Voyage au cap Horn, Patagonie Chilienne

Le cap Horn, Patagonie Chilienne : guide de voyage, hôtels, transport, restaurants.

Situation géographique du Cap Horn

Rocher terrifiant isolé entre deux continents, l’Amérique et l’Antarctique, le cap Horn (Cabo de Hornos en espagnol), est considéré comme le site le plus austral de l’Amérique du Sud, à 145 km au sud-ouest de la ville argentine d’ Ushuaia.

Le cap Horn est en fait la côte Sud de l‘île d’Hershel, de 6 km sur 2 km, et qui appartient à l‘archipel Wollaston, dans les eaux territoriales chiliennes. Le cap se présente aux marins sous la forme d’une falaise de 425 m. Il symbolise également la frontière Nord du passage de Drake, entre la pointe du continent Antarctique et celle de l’Amérique du Sud, où se rencontrent l’océan Austral, l’océan Pacifique et l’océan Atlantique.

On trouve sur le « cap des tempêtes », comme on le surnomme, une station et un phare : celui-ci est habité par le gardien et sa famille, qui sont les seuls résidents permanents.

A la découverte du Cap Horn

Proche de la station se tient un mémorial, représenté par une majestueuse sculpture d’albatros, qui rend hommage aux nombreux navigateurs qui périrent en voulant franchir le cap.

Le cap Horn fut longtemps le passage crucial des routes commerciales entre l’Asie et l’Europe. De nos jours, peu de bateaux osent s’aventurer sur les lieux : seuls quelques pêcheurs naviguent à proximité du rocher, et un petit nombre de voiliers, notamment ceux qui participent aux courses comme le Vendée Globe, traversent la zone.

Enfin, le cap Horn est particulièrement célèbre et légendaire à cause de la difficulté ; de son franchissement et de sa triste réputation de « cimetière marin ». En effet, l’endroit est en proie à de nombreuses tempêtes, plus ou moins violentes, avec des vents forts et des vagues pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres, ceci quasiment toute l’année.

Climat : quand se rendre sur le site du Cap Horn?

Le climat du cap Horn est relativement froid toute l’année. De plus, les conditions sont généralement extrêmes (pluie et vent, notamment). Des études menées sur la météorologie du lieu ont permis de fournir des données précises sur les conditions climatiques dans la zone, même si aucune station climatique n’est présente sur l’île d’Hershel : il y en a une sur les îles Diego Ramirez, à 105 km au sud-ouest du cap Horn, ainsi qu’à Ushuaia, à 145 km au nord-ouest.
Pluviométrie : les précipitations sont fortes toute l’année, avec un pic en mars (moyenne de 137.4 mm), et des pluies plus faibles en octobre (moyenne de 93.7 mm).

albatros mémorial en hommage aux marins

Température : en été (janvier et février), les températures oscillent entre 5 et 14º alors qu’en hiver (juillet et août), elles varient entre 4 et -2º.
Vent : très puissants en hiver, les vents soufflent à une moyenne de 30km/h sur la cap Horn. On note des rafales fréquentes à 100km/h. D’une manière générale, les vents et les courants sont bien souvent violents au cap Horn, c’est pourquoi la navigation dans cette zone est considérablement périlleuse. Voir notre fiche : Quand partir en Argentine.

Histoire du Cap Horn

Tout commence en 1578, lorsque le corsaire et explorateur Francis Drake devient le premier anglais à obtenir le consentement de la reine d’Angleterre pour faire le tour du monde. C’est cet homme qui, au cours de son périple en Amérique du Sud, découvre le désormais « passage de Drake », malgré lui. En effet, après avoir passé le détroit de Magellan, Sir Drake se dirige vers l’océan Pacifique pour continuer sa route vers le nord, mais sa flotte se retrouve poussée vers le Sud, entre la Terre de Feu et l’Antarctique, par une violente tempête.

Suite à cela, le puissant commerçant hollandais Jacob Le Maire, qui a entendu parler du passage trouvé par Francis Drake et à la recherche d’une nouvelle route commerciale, décide de partir à son tour dans la région. Il part donc en expédition, et c’est là qu’il découvre, en janvier 1616, une terre en hauteur : le cap Horn. Néanmoins, à cause des conditions difficiles de navigation, ce n’est qu’en 1624 que l’on se rend compte que cette falaise fait partie d’une île.

Cabo de Hornos

L’origine du nom est donc hollandaise : en effet, le kaap Hoorn est un patronyme qui a été choisi en honneur à la ville de Hoorn : à la fois ville portuaire, siège de l’une des compagnies marchandes les plus importantes des Pays-Bas – la Compagnie néerlandaises des Indes Orientales – et ville de Jacob le Maire aux Pays-Bas.

Du XVIIIe siècle au début du XXe siècle, le cap Horn devient une route marchande très empruntée par les navires remplis de coton, de céréales et d’or, qui font la traversée entre l’Europe et Australie ou l’Extrême-Orient.

C’est le développement du premier chemin de fer transcontinental en Amérique du Nord (1869) et l’ouverture du canal de Panamá, en Amérique Centrale (1914), qui provoquent la fin de la route commerciale passant par le cap Horn.
Le Pamir fut le dernier bateau commercial à emprunter le chemin en 1949.

Dangers de navigation et routes maritimes

Le cap Horn est l‘un des passages les plus délicats à franchir de la planète. Cela est dû principalement à la latitude qui est extrême (56º sud) et à la configuration du lieu, notamment une topologie défavorable.
Bon nombre de marins sont morts en mer et beaucoup de bateaux ont coulé dans cette zone dangereuse.

L’élément climatique essentiel qui a une influence sur les conditions de navigation est le vent. En effet, les vents qui sévissent dans la région du cap Horn, ne sont freinés par aucune terre. Cela explique leur violence et leur fréquence : les fameux Quarantièmes rugissants, mais aussi les Cinquantièmes hurlants et Soixantièmes mugissants, font partie de ces bourrasques puissantes.

Ces mêmes vents donnent naissance à des vagues, qui ne rencontrent aucune terre, et ont tendance à prendre de l’ampleur. Une fois arrivées à la falaise du cap Horn, ces dernières se retrouvent face à une barrière naturelle et dans une zone moins profonde, ce qui créé un effet machiavélique : les vagues prennent alors de la hauteur et se rabattent parfois soudainement et violemment sur la mer. Ces vagues dites scélérates peuvent atteindre les 30 m.

Les dangers du Cap Horn

Enfin, autre danger des eaux environnantes au cap Horn : les icebergs, qui viennent des glaces de l’Antarctique et représentent un piège supplémentaire à la navigation.

D’autres passages ont été empruntés pour éviter aux marins d’être confrontés au déchaîné cap Horn : le détroit de Magellan, le Canal Beagle ou le passage au niveau des îles Nord du cap Horn (île Hermite et Wollaston).

Néanmoins, la zone reste redoutable, car les courants (engendrés par le courant circumpolaire antarctique – également nommé Grande Dérive d’Ouest et généré par le vent d’Ouest), sont généralement dangereux.

Une autre option pour les marins est d’entrer dans le passage du Drake, qui est plus large et qui permet donc une meilleure marge de manœuvre. Cependant ici aussi les vagues peuvent être impressionnantes.

Les courses nautiques au Cap Horn

De nombreuses courses nautiques passent par le cap Horn. En effet, quand on entreprend de faire le tour du monde, la route maritime du cap reste bien souvent incontournable.

Golden Globe Challenge : première course en solitaire autour du monde sans escale, qui a eu lieu une seule fois en 1968.

Volvo Ocean Race : cette course à la voile par étapes fait le tour du monde, tous les trois ans. Elle est réservée au monocoques, avec à leur bord un équipage. La première édition a eu lieu en 1973.

Velux 5 Oceans Race, anciennement Around Alone : défi nautique en solitaire, réservé aux monocoques. Il a lieu tous les quatre ans depuis 1982.

Traversée du Cap Horn

Vendée Globe : sur le même principe que les courses précédentes, il s’agit d’un tour du monde, mais cette fois en solitaire et sans escale. Elle se déroule tous les quatre ans depuis 1989.

Trophée Jules Vernes : cette récompense est attribuée à toute équipe qui bat le record du tour du monde le plus rapide, en équipe et sans escale. Initialement, l’idée était de réussir un tour du monde en moins de 80 jours (en référence au Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Vernes). De nombreuses tentatives furent réalisées depuis 1993 : la première victoire cette même année fut celle de Bruno Peyron et de ses coéquipiers, en 79 jours, 6 heures, 15 minutes et 56 secondes. Et c’est l’équipage de Loïc Peyron, son frère, qui détient le dernier record en 2012, avec une traversée de 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes.

La flore et la faune sur le site du Cap Horn

La région du cap Horn bénéficie d’une nature vivante, riche, et généreuse. Pour preuve, l’espace a été déclaré réserve de biosphère (alliance du développement durable et de la conservation de la biodiversité), par l’Unesco.

D’ailleurs, ce territoire abrite le parc ethno-botanique (étude des relations entre les hommes et les plantes) Omora, ainsi que le parc national terrestre et marin du cap Horn.

La flore en Magellanie, qui correspond à la Patagonie Australe Continentale, à l’archipel de la Terre de Feu, jusqu’au cap Horn, abrite une flore exceptionnelle.

Parmi les plantes caractéristiques de la région on peut observer :

Des arbres : le groupe des Nothofagus, le plus commun, dont le Ñire ou le Lenga font partie.

Des arbustes : le Romerillo ou Mata Negra, qui est couvert de jolies fleurs blanches en été.

Flore du bout du monde cap horn

Des fleurs : l’Orchidée de Magellan, fleur blanche soulignée de vert, très belle mais difficile à apercevoir. La Flor de la Cascada, que l’on trouve souvent près des cascades comme son nom l’indique, forme quant à elle de longues clochettes rouges.

Des fruits : la Frutilia del Diablo, petit fruit rouge et rond, d’un goût plutôt amer, et qui pousse en milieu sombre et humide.

Le milieu naturel de la région du cap Horn est également un sanctuaire animalier.

En explorant la zone, on peut espérer apercevoir le canard vapeur, l’oie commune, le cormoran royal, le manchot papou, le dauphin noir, le dragon de Patagonie et éventuellement l’orque ou la baleine à bosse.

Hôtels et estancias : où se loger dans les environs du Cap Horn?

Notre sélection d’hôtels aux environs du cap Horn :

À Ushuaia

Hôtel Cilene del faro : cet établissement de charme est une étape douillette pour se reposer après les aventures fuégiennes. Doté d’une vue splendide sur le canal Beagle, il propose en outre un spa, une piscine et un sauna.

À Punta Arena, au Chili

Hôtel Cabo de Hornos : un hôtel dont l’architecture traditionnelle et l’élégance sont en harmonie avec le centre historique de la ville. Les chambres sont confortables, spacieuses et bénéficient d’une vue imprenable sur l’énigmatique détroit de Magellan, et sur la grande île de la Terre de Feu.

À Puerto Williams, au Chili

Hôtel Lakutaia Lodge : situé sur l’île Navarin, au nord du cap Horn, cet établissement se trouve dans un lieu considéré comme l’un des plus vierges de la planète par l’ONG Conservation International. Point de départ idéal pour la pratique de la navigation, les visiteurs auront l’occasion de découvrir les fjords du canal Beagle et le mythique cap Horn.

Dans les environs du Cap Horn

Le parc national Cabo de Hornos : créé en avril 1945, cette réserve naturelle couvre un peu plus de 63 000 hectares sur les îles de l’archipel Wollaston, dont le cap Horn fait parti. Cet endroit est le refuge privilégié d’une flore et d’une faune riche et variée. Le parc national se situe à 12 heures environ de navigation de la ville de Puerto Williams, au Chili. Il est accessible également au départ d’Ushuaia en Terre de Feu.

Ushuaia : planté dans une baie entre le canal de Beagle et la montagne, ce village, capitale de la Terre de Feu, se présente comme « la ville du bout du monde ». Son atmosphère est très particulière, notamment sur le port d’où partent les bateaux pour l’Antarctique. Les maisons, dont les toits en tôle ondulée sont peints de toutes les couleurs, font le charme d’Ushuaia. Mieux vaut visiter la ville pendant l’été austral, quand le climat est plus agréable et les nuits plus courtes.

Transport : comment se rendre sur le site du Cap Horn ?

Plusieurs moyens de transport vous emmènent sur le site du cap Horn.

En bateau : c’est la façon la plus simple d’accéder au Cabo del Hornos. En effet, de nombreuses croisières proposent des voyages dans la région, à la découverte de la Patagonie et des glaciers chiliens, de l’Antarctique, du passage du Drake et du cap Horn.

Les bateaux partent d’Ushuaia en Argentine, ou de Puerto Williams et de Punta Arenas au Chili.

Important : vérifiez les dates de départ des croisières au préalable, certaines ne sont pas fréquentes.

En hélicoptère : il est possible également d’atteindre le cap Horn par hélicoptère.

Circuits passant par le Cap Horn

Argentina Excepción propose plusieurs voyages à la découverte de la Patagonie andine, en passant par le site du cap Horn ou à proximité. Voici quelques exemples:

Croisière de Ushuaia à Punta Arenas via le cap Horn : 19 jours exceptionnels avec chauffeur-guide, au cœur de la Patagonie, à la découverte de la Terre de Feu et de ses alentours. Merveilleux et dépaysant, ce tour en Argentine et au Chili capture l’essence même de la beauté de la Patagonie, à travers des paysages et la population du bout du monde.

Circuit exception au Cap Horn

Croisière en Antarctique, Ushuaia, passage de Drake, Shetland Sud : voyage d’exception de 10 jours, à bord d’un bateau de croisière, pour une expérience inoubliable. Ce merveilleux séjour vous permettra d’admirer les paysages uniques et la faune du continent blanc, de visiter la ville du bout du monde, Ushuaia, et de découvrir la vie des pionniers de la Terre de Feu.

Croisière vers les îles Géorgie du Sud et Shetland du Sud : 20 jours de voyage extraordinaire à bord d’un bateau conçu pour la navigation polaire, très confortable. Au cours de ce séjour complet, vous aurez l’occasion de découvrir les îles Malouines, les îles de la Géorgie du Sud, la péninsule Antarctique puis les îles Shetland du Sud. Une aventure intense, à la rencontre des espèces emblématiques de l’Antarctique comme le manchot, la baleine ou le phoque.

Tous nos séjours en Patagonie et en Argentine