Ludmila Pagliero: une étoile argentine à l’Opéra de Paris

28 juillet 2017Culture et Patrimoine

L’artiste a remporté le prix de la meilleure danseuse aux Benois de la Danse 2017, l’équivalent des Oscar décerné par le Bolchoï de Moscou.

Lors de la remise des prix des Benois de la Danse le 30 mai dernier sur la scène du Bolchoï, à Moscou, et après deux mois de réflexion et d’analyse acharnée, le jury a décerné le prix de la meilleure danseuse à Ludmila Pagliero, pour son rôle dans Other Dances de Jerome Robbins.

L’Opéra de Paris a alors remporté un prix dans chacune des trois catégories ; celui du meilleur chorégraphe avec Crystal Pite,  du meilleur danseur avec Hugo Marchand dans le rôle de Roméo dans Roméo et Juliette de Ruolf Noureev, et donc de la meilleure danseuse grâce à la talentueuse Ludmila Pagliero.

Née à Buenos Aires en 1983, Ludmila Pagliero intègre l’école de ballet de Colón à l’âge de 10 ans. Elle est rapidement repérée par le directeur artistique du Teatro Colón qui lui propose alors un contrat d’un an au sein du ballet de Santiago. Elle quitte alors l’Argentine pour le Chili à tout juste 15 ans. En 2003, Ludmila part ensuite tenter sa chance au New York International Ballet Competition. Après un mois de préparation intensive, elle remporte la médaille d’argent du concours ainsi que le Prix Igor Youskevitch, et signe ensuite un contrat d’un an avec l’American Ballet Theatre.

Alors qu’elle s’apprête à partir pour les Etats-Unis en vue de rejoindre l’American Ballet Theatre, Ludmila décide de réaliser l’un de ses plus grands rêves : tenter sa chance au concours du ballet de l’Opéra national de Paris. Elle réalise alors une prestation de qualité, mais le jury hésite longuement, notamment en raison du fait qu’elle n’ait pas été formée dans son école de danse. Après son retour à Buenos Aires, le jury la recontacte enfin et lui propose un contrat de trois mois pour le spectacle Ivan le Terrible à l’Opéra Bastille.

C’est alors le début d’une longue histoire d’amour avec l’Opéra de Paris ; les succès s’enchainent. Elle gravit les échelons un par un, et c’est toujours avec passion qu’elle accède à des rôles de plus en plus gratifiants, comme elle le précise. « Un bon danseur est un danseur avec beaucoup de passion ; une passion qui l’amène à s’abandonner, tout en cherchant à s’améliorer et à découvrir de nouvelles choses, même dans les œuvres qu’il a déjà dansé cinquante fois et qu’il continue à produire avec l’énergie et l’envie de la première fois. Il faut de la passion, comme dans la vie. C’est ceci que j’aime voir chez un bon artiste, pas de l’esthétique ni de la technique ».

Grâce à son talent et à son courage artistique irréprochable, elle devient en 2012 la première danseuse non européenne à recevoir le titre d’étoile à l’Opéra de Paris. Son titre de meilleure danseuse cette année vient ajouter une nouvelle consécration à une carrière impressionnante.