Hommage à Evita, à 60 ans de sa disparition

27 juillet 2012Economie et politique

Le 26 Juillet 1952, Eva Perón alors âgée de 33 ans, succombait à un cancer. 60 ans après sa mort, son pays l’honore, avec un nouveau billet à son effigie.

Billet à l'effigie d'Eva Peron - Crédit CC Flickr/BCRA Gerencia de Prensa

Il y a 60 ans, le 26 juillet 1952, l’Argentine apprenait la disparition prématuréed’Eva Perón, suite aux complications de son cancer de l’utérus. La femme du Président argentin Juan Domingo Perón, surnommée Evita, meurt alors à 33 ans, adulée par les classes populaires du pays.

Outre les commémorations officielles en hommage à cette figure emblématique de l’histoire argentine, la présidente Cristina Kirchner a dévoilé la face du nouveau billet de 100 pesos (18 euros) à son effigie.

Ce nouveau billet a été dessiné par le graphiste français Roger Pfund, auteur de la dernière vague de billets français éditée avant l’euro, avec le concours de l’argentin Sergio Pilosi. Il s’inspire d’une coupure de 5 pesos élaborée en 1952, suite à la mort d’Eva Perón, et qui n’était finalement pas entrée en circulation en raison du coup d’état de Pedro Eugenio Aramburu en 1955.

410 000 exemplaires seront édités dans un premier temps et coexisteront avec les billets de 100 pesos actuels à l’effigie du militaire et politicien Julio Argentino Roca, président à deux reprises à la fin du XIXe siècle. Cependant Kirchner a vivement sommé les autorités monétaires de prendre toutes les mesures possibles afin que le billet finisse par remplacer le modèle actuel, selon elle, sujet à controverse et désuet.

C’est la première fois qu’une femme apparaît sur un billet argentin, et qui plus est un personnage du XXe siècle. Et cela s’explique ! En effet, bien qu’elle n’ait jamais été pourvue d’une fonction officielle lors du mandat de son mari Juan Domingo Perón à la présidence de la nation de 1945 à 1955, elle eut cependant une influence considérable sur les affaires de l’Etat.

Reconnue pour la verve et le zèle qu’elle déploya en faveur des plus démunis, celle que l’on surnomme alors la voix du peuple, prend tour à tour la défense des pauvres, des descamisados (les « sans chemises », ouvriers et syndicats) et des femmes dans leurs luttes respectives. C’est grâce à son combat pour les droits de la femme, que celles-ci finissent par obtenir le droit de vote en 1947 !

Figure emblématique des droits de l’homme et de l’histoire politique argentine, elle est aujourd’hui encore l’effigie de nombreuses associations populaires et l’inspiration politique revendiquée par de nombreux partis. Et même si certains aspects du personnage et la politique populiste qui lui est souvent associée sont sources de polémique, elle n’en demeure pas moins une image très forte en Argentine. On retrouve par exemple un portrait géant d’Eva Perón sur la façade d’un haut édifice face à l’obélisque, sur l’Avenue 9 de Julio.

Si vous visitez Buenos Aires, nous vous suggérons de visiter le musée Evita, dans le quartier de Palermo.