El Clan, le film argentin primé par le Lion d’argent à Venise

09 septembre 2015Culture et Patrimoine

Le film argentin El Clan décroche le Lion d’argent du meilleur réalisateur à la 72e Mostra de Venise.

El Clan, Pablo Trapero

Pablo Trapero est le premier Argentin à gagner le Lion d’argent décerné au meilleur réalisateur à la compétition internationale de Venise. Son dernier film El clan bat tous les records d’entrées de l’histoire du cinéma argentin, avec 2 millions de spectateurs depuis sa sortie le 13 août. Il s’inscrit dans la même veine de réalisme social qui l’avait fait connaître avec la Bonaerense, la Leonera, Carancho ou Elefante blanco tous dédiés aux problèmes de la société argentine. Il se fait à nouveau remarquer par ce thriller historique s’appuyant sur un fait divers qui a traumatisé l’Argentine des années 1980, au sortir de la dictature.

Installée dans le quartier de San Isidro, cette famille de classe moyenne des plus classiques, est occupée entre la messe du dimanche, la vente d’équipements sportifs au rez-de-chaussée et le bar voisin dont ils sont propriétaires. Le chef de famille, Arquímedes Puccio, est comptable au ministère des Relations étrangères et sa femme s’occupe de la maison et des 5 enfants. Rien n’éveille le soupçon. Et pourtant, de  1982 à 1985 ils séquestrent des proches en l’échange d’une rançon.

Le film fait ressortir avec tact et justesse le point de vue historique, avec les héritages de violence de la dictature dont sort juste l’Argentine. Le père Arquímedes a servi comme homme de main du SIDE (service de renseignement militaire), et profite de la zone chaotique qui suit le retour de la démocratie pour s’enrichir grâce à des affaires criminelles en toute impunité.

Un deuxième niveau de lecture psychologique est présent en filigrane et permet de comprendre la manipulation exercée par le père sur toute sa famille pendant plusieurs années. Le fils aîné, Alejandro, se sert de son prestigieux statut de joueur de rugby du CASI (Club Athlétique de San Isidro) sélectionné dans l’équipe des Pumas, pour identifier et approcher les victimes, parfois parmi ses proches. L’activité familiale se terminera de manière tragique.

Une fois de plus, Pablo Trapero invite le spectateur à plonger dans l’envers d’un décor qui paraît familier, et dénonce les graves mensonges entretenus pour sauver des intérêts privés. Un film choc, qui vaut le détour !

Retrouvez notre dossier spécial sur le cinéma argentin