Les Espagnols, des liens historiques et une présence forte

L’immigration espagnole, notamment de Galice ou d’Asturie, fut moins massive que celle venue d’Italie, mais n’en fut pas moins importante.

Don Celestino Curutchet Dona Artcanthurry
																															

L’Espagne, deuxième pays d’origine des Argentins et premier historiquement. Ce sont les Espagnols qui ont colonisé le territoire qui forme aujourd’hui l’Argentine mais au moment de la Révolution de mai, en 1810, seulement 1% de la population est de nationalité espagnole. Le groupe ethnique majoritaire est noir. L’immigration massive d’Espagnol dès la moitié du XIXe fait vite de Buenos Aires la deuxième ville au monde la plus peuplée de Gallegos, ce qui lui vaut le nom de 5e province de Galicie. Mais leur legs est immense : la langue, la religion catholique et l’organisation politico-administrative.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, c’est essentiellement la pauvreté qui pousse de nombreux Espagnols à l’immigration, suite à la crise du secteur agricole, et à l’effondrement des industries textiles locales. Nombreux également sont ceux qui fuient le rude service militaire de trois ans, puis la dictature franquiste. La grande majorité sont Galiciens, ce qui explique qu’aujourd’hui encore en Argentine on dise souvent Gallego pour désigner un Espagnol d’origine, ou de nationalité. Les autres viennent notamment d’Andalousie, du Pays basque et de Catalogne.

Un berger gaucho origine espagnole
																  															  

Cette immigration a duré jusqu’au années 1950 et, à partir de 1939, elle comptait de nombreux réfugiés républicains fuyant la victoire du franquisme. Plus intellectuelle, cette immigration s’est engagée en politique, a créé des maisons d’édition, etc. De 1857 à 1940, un peu plus de 2 millions d’Espagnols sont venus en Argentine, représentant près du tiers des étrangers. En 1914, les 830.000 Espagnols représentaient 10% de la population.

Comme la plupart des immigrés, ils fondent des clubs sociaux, des journaux et des sociétés d’entraide à la communauté, la première dès 1857 : la Asociación española de socorros mutuos. Et ils s’installent dans des provinces et des secteurs d’activité différents selon leur région d’origine : les Galiciens dans les villes où ils sont employés, serveurs et petits commerçants ou artisans, les Valenciens à Corrientes et Misiones, les Andalous à Buenos Aires ou Mendoza, où ils cultivent oliviers et raisins, les Basques dans l’élevage et l’industrie laitière dans la Pampa, etc.

Descendance espagnole en Argentine
																															

Assez rapidement, nombre de Gallegos ont repris des cafés, bars, épiceries et restaurants de la capitale. Leurs spécialités gastronomiques héritées d’Espagne étaient la charcuterie (jambonneau, tripes), quelques recettes traditionnelles (bouillon de viande ou caldo gallego, ragout de poisson ou caldeirada, poulpe à la galicienne, cochon de lait grillé), des alimets de base (pomme de terre, châtaigne, piment de Padrón, miel, fromages et pain) et quelques desserts (tarte de Santiago ou Mondoñedo, churros, oreillettes et crêpes ou filloas).

Le café La Armonía fondé en 1899 au 1002 de l’Avenida de Mayo, recevait avec ces mets espagnols les comédiens à leur sortie des théâtres du quartier. Autre point de ralliement des intellectuels espagnols, le café de l’Hotel Castela où Federico García Lorca logeait et aimait à converser au son de la peña Signo, ses cornemuses galiciennes ou gaitas et ses tambourins ou panderetas. De nos jours, la fête patronale de Saint Jacques de Compostelle est l’occasion d’un grand rassemblement de toutes les confréries et associations gallegas d’Argentine à Saint Ignace, une des églises les plus anciennes de la ville.

Immigration basque en Argentine
																  															  

Le lien avec la culture espagnole est resté fort, pour des raisons historiques bien évidentes : il existe depuis le XVIe siècle. Presque la moitié des Casas Vascas se trouvent en Argentine et le fondateur de Buenos Aires, Juan de Garay, était Basque. Ces dernières années, les liens diplomatiques entre l’Argentine et l’Espagne ont été consolidés, et les Espagnols sont les premiers investisseurs étrangers du pays.

Lire & voir
-Le musée national de l’immigration,
-Le centre des études migratoires latino-américaines.