Péninsule Valdés: des oiseaux s’attaquent aux baleines

30 août 2012Environnement

La décision a été prise de réduire la population d'oiseaux afin de préserver les baleines qui séjournent dans le golfe Nuevo bordant la péninsule Valdés

baleine Péninsule Valdès C’est l’une des plus belles baies du monde. La péninsule Valdés, est en ce moment le lieu d’une polémique qui enfle. En effet, depuis quelques temps les baleines en villégiature le long des côtes, sont la cible d’attaques de la part de nombreux oiseaux vivant dans la zone. Une décision a donc été prise par le gouvernement de la province de Chubut : les policiers doivent abattre certains de ces oiseaux afin de protéger les cétacés.

Les victimes sont les baleines franches australes, les plus grands mammifères de la planète – environ 14 mètres de long et jusqu’à 50 tonnes-, véritable attraction dans le golfe. Elles y viennent pour se reproduire et donner naissance à leurs petits – entre 50 et 70 baleineaux chaque saison. Or, depuis quelques temps, elles sont l’objet d’attaques de goélands dominicains, des oiseaux charognards aux griffes et au bec puissants se nourrissant de la chair de ces baleines.

Ces oiseaux sont attirés dans la région par des décharges à ciel ouvert mal entretenues. Les blessures causées sont telles que certaines baleines ont changé leur façon de respirer : au lieu de remonter tout leur corps à l’air libre et de faire des sauts de temps à autre, elles n’osent plus que ressortir leur tête afin de ne pas s’exposer, craignant de se faire déchiqueter le dos.

Les spécimens attaqués sont donc affaiblis, mais c’est la croissance des plus jeunes qui se voit sérieusement affectée. D’après une étude, les cétacés seraient harcelés 25% du temps qu’ils passeraient à la surface.

Outre la protection des baleines, l’intérêt économique n’est pas négligeable. 100.000 personnes font le voyage chaque année pour venir admirer ce spectacle de la nature hors du commun. Le passage des baleines est ainsi le principal attrait touristique de la région.

Des hommes du Groupe des Opérations Spéciales de la police ont donc été mandatés afin de résoudre ce problème en éliminant à l’arme à feu les goélands dominicains s’attaquant aux baleines.

Les militants écologistes sont loin d’être en accord avec la mesure adoptée, et la pierre d’achoppement est double. En effet, à leurs yeux, la décision de tuer les goélands n’est qu’une mesure partielle et à court terme. Le vrai problème serait plutôt de savoir de quelle manière les ordures peuvent être supprimées, et ainsi ne plus attirer les oiseaux.

De plus, ils reprochent au gouvernement de la province de n’envisager les baleines qu’en tant que ressource économique, et non pas avant tout, comme partie intégrante de l’écosystème. Ils regrettent donc que les oiseaux doivent être abattus plutôt que de mettre en œuvre un plan de recyclage des ordures.

La secrétaire au tourisme de la province de Chubut défend le projet en indiquant qu’il est d’ores et déjà approuvé, tout en n’étant qu’expérimental. L’ONG Fondation Patagonie Naturelle indique elle que ce ne devra être qu’une expérience pilote dont les enseignements devront être tirés, mais que la résolution du problème passera forcément par l’élimination des déchets.

La polémique a cependant déjà atteint la sphère politique, un député de la province ironisant sur le fait que l’on demande aux policiers de tirer sur des oiseaux au lieu de lutter contre la délinquance.

Espérons qu’une solution durable soit rapidement trouvée, la péninsule Valdés mérite que l’on puisse la visiter dans des conditions saines. La protection de l’environnement nous recommande elle, que soient prises des décisions viables concernant la faune marine et aviaire présente en cet exceptionnel sanctuaire de la nature.