Guide de Buenos Aires

La capitale argentine, classée par quartier.

Palermo

Ce quartier de Buenos Aires est bien particulier de par sa superficie et son hétérogénéité. Il tient son nom du marin sicilien échoué sur le Río de la Plata qui le créa au début du XIXe siècle en souvenir de sa ville natale, Palerme. Au fil du temps, Palermo s’est de plus en plus étendu et diversifié à tel point que l’on distingue plusieurs sous-quartiers aux personnalités distinctes. C’est aujourd’hui le plus grand quartier de Buenos Aires. L’atmosphère change du tout au tout entre Palermo Soho où les belles demeures bourgeoises ont été reprises par des restaurants et des boutiques de créateurs dans le style de Villa Crespo, et Palermo Hollywood dont les hautes tours modernes abritent des bureaux et les sièges des entreprises d’audiovisuel qui lui donnent son nom. Palermo Chico est beaucoup plus sélect, avec ses hauts immeubles de grand standing et ses ambassades. Il côtoie le jardin botanique, le zoo et le parc de Las Heras, au sud de l’hippodrome, du terrain de polo et du golf, au nord des 400 ha du Parc 3 de Febrero. Deux intéressants lieux d’exposition : le musée Evita et le Malba, premier musée uniquement consacré aux artistes latino-américains contemporains.

Villa Crespo

De plus en plus à la mode, Villa Crespo a récemment été baptisée Palermo Queens par certains. C’est le paradis des outlets de vêtements où trouver des merveilles à des prix dédiés en toute concurrence. Cette magasins de design ne déçoit pas lorsqu’il s’agit de déjeuner ou prendre un verre, avec ses nombreux cafés, dont l’historique San Bernardo. La programmation des nombreux centres culturels est passionnante.

Belgrano

Au nord-est de la ville, autour de la très commerçante avenue Cabildo, le quartier de Belgrano est l’un des plus résidentiels, à la fois pour les classes moyennes et pour une élite qui y possède de luxueuses maisons. Ne pas manquer le musée Enrique Larreta, dans l’ancienne demeure de style andalou de l’écrivain, qui a fait don de sa très belle collection d’art. La place Belgrano, autour de l’église de la Inmaculada Concepción, accueille un marché d’artisanat et d’agréables terrasses de café. Le parc Barrancas de Belgrano, sur une petite colline, est un agréable lieu de promenade; les retraités viennent y jouer aux échecs et les danseurs de tango investissent le kiosque à musique, la Glorieta de Belgrano, en début de soirée le week-end. Tout près, le quartier chinois donne l’impression de voyager en Asie, avec ses marchés pourvus en produits introuvables ailleurs.

Quartiers Nord / Vicente Lopez / San Isidro / Delta du Tigre

Tout le long du Río de la Plata, les municipalités profitent des beaux espaces verts des rives. L’attraction exercée par les quartiers nord du grand Buenos Aires sur les classes les plus aisées est liée à la présence de quartiers résidentiels spacieux, où la qualité de vie est préservée. Nombreux sont ceux qui font les allers retours quotidiens depuis Vicente Lopez, San Fernando ou San Isidro pour travailler dans le centre de Buenos Aires. Ce sont aussi des destinations agréables pour une excursion du dimanche. Au niveau de l’embouchure du Delta du Tigre, la ville de Tigre est particulièrement dépaysante, avec ses tours en barque dans les nombreux canaux qui permettent la communications entre les îles.

Recoleta

Avec ses espaces verts, ses musées, ses restaurants et ses beaux immeubles, Recoleta est l’un des quartiers les plus chics de Buenos Aires. Les classes aisées ont commencé à s’y installer à la fin du XIXe siècle, édifiant des hôtels particuliers sur le modèle parisien. Le cimetière de Recoleta est le Père Lachaise de la capitale argentine, avec les tombes de nombreuses célébrités, dont le mausolée d’Eva Perón. L’architecture funéraire, avec ses immenses caveaux en marbre ornés de statues, est impressionnante. A l’entrée, Nuestra Señora del Pilar qui remonte à 1732 abrite un musée d’art sacré. Adjacent, l’ancien couvent des Récollets, qui a donné son nom au quartier, est un Centre culturel d’intense activité avec des expositions et des spectacles. La Plaza Francia a un air bohème le week-end avec sa foire artisanale. La place des Nations Unies est ornée de la célèbre Floralis Genérica, une sculpture métallique mobile. Parmi les incontournables culturels, ne pas manquer le Musée national des Beaux-Arts, ainsi que la Bibliothèque Nationale.

Microcentro

Lieu d’intense activité pendant la journée, le centre des affaires retrouve son calme le soir et le week-end. Les administrations, les banques et les commerces y sont concentrés, notamment le long des rues piétonnes Lavalle et Florida. Quelques superbes immeubles de la Belle Époque, souvent devenus le siège de banques méritent le coup d’œil. Les Galerías Pacífico, un centre commercial et culturel construit à la fin du XIXe siècle sur le modèle français accueillent le passant sous une splendide coupole ornée de fresques. La Plaza de Mayo est le cœur symbolique de Buenos Aires. Lieu d’accueil des colons espagnols à leur arrivée, c’est ici que fut déclarée l’indépendance de l’Argentine le 25 Mai 1810 puis installé le Cabildo, siège du premier gouvernement national. 

Congreso

Cette zone est communément appelée Congreso en raison de l’emplacement du Congreso de la Nación, le parlement argentinon. Mais Congreso appartient en réalité au quartier administratif de Balvanera, en référence à l’église de Nuestra Señora de Balvanera inaugurée en 1831. Il est mitoyen du Microcentro, à l’autre bout de l’Avenue de Mayo. Cet axe, construit pendant dix ans sous les ordres de l’intendant Torcuato de Alvear, a été déclaré lieu historique national. Ses larges trottoirs abritent un grand nombre de bâtisses et lieux d’intérêt culturel, contrastent grandement avec les rues étroites du Microcentro.

Avenue 9 de Julio

L’avenue 9 de Julio est un des axes principaux de communication du centre ville de Buenos Aires et serait une des plus larges du monde. Avec ses 16 voies sur 140 m il est difficile de traverser en une seule fois. Elle doit son nom à la date de la proclamation de l’indépendance, le 9 Juillet 1816. Sa percée a occasionné à l’époque bien des destructions, mais elle longe toujours des édifices de belle allure, dont l’imposante ambassade de France, à son extrémité nord, et le Teatro Colon, mythique opéra de Buenos Aires. Symbole de Buenos Aires, l’Obélisque en béton a été inauguré en 1936 pour commémorer le quatrième centenaire de la première fondation de la ville. Sur la 9 de Julio, à l’angle de Corrientes, il est immanquable avec ses 67,5 m de hauteur. 

Avenue Corrientes

L’Avenue Corrientes est en proie à une fièvre culturelle incessante. Entre les innombrables échoppes de livres d’occasion, la multitude de salles de théâtre et cinéma, on ne sait plus où donner de la tête. Et c’est sans compter les cafés historiques et autres bodegons traditionnels où étancher sa soif et calmer sa fringale après tant d’activités. C’est le Broadway argentin, particulièrement fréquenté le week-end et lieu de sortie historique des porteños qui font traditionnellement suivre le spectacle du soir d’une bonne pizza au comptoir.

Retiro

Le quartier de Retiro est l’un des plus petits de la capitale, à quelques pas de la grande gare ferroviaire et routière de Retiro. Il est surplombé par la Tour des Anglais, rebaptisée Torre monumental après la guerre des Malouines. Un peu plus au nord, la place San Martín est un agréable lieu de promenade  conçu par le paysagiste français Charles Thays, au bout de la turbulente rue Florida. Sur un côté le Palacio Anchorena, actuel ministère des Relations extérieures. En remontant l’avenue Alvear, vers La Recoleta, on trouvera quelques-uns des plus beaux palais de Buenos Aires, parfois reconvertis en ambassades (France, Brésil, Vatican).

De Boedo à Caballito

Plus à l’ouest, les quartiers de Boedo, Almagro et Caballito s’ancrent dans la tradition de « barrio porteño« . Petits bistrots de quartiers, équipes de football locales, milongas historiques où ont chanté les plus grands du tango… Rien ne manque à l’authenticité de leurs rues au quotidien plutôt nonchalant. On y trouve le marché central dit l’Abasto qui a donné son nom à un sous quartier plus animé proche du centre.

Puerto Madero

Puerto Madero est le quartier le plus récent et le plus original de Buenos Aires. Il a hérité son nom de son créateur, Eduardo Madero, qui fut chargé à la fin du XIXe siècle par le gouvernement de Buenos Aires de construire un port de premier ordre. Le long des bassins et d’une agréable allée piétonne, les docks de brique rouge, rénovés au début des années 1990, accueillent aujourd’hui de nombreux restaurants et lofts. L’élégant Pont de la Femme est devenu le symbole du quartier. On peut visiter la frégate Sarmiento, premier bateau-école de la marine argentine. Du côté de la réserve écologique, près du fleuve, des gratte-ciel de haut standing sortent de terre et le mètre carré est le plus cher du pays. Puerto Madero s’est converti en un quartier à la fois touristique et résidentiel haut de gamme, où l’on peut aussi visiter les collections de design et art contemporain d’Amalia Lacroze de Fortabat ou du Faena Art Center.

San Telmo

Vieilles maisons, rues pavées, tango… San Telmo est un quartier bourré de charme et de caractère. Ses belles façades sont les anciennes résidences des classes aisées qui les ont fuies suite à l’épidémie de fièvre jaune de la fin du XIXe siècle. C’est aujourd’hui un quartier très apprécié des intellectuels et des artistes, qui installent leurs ateliers dans les belles demeures tombées en désuétude. Au cœur du quartier de San Telmo, la place Dorrego est le lieu de promenade du dimanche, avec son marché d’antiquités. Lorsque les brocanteurs plient bagage en fin de journée, les bars réinstallent leurs terrasses et les danseurs de tango viennent faire quelques danses en plein air. À l’extrémité sud du quartier, en allant vers La Boca, le parc Lezama accueille les joueurs de dominos, le musée historique national et la très belle église orthodoxe russe avec ses coupoles bleues, inaugurée en 1904 et financée par le tsar.

La Boca

Quartier populaire et portuaire, La Boca est l’un des plus photogéniques de la capitale. C’est ici que s’installèrent nombre d’immigrants, italiens pour la plupart, au milieu du XIXe siècle. Ils vivaient dans des baraques en tôle ondulée, qu’ils peignaient avec le reste des peintures des bateaux du port. Le peintre Quinquela Martín a su mettre en valeur cette identité originale, comme l’explique son musée. D’où, aujourd’hui, ce quartier multicolore qui attire tant les touristes, surtout dans le Caminito.  Des danseurs de tango animent la rue, occupée aussi par les restaurants et les marchands d’artisanat ou de tableaux. La Boca est aussi le quartier du célèbre club de foot de Maradona, le Boca Juniors, avec son stade La Bombonera.

Barracas

Cap au sud pour découvrir Barracas, l’un des quartiers fondateurs de Buenos Aires. Hors des sentiers battus, le promeneur fait un véritable voyage dans le temps. On y passe sans transition des immenses façades d’entrepôts marchands du XVIIIe aux élégants pavillons du XIXe. L’architecture industrielle du bord du Riachuelo du XXe s’accorde avec la profusion de street art qui environne le Centre Metropolitain du Design, le plus grand d’Amérique latine. Le tout avec une vie de quartier chaleureuse, des petits commerces et des bars typiques.