Histoire de l'Argentine : le XXe siècle

Histoire de l’Argentine : le XXe siècle

Le XXe siècle en Argentine fut marqué à la fois par un âge d’or, puis par les dictatures militaires et la figure de Perón.

De Hipólito Yrigoyen à Perón, une succession de crises

La crise de 1929 a des conséquences politiques désastreuses en Argentine: en 1930, les troupes de Campo de Mayo investissent Buenos Aires et installent le général Uriburu au pouvoir. L’armée est désormais aux commandes du pays, et pour plus de cinquante ans.

A Uriburu succèdent Justo (1932-1938), Ortiz (1938-1942) et Castillo (1942-1943). Le 4 juin 1943, le coup d’Etat « des colonels » porte au pouvoir Rawson, puis Ramirez et Farrell.

Le Président argentin Juan Perón
																  															  

Le 17 octobre 1945, le colonel Juan Domingo Perón, jusqu’alors secrétaire d’Etat au Travail, prend le pouvoir, avec l’aide d’une certaine Eva Duarte. Cet admirateur de Benito Mussolini et Franco se fait ensuite régulièrement élire président de la République (février 1946). Les premières années de sa présidence se situent dans un contexte remarquable pour l’Argentine: dans les années qui suivent la Guerre, l’immense besoin en produits alimentaires, partout dans le monde, assure la prospérité du pays. Elle permet à Eva Duarte, devenue la femme de Perón, de mettre en place des mesures sociales et de donner le droit de vote aux femmes.

Eva et Juan Perón
																															

Mais le régime péroniste s’essouffle rapidement: la mort d’Eva Perón en 1952, l’opposition croissante de l’Eglise, la désaffection de l’armée et l’hostilité des Etats-Unis conduisent à la destitution de Perón le 6 septembre 1955 et à la mise en place de la Revolución libertadora (Révolution libératrice).

Pedro Eugenio Aramburu devient président et abolit la Constitution nationale réformée en 1949. Avec la mise hors-la-loi du parti péroniste, s’ouvre une période de conflits internes. En 1958, l’élection du président Arturo Frondizi se fait avec l’appui des péronistes, toujours actifs quoique dans l’illégalité. Frondizi est destitué en 1962 par un coup d’Etat militaire. A sa place, la Cour suprême désigne José María Guido avec l’aval de la junte militaire. L’élection présidentielle du 7 juillet 1963 conduit Arturo Umberto Illia à la victoire. Celui-ci lève les interdictions pesant sur les péronistes… menant au triomphe électoral de ces derniers lors des élections législatives de 1965.

casa rosada xx siecle
																  															  

Un nouveau coup d’Etat militaire conduit le général Juan Carlos Onganía à la présidence le 28 juin 1966. Jusqu’en 1973 règne une dictature militaire à laquelle Alejandro Lanusse, président à partir de 1971, tente de mettre fin en organisant des élections démocratiques. Perón remporte les élections et devient à nouveau président à partir de 1973. Des actions terroristes, menées par des extrémistes de droite comme de gauche, conduisent Perón à prendre des mesures d’urgence. Après sa mort, le 1er juillet 1974, sa troisième femme, Isabel Martínez de Perón, se heurte aux mêmes difficultés auxquelles s’ajoute l’aggravation des problèmes économiques.

La dictature de 1976

Après l’éviction de la présidente par le coup d’Etat du 24 mars 1976, une junte militaire gouverne l’Argentine jusqu’au 10 décembre 1983, avec Videla, Viola puis Galtieri –période dite de « la guerre sale ». Les services secrets argentins arrêtent, enlèvent, torturent, assassinent ceux qu’ils considèrent comme dangereux. C’est au cours de cette période qu’a lieu la guerre des Malouines (Islas Malvinas en espagnol ou Falkland en anglais) à l’issue de laquelle le pays est défait face aux Britanniques (mars-juin 1982). Cet épisode conduit au départ de Galtieri, remplacé par Bignone.

Le retour de la démocratie

Les élections de mars 1983 marquent le retour à la démocratie avec l’arrivée au pouvoir du radical Raúl Alfonsín. Il rétablit les institutions publiques comme les droits et garanties constitutionnels. Sur le plan des relations extérieures, l’Argentine règle un différent frontalier avec le Chili et signe un traité de paix et d’amitié. En 1985, l’Argentine se réconcilie avec le Brésil. La déclaration de Foz do Iguaçu, signée à cette occasion, sera à l’origine du futur Mercosur, la zone de libre-échange du cône Sud. Mais une inflation record touche le pays, conduisant à la défaite du parti d’Alfonsín lors des élections anticipées de 1989.

Carlos Menem (parti justicialiste, héritier du péronisme) lui succède. Celui-ci mène une politique très libérale. L’inflation est fortement réduite, mais le chômage reste très important. Sur le plan diplomatique, il signe le traité d’Asunción le 26 mars 1991, fondant le Mercosur, d’abord avec le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.

La crise de 2000-2001

Après le second mandat présidentiel de Menem, Fernando de la Rúa (de l’UCR, l’Union civique radicale) est élu pour lui succéder. Face à la dramatique récession économique du pays, les manifestations publiques déferlent avec, notamment, les fameux cacerolazos (concerts de casseroles). De la Rúa réprime violemment le mouvement, qui ne fait que s’amplifier. Il doit abandonner le pouvoir, tout comme ses successeurs.

C’est finalement Eduardo Duhalde, nommé par le Congrès, qui rétablit la situation avec l’aide d’un gouvernement dominé par les péronistes. Il prend des mesures impopulaires mais qui se révèlent efficaces, parmi lesquelles la suppression de la parité du peso argentin avec le dollar.

Nestor et Cristina Kirchner
																  															  

Alors que la crise économique s’apaise, de nouvelles élections conduisent un autre péroniste, Néstor Kirchner, au pouvoir en mai 2003. Celui-ci parvient à négocier la diminution de la dette argentine auprès de ses créanciers. Il prend de la distance vis-à-vis des Etats-Unis et s’emploie à développer les relations au sein du Mercosur. Il connaît en revanche des difficultés avec l’Uruguay. Sur le plan intérieur, Kirchner lève l’immunité des criminels de la dictature en abrogeant les lois d’amnistie imposées par Menem.