Conseils santé en Argentine: vaccins & vaccinations obligatoires, paludisme

Informations pratiques sur les vaccins nécessaires en Argentine et conseils pour bien supporter l’altitude.

Soins et prévention

Vaccins
Il n’y a pas de vaccins obligatoires à l’arrivée. Comme lors de tout voyage, l’idéal est d’être immunisé contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, les hépatites A et B, éventuellement la typhoïde et la fièvre jaune (quelques cas dans les régions tropicales du Nord-Est).

Risques sanitaires
Concernant le paludisme, le risque est très faible et limité aux régions rurales basses des provinces de Jujuy et Salta, le long de la frontière bolivienne, et à celles de Misiones et Corrientes frontalières du Paraguay. Le médicament recommandé est la chloroquine.
En revanche, des cas de dengue ont été signalés depuis mars 2009 dans les zones humides du nord de l’Argentine. Il n’existe pas de vaccin contre la dengue. Si vous allez sur l’altiplano dans le Noroeste, vous ne risquez rien puisque le moustique ne survit pas au-dessus de 1.800 m d’altitude. Si vous visitez Iguazú et la province de Misiones, ou la ville de Salta plus basse en altitude, vous pouvez recourir à diverses mesures pour vous protéger des moustiques qui le transmettent. Il convient de se couvrir la peau avec des manches longues, un pantalon et des chaussettes. Vous trouverez sur place du répulsif à base de DEET dont il faudra régulièrement vous pulvériser. Les prises électriques à petites cartes imbibées de répulsif sont également très efficaces pour la nuit. A noter que les mois de la dengue sont généralement de février à avril, la saison chaude et humide.
Sans les majorer mais sans les occulter, il faut signaler, dans certaines provinces du nord comme Corrientes et le Chaco, des risques rares de morsures de serpents redoutables comme le crotale ou le cobra.

Précautions sanitaires

Alimentation et boisson
L’eau du robinet est potable dans beaucoup d’endroits mais, par précaution, nous conseillons la consommation d’eau minérale. On en trouve dans tous les villages. Il existe de nombreuses boissons typiques, dont le licuado, mélange de fruits (banane, pêche…) et de lait, ou encore le mate, véritable institution en Argentine. Le pays est le cinquième producteur de vins au monde, avec un vignoble qui s’étend le long de la Cordillère des Andes: Mendoza, San Juan, La Rioja, Neuquén, Río Negro et Salta. En savoir plus sur le vin argentin.

Traitements et infrastructures médicales
Il est conseillé aux voyageurs suivant un traitement régulier de se munir de médicaments en quantité suffisante pour la durée de leur séjour. Les infrastructures sanitaires sont satisfaisantes dans les grandes villes, où les problèmes médicaux et chirurgicaux pourront être pris en charge, après avis auprès de la compagnie d’assistance et éventuellement des services consulaires de votre pays. Les frais d’hospitalisation et de soins médicaux peuvent être élevés dans les établissements privés. Les médecins et les hôpitaux exigent des ressortissants étrangers le paiement en espèces de l’intégralité de ces dépenses préalablement à toute intervention. Aussi est-il vivement recommandé aux touristes de souscrire avant leur départ à une assurance couvrant ce genre de dépenses ainsi que les frais de rapatriement.

Mal des montagnes

Le principal facteur d’apparition
La plupart des personnes en bonne santé s’acclimatent correctement à l’altitude à condition de respecter quelques règles simples; attention toutefois à ne pas prendre ce risque à la légère. Vous risquez d’être plus sujet au mal d’altitude suite à une montée trop rapide en altitude. Il apparaît généralement au-dessus de 3.500 m, mais parfois dès 2.000 m en exercice ou 3.000 m au repos. L’âge n’a pas d’influence, mais les jeunes et les sportifs sont en général plus atteints car ils montent trop vite. Le risque est élevé au dessus de 1.800 m pour les nourrissons de moins de 12 mois. L’entraînement est un point positif, mais ce n’est pas une prévention. Le seul facteur déterminant est la nature génétique de chaque individu.

Les symptômes
Vous reconnaissez le mal d’altitude aux maux de tête (96% des cas), manque d’appétit (38%), nausées (35%), insomnie (70%), vertiges, vomissements, essoufflement au repos, fatigue anormale ou disproportionnée, diminution des urines. Le test de début de trouble consiste à marcher un pied devant l’autre sur une ligne tracée au sol ou à fermer les yeux en mettant les bras le long du corps. S’il y a perte d’équilibre, on est atteint. Les symptômes les plus alarmants sont les vomissements, les pertes d’équilibre, les troubles du comportement, signes d’un œdème pulmonaire ou cérébral dont les conséquences peuvent être fatales.

L’explication physiologique
En altitude, la pression atmosphérique diminue, donc la pression d’oxygène aussi: il y a moins de molécules d’oxygène disponibles pour l’organisme dans un même volume d’air. L’organisme réagit à ce manque d’oxygène ou hypoxie par le mécanisme suivant: augmentation de la ventilation et de la fréquence cardiaque afin d’essayer de capter davantage d’oxygène dans l’air et de le transporter plus rapidement aux organes qui en ont besoin. Cette réaction, qui va durer quelques jours, est coûteuse pour l’organisme sur le plan énergétique puisque les muscles respiratoires et cardiaques vont être davantage sollicités. Mais ce mécanisme va être complété ou remplacé par un autre plus économe: l’augmentation du nombre de transporteurs d’oxygène, les globules rouges produits par la moelle osseuse. Leur temps de fabrication explique qu’il faut au minimum une semaine de séjour à une altitude suffisante pour voir apparaître leur augmentation dans le sang. La ventilation et la fréquence cardiaque pourront alors diminuer, sans toutefois revenir aux valeurs de base, surtout si la montée en altitude se poursuit. Des modifications hormonales complexes vont également se produire, permettant d’éviter une rétention d’eau par l’organisme, phénomène majeur dans l’apparition des signes de mauvaise acclimatation à l’altitude.

Eviter le mal d'altitude

Prévention du mal des montagnes
Ne pas monter trop vite trop haut dans le cas d’une ascension à pied: 300 à 500m de dénivelé par jour au-delà de 3.500 m. Ne pas faire d’efforts physiques inutiles ou inconsidérés, par exemple ne pas courir pour aller prendre des photos! Boire suffisamment d’eau. Il est très important de s’hydrater régulièrement et d’uriner car l’œdème est un problème de rétention d’eau. Ne pas prendre de somnifères, qui favorisent les pauses respiratoires pendant le sommeil, ce qui aggrave l’hypoxie. Ne pas refuser le diagnostic: la réponse ventilatoire à l’hypoxie est déterminée génétiquement, c’est pourquoi dans un groupe, certains sujets s’acclimatent moins bien que d’autres. Eviter le couple paracétamol-alcool, l’aspirine ne pose pas de problème. Boire du maté de coca, boisson à base de feuilles de coca, efficace pour l’apunamiento ou le mal d’altitude.

Traitement du mal des montagnes
La descente est toujours efficace, à condition de ne pas trop attendre. Une prise d’oxygène de quelques minutes permet en général une amélioration qu’il faut mettre à profit pour redescendre. Attention, comme on se sent mieux, il ne faut pas en tirer la conclusion que l’on peut poursuivre l’ascension. La prise d’oxygène n’est pas un dopant, elle permet de redescendre dans de bonnes conditions. Pour les symptômes plus légers, aspirine et/ou paracétamol, max 3 gr/jour, cumulés ou alternés.