L’Avenue 9 de Julio, la plus large au monde

Si cette avenue surprend par sa taille, elle charme par ses lieux historiques et ses activités culturelles.

Un chantier d'une ampleur inédite

La construction de l’Avenue 9 de Julio est planifiée dès 1888, mais les travaux commencent en 1937. Ils ne se termineront qu’en 1980, après nombre de polémiques. L’avenue a changé de nom plusieurs fois. Baptisée au départ Ayohuma, elle porte le nom de Norte a Sur de 1912 à 1930, puis elle reçoit son nom actuel en l’honneur de la date de l’indépendance de l’Argentine le 9 Juillet 1816. Cet axe de communication est surtout célèbre pour sa taille : avec ses 140 m, elle est présentée avec orgueil par les porteños comme l’avenue la plus large du monde. Elle parcourt près de 4 km, depuis l’Ambassade de France au nord jusqu’à la Plaza Constitución au sud.

Les grands chamboulements entraînés

C’est dans la dernière partie des travaux, entre 1960 et 1980, qu’a eu lieu la destruction massive de 25 blocs de maisons et d’immeubles dans la longueur de l’avenue. L’Argentine étant une dictature à cette époque, le gouvernement agit sans concertation et des milliers d’habitants de la capitale se voient forcés de déménager sans soutien. C’est une vraie perte au point de vue du patrimoine architectural, puisque nombre de ces bâtiments du centre ville ont été édifiées à l’âge d’or de la Belle Époque argentine. Les seuls édifices épargnés par ces travaux sont les structures gouvernementales comme le ministère de la Santé et de l’action Sociale et le Teatro Colón, ainsi que l’Ambassade de France pour cause d’extra-territorialité.

Le coeur battant de la ville

L’Avenue 9 de Julio est également renommée pour desservir parmi les plus beaux monuments de la capitale. Ainsi, en se promenant sur ses larges trottoirs, il est possible d’admirer successivement la Plaza de la República où fut hissé le drapeau national pour la première fois, l’édifice du ministère du Développement Social en encoche au milieu de l’avenue, la statue de Don Quijote offerte par l’Espagne en 1980, l’Obélisque, le Teatro Colón inauguré en 1908 et l’Ambassade de France considérée comme l’un des plus beaux bâtiments de Buenos Aires. Seul le quartier de Constitución, situé tout au sud de l’avenue, est déconseillé en raison de l’agitation sociale qui entoure la gare.

Focus sur l’Obélisque

L’Obélisque de Buenos Aires fut réalisé en 1936 par Albert Prebisch, architecte moderniste argentin, à la demande de l’intendant de la ville pour les 400 ans de la Nation. Il mesure 67,5 m de hauteur, n’a qu’une seule porte d’entrée, dispose de quatre fenêtres à son sommet que l’on peut atteindre seulement par un escalier vertical de 206 marches. Il est par ailleurs situé au centre de la Plaza República, sur l’Avenida 9 de Julio, à l’intersection de l’Avenida Corrientes. En 1938, le nouvel intendant de la ville voulut faire détruire l’Obélisque pour des raisons économiques, esthétiques et de sécurité mais le pouvoir exécutif municipal mit son véto en expliquant que ce monument était sous protection de la Nation. Depuis, c’est l’une des icônes de la capitale. L’Obelisco est utilisé comme point de repère au cœur de la ville et sert comme place de rassemblement pour diverses manifestations. Le 26 juillet 1952 notamment, le peuple argentin s’est spontanément retrouvé au pied de l’Obélisque pour lamenter le décès d’Evita Perón.