Fotoperiodismo en la calle

18 décembre 2011Société

10 ans après la crise économique de 2001, une exposition urbaine de photographies retrace les moments forts du corralito et des manifestations.

Plaza de Mayo

L’association de Reporters Graphiques de la République Argentine (ARGRA) commémore les événements des 19 et 20 décembre 2001 grâce à une exposition à ciel ouvert. Près de 70 photographies grand format sont exposées depuis lundi 19 décembre jusqu’à Noël, sur les lieux mêmes des événements qui ont marqué l’histoire récente de l’Argentine. Retour en images sur ces heures sombres dans la ville de Buenos Aires.

Il y a aujourd’hui 10 ans, l’Argentine connaissait la plus grande crise économique de son histoire. Suite à une politique impulsée par Carlos Menem, le peso argentin était depuis 1991 indexé sur le dollar américain, établissant ainsi une parité entre les deux monnaies. Si cette politique s’était révélée efficace lors des premières années afin de réguler l’inflation, elle devient vite contre-productive. Le prix des produits exportés chutent, les investisseurs étrangers tournent le dos à l’Argentine : le pays s’endette à des taux de plus en plus élevés, et les devises étrangères se font rares.

Alors que le FMI annonce qu’il refuse de refinancer la dette, la parité peso-dollar n’est plus réaliste, et les grands investisseurs retirent leurs dépôts des banques. Pour tenter de limiter la fuite des capitaux, le gouvernement de Fernando de la Rúa annonce le 2 décembre 2001, par le biais du ministre de l’économie Domingo Carvallo, une restriction des retraits bancaires, établissant une limite de 250 pesos par personne et par semaine. Ainsi, l’épargne de la population est bloquée, ce qui provoque la colère des Argentins qui descendent en nombre dans les rues.

Le mois de décembre 2001 est agité : beaucoup d’Argentins manifestent à grands renforts de casseroles («cacerolazos») en scandant «que se vayan todos», («qu’ils s’en aillent tous»), dénonçant l’incompétence des politiques. Le 19 décembre, la situation devient critique : supermarchés et magasins sont mis à sac dans la capitale, alors que les banques du Microcentro sont caillassées par les manifestants. La tension monte d’un cran, et l’état de siège est déclaré par le président.

Le 20 décembre, les manifestations continuent et sont toujours réprimées, notamment devant le ministère de l’économie et devant la Casa Rosada. Le président De la Rúa appelle au dialogue et promet de ne pas démissionner : une promesse qui ne tiendra que quelques heures, puisqu’il prendra la fuite le soir même grâce à un hélicoptère.

L’exposition 19 y 20. Diez Años. Fotoperiodismo en la calle retrace ainsi les événements de ces deux jours qui ont marqué pour longtemps les esprits des Argentins. Les objectifs des photographes de presse ont capturé les moments forts de cette période houleuse, survenue il y a seulement dix ans. Une occasion de parcourir les endroits marquants de la contestation, puisque les photographies sont exposées Plaza de los Dos Congresos, sur la Avenida De Mayo, sur la Plaza de Mayo et devant la Casa Rosada.