Réunion du traité Antarctique à Buenos Aires

24 mai 2018Evénements

La réunion du Traité Antarctique s'est déroulée à Buenos Aires, et s'est axée sur le tourisme et la protection de l'environnement.

Chaque année a lieu la réunion des états signataires du traité Antarctique. En 2018, celle-ci s’est tenue à Buenos Aires, capitale de l’Argentine. Le pays est présent sur le continent blanc depuis plus d’un siècle, et dispose de plusieurs bases scientifiques. Cette année, alertés par l’ambassadrice des régions polaires madame Ségolène Royal, les signataires ont orientés leur discussion autour de la protection de l’environnement et la régulation du tourisme polaire.

Mais quel est ce traité ? Il faut comprendre que lorsque l’Antarctique a été découverte, les puissances de l’époque ont immédiatement manifesté leur souveraineté sur ces territoires immenses et pleins de potentiel. Les expéditions se sont donc multipliées. Globalement, sept pays ont montré leurs revendications de gouvernance sur ces territoires : le Royaume-Uni, la France et la Norvège en Europe, l’Australie et la Nouvelle-Zélande en Océanie, le Chili et l’Argentine en Amérique. Cependant, de nombreux scientifiques comprennent l’enjeu d’un tel territoire, et incitent à en faire un espace de recherche laborantine et de coopération pacifique et internationale.

En 1957, les douze états participants à l’année géophysique internationale décident d’ouvrir l’Antarctique à tous les pays à des fins de recherche. Ces douze  pays sont les sept déjà cités mais aussi les USA, l’URSS, le Japon, la Belgique et l’Afrique du Sud. Le 1er décembre 1959 les 12 pays signent les Traité de l’Antarctique à Washington. Ce traité garantit la coopération internationale, la liberté de recherche scientifique, et un gel des revendications territoriales. Depuis, 36 autres pays ont ajouté leur signature. Chaque année a lieu une réunion des états signataires pour mettre en place des actions concrètes.

Dès sa découverte, de nombreuses expéditions géographiques et scientifiques ont été organisées sur le continent blanc. Au début du XXe siècle notamment, le français Charcot en mena plusieurs, rapportant avec lui de précieuses informations géologiques, zoologiques et environnementales. Par la suite, plusieurs pays construisent des bases scientifiques temporaires, converties aujourd’hui en bases permanentes. Il en existe une soixantaine aujourd’hui, dont la dernière datant de 2009 a été construite sur le principe de l’énergie durable. L’été austral, c’est plus de 4000 scientifiques qui travaillent sur les différentes bases, nombre réduit à 1000 lors de l’hiver. Il y a les techniciens qui assurent la maintenance des bases, et les scientifiques qui font les travaux de recherche. Biologistes, physiciens, glaciologues, océanographes, astronomes, géologues, météorologues, les champs de recherche sont variés.

Depuis plusieurs années, le tourisme polaire est en forte extension. Il s’agit essentiellement de croisières au départ du Chili ou de l’Argentine, explorant les îles antarctiques et la péninsule Antarctique. En vingt ans, le nombre de touristes  a été multiplié par 10 ! Avant même qu’il ne connaisse un essor important, les signataires avaient pris soin d’instaurer quelques règles. La vente et l’organisation de croisière est donc restreint, et soumis à l’autorité des Terres Australes Antarctiques Françaises.

Pour éviter la dégradation de l’environnement, en plus des premières directives de 1959, les signataires ont instauré en 1991 le protocole de Madrid, qui établit que l’Antarctique est une réserve naturelle dédiée à la science et la paix. Le protocole induit également une interdiction de toute activité touchant aux ressources minérales, excepté les activités scientifiques ; et toutes les activités doivent d’abord être évaluées en termes d’impact environnemental.

En 2018, l’urgence est de traiter de l’érosion la biodiversité et de la fonte des glaciers, dues au changement climatique. Ségolène Royal, représentante tricolore, a proposé le renforcement des coopérations scientifiques, la création et le développement d’aires marines protégées, et la mise en place de règles pour un tourisme durable, responsable et respectueux de l’environnement.

Lors de cette rencontre, l’Angleterre et l’Argentine se sont rapprochées en signant un protocole renforçant la coopération entre leurs centres scientifiques. Une belle avancée sachant que les deux états ont des relations tendues au sujet des îles Malouines, Falkland en anglais, actuellement britanniques mais revendiquées par le pays américain.