Jorge Luis Borges, le poète et conteur fantastique

Jorge Luis Borges, le poète et conteur fantastique

Il est sans conteste le plus connu des écrivains argentins. Son œuvre, complexe et brillante, a fait le tour du monde.

Jorge Luis Borges
																															

Né à Buenos Aires dans une famille cultivée où l’on parle aussi bien l’espagnol que l’anglais, Jorge Luis Borges commence à écrire dès l’âge de 7 ans, début d’une très longue carrière qui fera de lui un monument de la littérature. Après la Première Guerre mondiale, la famille s’installe à Genève puis en Espagne. A son retour dans sa ville natale en 1921, il publie des poèmes, des essais, des nouvelles, fonde des revues, traduit Virginia Woolf, participe aux mouvements culturels d’une Argentine en pleine expansion.

oeuvre de Borges
																  															  

Prolixe, touche-à-tout, Borges écrit aussi des critiques littéraires, des récits policiers, des chansons de tango qui seront mises en musique par Astor Piazzolla, enseigne les lettres. Il est un farouche opposant du général Perón –« l’Innommable ». Et, comme son père, il souffre d’une maladie qui le rendra aveugle, en 1955, mais qui ne l’empêchera pas de se maintenir à son poste de directeur de la Bibliothèque nationale ni de continuer à écrire. A partir des années 1960, il est reconnu dans le monde entier comme l’un des écrivains majeurs de son temps, comme l’un des fondateurs du réalisme magique avec le Colombien Gabriel García Márquez.

Statue de Borges et Alvarez à Buenos Aires
																															

Grand voyageur et grand érudit, Borges s’est attaché à des thématiques telles que les labyrinthes, les miroirs, l’identité, l’infini et le temps, avec le Livre de sable, le Sablier ou les Echecs. « Le présent est indéfini, le futur n’a de réalité qu’en tant qu’espoir présent, le passé n’a de réalité qu’en tant que souvenir présent », écrit-il dans Fictions, l’un de ses plus importants recueils de nouvelles fantastiques avec l’Aleph. Il s’engage dans des aventures littéraires, comme celle d’écrire des histoires policières avec un autre grand écrivain argentin, Adolfo Bioy Casares: ensemble ils inventent le personnage de Bustos Domecq.

En 1980, il reçoit le prix Cervantes, la plus haute distinction des lettres de langue espagnole. Jorge Luis Borges est décédé en 1986 à Genève.

Statues de Borges Gardel et Storni
																  															  

Buenos Aires
Je te cherchais hier, ma ville, en ces confins
Qui vont entremêlant le couchant et la plaine,
Dans la grille du parc où persiste ancienne
Une fraîcheur de limoniers et de jasmins.
Et puis tu fus Palerme et ses mythes, ma ville ;
Je te sentais au laconisme des couteaux,
Dans des mémoires de cartes ou de tangos,
Dans la main en faux or du heurtoir inutile,
Baguée. Et puis je t’ai cherchée en une cour
De ton Sud, ou vers ce poteau dont l’ombre extrême
Va s’indéterminant à la fuite du jour,
Lentement. Aujourd’hui tu n’es plus rien sinon mon vague sort,
Tu n’es plus que ces choses-là qu’éteint la mort.

Poème extrait du recueil l’autre, le même II (1965-1967) rassemblé dans l’Or des tigres (Gallimard).
Mis en vers français par Ibarra.