Décès du philanthrope écologiste Douglas Tompkins

14 décembre 2015Environnement

Douglas Tomkins, le créateur de parcs naturels Au Chili et en Argentine, est mort d'un accident de kayak en Patagonie australe.

Safari aux Esteros del IberáLe philanthrope écologiste américain Douglas Tompkins a succombé mardi 8 décembre d’une grave hypothermie entraîné par un accident de kayak sur lac de Patagonie australe. Il militait depuis 20 ans pour créer diverses réserves naturelles en Argentine et au Chili où il s’était installé après la revente de ses entreprises The North Face et Esprit.

Son organisation Patagonia Land Trust, rebaptisée ensuite Conservación Patagónica, a financé en 2000 le rachat d’une propriété de 66.000 ha dans le sud de l’Argentine où elle a formé le Parc National de Monte León. C’est le premier parc côtier du pays, qui permet notamment la conservation d’une riche faune marine que l’on peut admirer lors du 11 jour de notre circuit autour de la péninsule Valdès.

En 2007, Douglas Tompkins a racheté le terrain de 3.150 ha de Laguna Blanca et Malambo, dans la province d’Entre Ríos, sur les rives du Paraná. Avec toute une équipe d’agronomes, il y a développé une ferme modèle d’agriculture biologique. Il possède aussi des élevages dans la province de Corrientes.

Son projet le plus ambitieux, interrompu par sa disparition brutale, était de valoriser l’incroyable nature de la région d’Esteros del Iberá. Une de ses trois estancias, Rincón Chico, est un lieu idéal pour observer toutes sortes d’espèces d’oiseaux, comme nous le proposons dans notre circuit de safari argentin. Depuis 1983, la Réserve Naturelle d’Iberá protège 553.000 hectares de zones humides. Douglas Tompkins a acquis 150.000 d’hectares voisins via sa fondation dans le but final de les céder à l’Etat argentin pour agrandir la zone protégée et y former le plus grand Parc National d’Argentine. Il laisse cette œuvre inachevée.

Activiste de la première heure, Douglas avait créé la Foundation for Deep Ecology, publié des livres contre les incendies forestiers et l’agriculture industrielle, ainsi que financé de nombreuses campagnes de sensibilisation du grand public, notamment aux dommages écologiques entraînés par la construction de barrages hydrauliques.

Son œuvre était fortement critiquée et certains l’accusaient de chercher à détenir un des plus grands aquifères mondiaux pour ensuite en tirer bénéfice au détriment des populations locales. Il a toutefois su gagner peu à peu la confiance de nombreuses personnalités influentes, notamment avec la cession à l’Etat de ses parcs une fois constitués.

Au Chili, sa fondation The Conservation Land Trust ou Conservación Patagónica a piloté la création du Parc National Corcovado et du Parc Pumalín de 300.000 hectares, ainsi que le rachat d’une propriété de 25.000 hectares dans la vallée de Chacabuco et d’une estancia de 70.000 ha dans la région d’Aysén, ainsi que les réserves de Lago Jeinimeni et Lago Cochrane.