’est pas en activité depuis 1988. Surplombé par le Cerro Torre et le Fitz Roy, le Lac abrite une ville du même nom sur sa rive Sud-est. Il reçoit ses eaux des ruissellements et pluies de la cordillère des Andes, et il les envoie 70 km plus au sud au lac Argentino, via le río La Leona.

EL CALAFATE

Cette petite ville de 17 000 habitants à 320 km au nord-ouest de Río Gallegos, au cœur d’une pampa patagonienne, est en pleine expansion. Elle est reliée depuis peu au réseau aérien du pays grâce à un aéroport situé à 15 minutes du centre-ville pour faire face à l’afflux de touristes qui vont visiter le parc national Los Glaciares ou le massif du Fitz Roy. Cette ville isolée, posée au bord du lac Argentino, est la seule qui possède les structures d’accueil pour les visiteurs et d’excursions pour les glaciers.

EL CHALTÉN

Créé en 1985 seulement à la suite d’un différend frontalier avec le Chili, le village d’El Chaltén (300 hab.) est le point d’entrée principal dans la partie nord du Parc national Los Glaciares, au pied du Fitz Roy. Un village isolé, dédié entièrement au tourisme et considéré comme la capitale nationale du trekking. De nombreux parcours sont possibles, depuis les balades tranquilles d’une journée dans la montagne traversée de lacs à l’ascension du Fitz Roy avec étapes en refuge, en passant par le trekking sur le glacier Torre. Les conditions climatiques peuvent être très difficiles – vent violent, pluies, froid, visibilité nulle – et il vaut mieux prévoir du temps pour découvrir cette magnifique région de Patagonie.

TORRES DEL PAINE

Situé à 3 heures seulement en voiture de Calafate (286 km/3h15 jusqu’à l’entrée de Cerro Castillo), le Parc National Torres del Paine constitue une excursion de 3/4 jours en territoire chilien à ne pas manquer. Il jouxte le Parc national des glaciers côté argentin. A eux deux, ils offrent un concentré des plus beaux paysages de la Patagonie chilienne et argentine. D’une superficie de 181 414 hectares, ce paradis des randonneurs, des espaces vierges et des observateurs de faune sauvage recèle forêts, montagnes, vallées, lacs, glaciers, cascades de toute beauté. Il a été classé réserve de biosphère par l’Unesco en 1978.

SANTA CRUZ - PROVINCE

Au nord de la Terre de Feu et de la Patagonie chilienne, la région de Santa Cruz a longtemps été convoitée par le Chili avant de devenir argentine, en 1888. Río Gallegos est la capitale de cette province qui s’étend de la Cordillère des Andes jusqu’à l’océan Atlantique. La région est traversée par les fleuves Chico, Deseado et Santa Cruz, qui recueillent l’eau de la fonte des glaciers avant de se jeter dans l’océan. Ce sont justement ces glaciers qui constituent l’attraction principale de la province : paysages époustouflants que l’on peut découvrir dans le Parc national Los Glaciares, par des excursions à pied ou en bateau, entre autres sur les lacs Argentino et Viedma. À cela s’ajoute le trekking à El Chaltén, au pied du massif du Fitz Roy.

CHAMP DE GLACE PATAGONIQUE

Cette calotte glaciaire possède une longueur de 360 km et une largeur de 40 km. Sa superficie atteint près de 22 000 km², dont 3 500 en Argentine. Il s’agit de la troisième calotte glaciaire au monde après l’Antarctique et le Groenland. Ce champ de glace constitue la réserve d’eau douce la plus importante d’Amérique du Sud. 47 glaciers se déversent du champ de glace, les trois plus grands sont Upsala, Viedma et Perito Moreno . À la différence d’autres formations qui trouvent leur origine à 2 500 m d’altitude, ces glaciers se forment à 1 500 m et descendent jusqu’à 200 m, offrant de cette manière un accès et une vue uniques au monde.

LOS GLACIARES - PARC NATIONAL

C’est un des paysages les plus extraordinaires d’Argentine. Les glaciers ont été protégés dès 1937 par la création du parc national Los Glaciares, sur 724 000 hectares au sud-ouest de la province de Santa Cruz. En raison de sa beauté, de son intérêt géomorphologique et de la faune en voie d’extinction qu’il abrite, le parc a également été classé Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1981. Il englobe les deux grands lacs glaciaires Argentino et Viedma, 47 glaciers dont le célèbre Perito Moreno et le monumental Fitz Roy. La température moyenne est de 0,6° en hiver et de 13,4° en été. Le principal point d’accès au parc est la petite ville d’El Calafate.

GLACIER PERITO MORENO

Un spectacle inoubliable et un phénomène unique. Le glacier Perito Moreno est l’un des rares qui continuent à avancer, d’environ 700 m par an. Lorsque son front de 5 km de large et de 60 m de haut finit par obstruer le bras du lac Argentino, la pression de l’eau provoque sa rupture, dans un fracas de glace et d’eau à couper le souffle, suivi d’un raz de marée. Ce phénomène s’est produit une quinzaine de fois au XXe siècle et les dernières fois en 2004, 2006, 2008 et 2012. Des blocs de glace se détachent en permanence dans un grondement de tonnerre. On peut voir le Perito Moreno depuis le bateau, depuis des passerelles et également en marchant dessus, équipé de crampons et accompagné d’un guide.

LAGO ARGENTINO

Plus grand lac de Patagonie, l’Argentino couvre une superficie de 1 466 km², avec une profondeur qui peut atteindre 500 m par endroits. Les excursions en catamaran partent de Punta Bandera, à une cinquantaine de km d’El Calafate. Navigation entre les icebergs à la dérive, sculptés par l’eau, déclinés dans tous les tons de bleu au gré de la lumière. Le bateau remonte plusieurs bras, pour approcher du glacier Spegazzini, accoster dans la baie d’Onelli et sa forêt de lengas (hêtres), passer devant le Perito Moreno et l’Upsala. L’Upsala est le plus grand des glaciers : 50 km de long, 70 m de haut, 870 km², plus de quatre fois la superficie de Buenos Aires ! Une excursion à ne manquer sous aucun prétexte.

GLACIER ET LAC VIEDMA

Avec ses 80 km de long, le lac Viedma n’a pas grand-chose à envier à l’Argentino. Il se situe plus au nord, à côté d’El Chaltén et du Fitz Roy. Des excursions en bateau sont organisées et permettent d’approcher du glacier Viedma, à peine plus petit que l’Upsala avec ses 575 km². Le glacier se forme par des couches de neige accumulées, qui finissent par se tasser sous leur poids et se souder en une masse compacte de glace. Il trouve, comme les autres, son origine dans le champ de glace patagonique.

FITZ ROY

Considérée comme un must par les Andinistes, l’ascension du Fitz Roy est réservée aux personnes expérimentées. Ce n’est pas son altitude (il ne fait « que » 3 405 m) mais sa beauté et sa difficulté qui le distinguent. Il a été vaincu en 1952 seulement par les Français Terray et Magnone et, aujourd’hui encore, une poignée de sportifs atteint le sommet chaque année. Depuis El Chaltén, une randonnée permet de l’admirer, si les nuages ne sont pas accrochés à son sommet. Son nom tehuelche, El Chaltén, signifie « la Montagne qui fume ». Il a été rebaptisé Fitz Roy en hommage à l’explorateur qui a conduit Darwin dans la région. Mais il y a plus difficile : le Cerro Torre, 3 128 m, réputé quasi infranchissable avec sa paroi de granit de 800 m et sa cime couverte de glace.

VALLÉE DE LAS VUELTAS

El Chaltén se situe au cœur de la vallée de las Vueltas, au confluent des fleuves las Vueltas et Fitz Roy, au bord du lac Viedma. Un lieu idéal pour des randonnées à pied ou à cheval et l’occasion d’apercevoir un puma ou des renards gris, des guanacos, des loutres, des huemuls (cerfs) et, bien sûr avec de la chance, le condor. La vallée est parsemée de bois de ñires et de lengas (famille du hêtre), arbres typiques de la région, de cascades, de lacs et de quelques estancias. Une balade de 4 h jusqu’au campement Poincenot offre un très beau panorama sur toute la vallée.

BALCÓN DE CALAFATE

Le Balcón de Calafate, à 1.000 m d’altitude, offre un beau panorama sur El Calafate et le lac Argentino. Par temps dégagé, on peut aussi admirer le glacier Perito Moreno ainsi que les monts Fitz Roy et Torre. Seuls les condors habitent cette steppe patagonique totalement vierge, balayée par les vents.

BOIS PÉTRIFIÉ DE LA LEONA

Un voyage dans le temps au sud du lac Viedma, au pied du Cerro Los Hornos, pour voir les vestiges minéraux de la Patagonie, lorsque son climat était plus favorable à la végétation, il y a des millions d’années. La formation des Andes et l’activité volcanique ont enfoui ces forêts sous une colossale couche de cendres. Rivières et glaciers leur ont offert une dernière sépulture. Jusqu’à ce qu’une dépression de terrain mette à jour ces fossiles d’arbres et de dinosaures, dans ce lieu isolé, au milieu de la steppe patagonique.

BOIS PETRIFIE DE JARAMILLO - MONUMENT NATIONAL

Au milieu de la steppe, au nord-est de la province de Santa Cruz, le monument naturel national Bosques Petrificados protège la forêt fossile la plus importante du pays. Il y a 150 millions d’années, le climat de la région était beaucoup plus clément, humide, avec de grandes forêts de pins gigantesques. Au début du crétacé, les éruptions volcaniques et la formation des Andes ont enseveli une partie du territoire patagonique sous des tonnes de cendres et de lave. Certaines forêts se sont pétrifiées, fossilisées. L’érosion du terrain, la pluie et le vent ont fini par les mettre à jour. La végétation a repoussé au milieu de ces arbres fossiles et la faune est abondante : guanacos, renards gris, nandous, pumas, aigles, faucons, etc.

RÉSERVE NATURELLE RÍA DESEADO

A côté de Puerto Deseado, l’un des hauts lieux de la pêche en mer d’Argentine, la réserve naturelle Ría Deseado est unique tant du point de vue géologique que de la faune. Elle protège le seul fleuve sud-américain asséché et occupé par l’océan, sur 40 km. Des cormorans, des huîtriers, des manchots de Magellan et des dauphins viennent régulièrement dans ce refuge naturel, l’un des trésors écotouristiques de la côte australe.

RÍO DESEADO et MIRADOR DE DARWIN

L’extraordinaire paysage de canyons qui borde le río Deseado a été formé par les éruptions volcaniques du jurassique. Charles Darwin, qui a exploré la région au début du XIXe siècle, a laissé son nom à ces falaises, les miradores de Darwin. On peut les explorer par voie terrestre ou maritime. Les premiers habitants de cette région isolée ont laissé des peintures rupestres dans les grottes.

PARC NATIONAL MONTE LEÓN

Sur plus de 60.000 hectares le long de 40 km de côtes, dans la province de Santa Cruz, Monte León a été créé en 2004 comme premier parc national côtier-marin d’Argentine. La steppe est typique de cette région de Patagonie balayée par les vents. En approchant de la côte, le paysage ressemble à un lion, qui a donné son nom au parc. La faune aviaire est particulièrement riche. Des dizaines de milliers de manchots viennent chaque année s’y reproduire, de même que les lions de mer. Le parc se situe à 50 km de Puerto Santa Cruz et 200 km au nord de Río Gallegos.

RÍO GALLEGOS

Fondée en 1883 au milieu de nulle part, sur la côte Atlantique, Río Gallegos (92.000 hab.) est aujourd’hui la capitale de la province de Santa Cruz et la seule ville du sud de la Patagonie argentine. Elle vit essentiellement de l’élevage des moutons et de l’activité portuaire, point d’embarquement du charbon des mines de Río Turbio. Une ville rude, balayée par les vents, où le touriste fait parfois étape pour se rendre par la route à El Calafate ou en Terre de Feu. Les pêcheurs trouveront leur bonheur dans le fleuve Gallegos, qui regorge d’énormes truites. Plusieurs estancias à quelques kilomètres de la ville se sont spécialisées dans la pêche sportive, de novembre à avril.

USHUAIA

Plantée dans une baie entre le canal Beagle et la montagne, Ushuaia, capitale de la Terre de Feu, se présente comme la ville du bout du monde. Son atmosphère est très particulière, notamment sur le port où les compagnies affichent les horaires des prochains départs pour l’Antarctique. Mais elle n’a pas toujours été prisée. Pour peupler ce lieu stratégique, le gouvernement argentin a d’abord eu l’idée d’y construire un bagne, qui a fonctionné de 1911 à 1947 et qui est devenu un intéressant musée. Dans les années 1970, c’est la création d’un parc industriel et de privilèges fiscaux qui attire les immigrants. Ils y ont construit des maisons au toit de tôle ondulée, peintes de toutes les couleurs, qui font le charme d’Ushuaia. Mieux vaut visiter la ville pendant l’été austral, quand le climat est plus agréable et les nuits plus courtes.

TERRE DE FEU - PROVINCE et ÎLE

Cette terre mythique, dernière étape avant l’immensité blanche de l’Antarctique, a été explorée par Magellan en 1520, qui l’a ainsi baptisée parce qu’il l’a découverte illuminée des feux des Indiens. Quatre peuples y vivaient depuis 10.000 ans environ : les Onas, les Haush, les Yámanas et les Alakalufs, tous disparus avec la colonisation. La Terre de Feu est la plus récente des provinces argentines, elle englobe une partie de l’île (21.263 km²) ainsi que l’Antarctique argentin et les îles de l’Atlantique Sud, pour une superficie totale de 986.418 km². L’Argentine inclut dans sa province plusieurs îles en réalité sous souveraineté britannique, dont les Malouines. D’autres conflits territoriaux avec le Chili, qui possède la plus grande partie de l’île de la Terre de Feu, ne sont pas réglés.

DÉTROIT DE MAGELLAN

La Terre de Feu est séparée du continent par le détroit de Magellan, qui relie les océans Atlantique et Pacifique. Ce passage a été découvert par l’expédition de Magellan en 1520 au terme d’une traversée de vingt-huit jours. Le trafic maritime par le détroit était néanmoins compliqué en raison de l’absence de phares et les compagnies maritimes préféraient passer par le cap Horn, jusqu’à ce que le Chili y remédie au tout début du XXe siècle. Par la suite, l’ouverture du canal de Panamá en a limité l’intérêt. La découverte de pétrole dans les années 1950 a donné une nouvelle impulsion au détroit, sous contrôle chilien.

PÉNINSULE EL PARAMO - PUNTA DE ARENA

La péninsule El Paramo est une langue de terre de 16,4 km qui mord sur l’Océan Atlantique, à l’extrême sud de la Patagonie argentine. Elle ferme la plage de San Sebastián au Nord Est de la grande île de Terre de Feu. Il est accessible depuis la route nationale 3, via la piste qui mène au port de Páramo Chico. Le littoral de sable et galets est recouvert par une marée qui peut atteindre 10 mètres d’amplitude. C’est une des zones les plus ventées du monde, avec des rafales à 100 km/h tout au long de l’année. Les plages de la péninsule abritent les oiseaux migrateurs ; jusqu’à 13 % des bécasseaux maubèches, 43 % des bécasses de mer et 32 % des bécasseaux à croupion blanc. Les Selknams qui y vivaient disparurent au XXe au contact des immigrants européens. En 1886 le pionnier roumain Julio Popper y fonda une industrie d’orpailleur. Le phare Páramo de l’armée argentine est en fonctionnement depuis 1924, mais n’abrite plus aucun gardien.

RÍO GRANDE

Plus grande ville de la Terre de Feu argentine, Río Grande (55.000 hab.) a été fondée à la fin du XIXe siècle sur la côte Atlantique par des chercheurs d’or et des missions salésiennes. C’est qu’il fallait avoir l’esprit pionnier pour s’installer sur ces terres inhospitalières battues par les vents glacés. Aujourd’hui, la plupart des habitants ne sont pas nés à Río Grande : l’Etat argentin peuple cette région par la création de parcs industriels et de zones franches. Parmi les pionniers figurent les éleveurs de moutons, installés dans de gigantesques estancias qui accueillent les visiteurs, occasion unique de découvrir la région. Les environs de Río Grande sont aussi un paradis pour la pêche à la truite en rivière.

CAP SAN PABLO

Entre Río Grande et Ushuaia, un détour mène au Cap San Pablo, sur la côte Atlantique. Un superbe sentier le long duquel on peut voir des guanacos conduit à une large plage. La carcasse du Desdémona, un bateau ensablé, est devenue le symbole de cette plage du bout du monde. Le phare construit en 1945 est, lui, resté incliné après le tremblement de terre de 1949 qui l’a mis hors service. Une estancia propose des balades à cheval et des sorties pour pêcher ou observer les oiseaux dans l’un des plus beaux paysages de la Terre de Feu.

LAC FAGNANO

À une centaine de kilomètres au nord d’Ushuaia, le lac Fagnano s’étire sur 98 km de long, partant du village de Tolhuin pour terminer au Chili. Les Onas l’avaient joliment appelé « le repos de l’horizon » parce que la ligne de la cordillère est interrompue par ce lac. L’occasion de faire de belles randonnées, de pêcher la truite ou d’observer albatros, pétrels, ouettes de Magellan.

LAC ESCONDIDO et COL GARIBALDI

Comme son nom l’indique, le lac Escondido est caché, enclavé au milieu de la cordillère à 60 km au nord d’Ushuaia, au pied du col Garibaldi. Balades à cheval dans la montagne et pêche sportive sont proposées dans ce paysage d’une quiétude absolue.

CANAL BEAGLE

Le canal Beagle sépare la grande île de la Terre de Feu des petites îles situées au sud et appartenant au Chili (Puerto Williams). Navigable, il mesure environ 240 km de long pour 5 de large au plus étroit. Il doit son nom au bateau britannique Beagle qui a exploré la région au XIXe siècle avec un capitaine nommé Fitz Roy qui conduisit Charles Darwin. Depuis Ushuaia, le canal permet de faire de très agréables balades en bateau pour observer la faune (lions de mer, manchots, oiseaux), admirer la baie d’Ushuaia, passer devant le phare du Bout du monde ou l’estancia Harberton, de la famille de Thomas Bridges, un missionnaire anglican, premier Européen à s’installer dans la région, à la fin du XIXe siècle.

ÎLE DE LOS LOBOS (OTARIES)

Les sorties en bateau depuis Ushuaia permettent de s’approcher de l’île de los Lobos, refuge des otaries à fourrure et des otaries à crinière (lion de mer). Ces mammifères, excellents nageurs, partagent leur existence entre le milieu marin et la terre ferme, où ils ne s’installent que pour se reposer et se reproduire. Cousins des phoques et des morses, ils vivent en colonies et ont longtemps été chassés pour leur fourrure. Le mâle commande un harem, qu’il défend en combattant et en poussant d’impressionnants rugissements.

ÎLE MARTILLO

L’été, ne pas manquer l’excursion en bateau à l’île Martillo et à Puerto Almanza, qui abritent une très grande colonie de manchots de Magellan. Contrairement au pingouin, le manchot ne vole pas. Il choisit ces parages, comme la Péninsule Valdés au nord de la Patagonie, pour venir faire ses petits. Noir et blanc, le manchot de Magellan n’est pas très grand (75 cm environ), maladroit sur la terre ferme mais remarquablement agile dans l’eau pour aller chercher sa nourriture (mollusques et crustacés) et celle de ses petits. Les manchots vivent en couple et en colonie, pour se protéger.

TERRE DE FEU - PARC NATIONAL

Créé en 1960 sur 63.000 hectares, le parc national de la Terre de Feu protège la forêt andino-patagonique la plus australe dans une montagne au relief abrupt le long d’une côte marine. Nombreux sentiers pour explorer les paysages de tourbe et la forêt de lengas et guindos (sortes de hêtres), avec, au printemps, l’orchidée jaune de Magellan. Des dizaines de milliers de castors, introduits dans les années 1940, et qui font aujourd’hui des dégâts considérables. Et aussi des renards, des guanacos (en altitude), des chauve-souris, des ouettes… Le sentier côtier longe la baie de Lapataia et conduit à un panneau indicateur : La Quiaca, à la frontière bolivienne, est à plus de 5.000 km! Le train du Bout du monde, identique à celui qu’utilisaient les bagnards, est une autre option pour une promenade dans le parc.

CAP HORN

Mythique et redoutable, le Cap Horn, en territoire chilien, est le point le plus austral de l’Amérique du Sud. Les capitaines redoutaient ce passage crucial des routes commerciales entre l’Europe et l’Asie, l’un des plus difficiles à franchir, en raison des vents, les célèbres Quarantièmes rugissants, des courants marins, des vagues gigantesques et des icebergs. Surnommé cap des tempêtes, c’est un véritable cimetière marin. Cette falaise de plusieurs dizaines de mètres peut être approchée en bateau depuis Ushuaia, quand les conditions climatiques le permettent, ou survolé en avion. La marine chilienne maintient une station sur l’île ainsi qu’un phare, dont le gardien est le seul résident permanent.