Indépendance de l’Argentine : la naissance du pays

L’Argentine s’est créé autour de deux dates, le 25 mai 1810 et le 9 juillet 1816, des moments clés de son indépendance.

Révolution de Mai et Congrès de Tucumán

Dès le début du XIXe siècle, un mouvement d’indépendance se développe. Il s’explique par les entraves économiques et commerciales qu’impose le pacte colonial comme par l’incapacité du vice-roi à défendre Buenos Aires des incursions anglaises, en particulier en 1806 et 1807, années où les troupes de Liniers viennent à la rescousse de Buenos Aires et remportent deux éclatantes victoires sur les Anglais.

Cabildo abierto à Buenos Aires 22 mai 1810
																  															  

Apprenant l’occupation de l’Espagne par les troupes napoléoniennes, la bourgeoisie du port et de la campagne destitue le vice-roi et proclame la « première junte » le 25 mai 1810 lors de la « Revolución de Mayo » (Révolution de Mai). L’éviction définitive de l’Espagne et l’indépendance des Provinces Unies de l’Amérique du Sud est proclamée le 9 juillet 1816 à l’issue du congrès de Tucumán. En 1819 et 1826 sont promulguées les Constitutions unitaires. 1826 voit la naissance des « Provinces Unies du Río de la Plata ».

Du centralisme à la Constitution fédérale

Cependant, les habitants des territoires du Río de La Plata ne sont pas disposés à se laisser dominer par la bourgeoisie du port (Buenos Aires): de nombreuses crises jalonnent les trente premières années des nouvelles Provinces-Unies. L’un des chefs des provinces intérieures, le caudillo Rosas, s’empare du pouvoir en 1829 et dirige en dictateur jusqu’en 1852. Il pratique, en particulier, la centralisation à outrance.

Bataille de Chacabuco 1817
																  															  

Le congrès de Santa Fé, en 1853, élabore une constitution libérale et fédérale. Avec la fin des guerres indiennes, la fin du XIXe et le début du XXe siècle voient l’Argentine se moderniser sur tous les plans. Elle accueille alors une immigration massive, provenant, pour une large part, d’Italie et d’Espagne. Les présidents argentins se succèdent, parmi lesquels Roque Sáenz Peña –qui fait adopter le suffrage universel obligatoire et secret (1916)– et Hipólito Irigoyen.