Un roman sur l’immigration française en Argentine au XIXe siècle

22 juin 2016Société

Le 10 juin paraît le roman "Pour quelques arpents de rêve"; une saga dédiée à une famille de paysans qui fuit la misère en Argentine au XIXe siècle.

Migration argentine au XIXe

Les éditions Lucien Souny publient une chronique familiale qui prend place dans le contexte des flux migratoires de la France à l’Argentine au début du XIXe siècle. Le lecteur suit une famille française, ses doutes, ses projets, ses luttes pour améliorer un quotidien incertain. Et à la fois, à travers ces voix individuelles, le lecteur est plongé dans la grande aventure vécue par 220.000 paysans français partis à la recherche de conditions de vies meilleures. La traversée de l’Océan Atlantique de plusieurs semaines en bateau pouvait être très éprouvante.

En l’occurrence, c’est un montagnard, Gervais, qui abandonne son village en 1858 avec les cinq membres de sa famille rapprochée. Mais on lit entre les lignes les sentiments contradictoires qui les habitent, partagés entre le remord d’avoir laissé leurs terres qui ne leur permettaient plus de vivre, et l’espoir que donne ce nouveau pays où tout est à construire.

Dès 1810, la jeune république argentine mène une politique pour attirer des immigrants et peupler les immenses terres notamment de la pampa et de la Patagonie. On leur confie surtout des tâches d’élevage et cultures. Beaucoup de foyers reçoivent des lots individuels, des semences et du bétail pour s’installer, aidés par le plan gouvernemental argentin, qui cherche à attirer de la main d’œuvre.

Les crises agricoles du tournant du XIXe au XXe comme le phylloxera accélèrent un exode rural massif en France, déjà provoqué par les débuts de l’industrialisation, les mutations économiques ou la trop forte pression démographique sur une même propriété. Partir tenter sa chance au bout du monde était aussi pour certains une façon d’échapper au service militaire, dans une génération meurtrie par le conflit de 1870.

Au nombre des volontaires pour l’Argentine, on compte surtout des paysans issus du Sud Ouest (Basques, Béarnais, Aveyronnais), des Savoyards et des Bretons. Témoin de cette époque la ville de Pigüé, fondée non loin de Buenos Aires en 1884, compte toujours 40 % d’habitants aux racines aveyronnaises. Les premiers pionniers, dont la famille protagoniste de Pour quelques arpents de rêve, n’ont pas toujours l’accueil espéré et connaissent des débuts difficiles.

Peu à peu, les Français forment la troisième communauté d’immigrants en Argentine, juste derrière les Italiens et les Espagnols, avec 261.020 arrivées sur la seule période de1857 à 1946. Les chiffres sont impressionnants, avec pas moins de 250 bateaux partis de Bordeaux et Bayonne entre 1862 et 1866, soient plus de 10.000 personnes  en 4 ans. L’installation des immigrants se met en place, et dès 1857, ils sont reçus dans l’Hôtel de los Inmigrantes construit à cet effet à Buenos Aires pour les loger lors des premiers jours qui suivent leur arrivée.

L’auteur, Frédérique-Sophie Braize, est très attachée aux traditions des régions de France, dont elle sait évoquer la poésie et la rudesse. Elle est particulièrement familière de l’atmosphère qui règne dans les zones de montagnes, suite à son enfance en Haute-Savoie. Récompensée par les prix Vedrarias 2012 et Gaston Welter 2013, elle s’attache à recueillir dans son œuvre les récits authentiques glanés ça et là, en nourrissant ses romans du quotidien des vies les plus simples.

En savoir plus sur les populations françaises émigrées en Argentine.
Site de l’éditeur.