Musée du Bicentenaire, Buenos Aires

Musée du Bicentenaire

Le secrétariat de la culture a créé le Musée du Bicentenaire à deux pas de la Casa Rosada, siège du pouvoir présidentiel, pour commémorer le 200e anniversaire de la Révolution de Mai qui marqua l’indépendance de l’Argentine.

Le musée du Bicentenaire retrace l’histoire politique récente du pays, de 1810 à la présidence de Nestor Kirchner. C’est le dernier musée créé par le gouvernement dans la capitale argentine. Après l’avoir financé à hauteur de 17,2 millions d’euros, la présidente Cristina Fernández de Kirchner l’a inauguré lors des fêtes du bicentenaire de la république argentine, en 2011. Le Musée du Bicentenaire est stratégiquement placé, juste derrière la Casa Rosada, au bord de la Plaza de Mayo sur laquelle donnent aussi le Cabildo et la Cathédrale. Il a reçu plus d’1 million de visites dès sa première année d’ouverture.

musee du bicentenaire argentine
																  															  

Le bâtiment est un cube de verre qui surplombe les fondations de l’ancien fort de Buenos Aires. Ses enceintes remontent à la fondation de la ville en 1580, et furent découvertes en 1938 lors d’un chantier d’élargissement de la rue qui longe la Casa Rosada. Une gigantesque galerie souterraine de 5000 mètres carrés permet de remonter le temps, au gré des réussites et vicissitudes des présidents successifs. Autre patrimoine d’importance du lieu, la douane Taylor a eu une existence pour le moins imprévue ; construite de 1855 à 1857, démolie en 1894, recouverte de terre lors de la construction de Puerto Madero au bord du Río de la Plata, remise au jour en 1942 lors d’excavations pour placer des canalisations.

 

Suite à des restaurations, un premier musée y ouvrit en 1957, à 15 mètres de profondeur. Il s’enrichit de la découverte d’autres vestiges du mur et des embrasures de défense du fort en 1970, puis de la cour de manœuvres en 1982. On peut pour la première fois admirer la fresque « Exercice Plastique » peinte en 1933 par le Mexicain David Siqueiros dans une cave de Natalio Botana, le fondateur du journal Critica. Cette œuvre d’art a eu un destin compliqué, lorsque son commanditaire s’est aperçu que son épouse Blanca Luz Brum avait servi de modèle et l’avait trompé avec le peintre.

expositions au musee bicentenaire
																  															  

Les deux derniers siècles de l’histoire argentine sont retracés par une multitude d’objets symboliques, des anciens mécanismes des douanes pour décharger les cargaisons des navires, aux calèches, tableaux, documentaires, ou possessions des présidents qui dirigèrent l’Argentine. On peut nommer le portrait de Juan et Eva Perón par le peintre franco-argentin Numa Ayrinhac, la robe de gala d’Evita, la voiture du second plan quinquennal de Perón, un foulard ensanglanté d’Hebe de Bonafini du mouvement des mères de la Plaza de Mayo… Il s’agit en réalité d’une magistrale leçon d’histoire, à la fois pédagogique et émouvante, qui retrace le pays lors du péronisme, de la dictature, jusqu’à l’ère des Kirchner dite K.