Le film Argentina de C. Saura dans les salles françaises

07 janvier 2016Culture et Patrimoine

Le célèbre réalisateur espagnol dresse un portrait musical de l’Argentine, mettant en scène plusieurs artistes incontournables.

Safari aux Esteros del Iberá

Un hommage parfait à la musique argentine. – El Mundo (journal espagnol).

A travers ce documentaire, Carlos Saura nous fait découvrir l’Argentine au rythme de sa musique folklorique. Des Andes à la Pampa, du monde des indiens Mapuche à celui des gauchos, de l’atmosphère de la Patagonie reculée à celle des grandes villes d’aujourd’hui, le spectateur est embarqué dans un voyage sensoriel des plus saisissants. On vit une véritable explosion de couleurs, de chants et de danses ; et on en ressort des étoiles plein les yeux.

 

Plusieurs artistes mis à l’honneur
Carlos Saura nous propose de très belles rencontres avec des artistes emblématiques de l’histoire musicale argentine. Parmi eux Atahualpa Yupanqui (1908-1992), le plus grand musicien argentin de folklore. Poète, chanteur et guitariste il se fait le porte-parole des peuples oubliés des fins fonds de l’Argentine. Sa musique est inspirée des êtres, paysages et coutumes ancestrales qu’il croise au cours de ses voyages à travers le pays.

Jaime Torres, né en 1938, est un autre des grands musiciens que nous fait découvrir Saura. De mère chilienne et de père bolivien, Jaime Torres est particulièrement reconnu pour son talent lorsqu’il s’agit de jouer du charango (instrument à 5 cordes doubles typique de la cordillère des Andes).

Originaire de la province de Entre Rios au nord de Buenos Aires, Liliana Herrero, 67 ans, revisite le folklore argentin en y mêlant des sons et accords contemporains. Elle est fortement influencée par le jazz et le rock internationaux et est considérée par la grande Mercedes Sosa comme sa sucesora.

Soledad Pastorutti dégage une telle énergie lors de ses représentations qu’on l’appelle aussi l’ouragan d’Arequito (municipalité de la province de Santa Fe dont elle est originaire). Son timbre de voix si particulier lui a permis de remporter le Prix Révélation Cosquin au jeune âge de17 ans. Dès le début de sa carrière musicale dans les années 90, elle modernise le folklore argentin, réconciliant ainsi la jeunesse avec ce courant musical ancestral.

Pianiste argentin de renommée internationale, Horacio Lavandera, 31 ans, apparait également dans ce documentaire musical. Horacio a développé une vision très scientifique de la musique, « Depuis la découverte de la gamme pythagoricienne par le mathématicien grec, la musique et les sciences ne cessent de s’influencer dans leur évolution respective » explique-t-il.

On ne vous les présente pas tous mais on espère bien que cet échantillon vous donnera envie de découvrir encore plus d’artistes de ce beau et grand pays qu’est l’Argentine à travers le film éponyme.

L’œuvre de Carlos Saura
Mon désir est de créer une expérience cinématographique unique. – Carlos Saura

Né en 1932 à Huesca en Espagne, Carlos Saura est réalisateur et scénariste. Son premier long métrage Los Golfos (Les voyous), réalisé en 1959, expose au grand jour la misère et le désespoir de la jeunesse espagnole sous Franco. Sous la menace de la censure, Saura fait usage de toujours plus de symboles et de métaphores pour critiquer la société franquiste et ses trois piliers que sont l’Eglise, l’armée et la famille. Ainsi La Prima Angelica (La Cousine Angélique) de 1973 est l’histoire de Luis qui se voit obliger de retourner en Castille dans le village de son enfance, pour honorer les dernières volontés de sa mère décédée. Il doit faire face à son passé et le déchirement auquel Luis est sujet reflète le déchirement du pays tout entier à l’époque franquiste.

En 1976 Carlos Saura réalise son chef d’œuvre Cría Cuervos avec lequel il remporte le Grand Prix du Jury à Cannes et dont la musique originale fait un carton. Ana, petite fille de 9 ans, refuse la mort de ses deux parents et remplit son quotidien de jeux avec ses sœurs. Elle est l’illustration de l’incompréhension qui existe entre le monde de l’enfance et celui des adultes, exacerbée par la rigidité des codes et interdits bourgeois de l’époque.

Dans les années 80 le réalisateur se tourne de plus en plus vers l’univers de la musique et de la danse. Son travail devient alors plus graphique, plus picturale. Il donne par exemple naissance à une trilogie de flamenco : Noces de sang en 1981, Carmen en 1983 et L’Amour sorcier en 1985. C’est dans cette veine que s’inscrit le film Argentina.

Voir la bande annonce du film :