Gilda et Rodrigo, chanteurs argentins disparus en pleine gloire

Gilda et Rodrigo, chanteurs disparus en pleine gloire

Découvrez l’histoire de Gilda et Rodrigo, deux icônes, véritables stars de la chanson fauchés en pleine gloire.

Gilda, l’institutrice ange de la musique tropicale

Elle a un surnom de star, Gilda, en hommage à Rita Hayworth, que sa mère admire. Mais Miriam Alejandra Bianchi naît en 1961 dans une famille modeste de Buenos Aires et sa vie commence sagement : elle se marie à 18 ans, devient institutrice. Aux fêtes de l’école, elle peut exprimer sa passion, monter sur scène pour chanter. Son destin bascule quand elle a 29 ans : elle retrouve un ami d’enfance, Toti Giménez, qui joue avec Ricky Maravilla, star de la musique tropicale.

Séduit par la chanteuse et la femme, il lance sa carrière. Pas facile au début, les producteurs refusent cette petite brune, la jugeant trop commune. C’est pourtant sa simplicité qui fera son succès. Le public s’identifie à Gilda, la suit dans ses tournées, autant pour son charisme que pour son talent. Certains de ses fans lui attribuent même des pouvoirs, tentent de l’approcher et de la toucher pour obtenir des miracles.

Gilda
																  															  

Le 7 septembre 1996, elle est victime d’un accident de la route dans l’Entre Ríos. Elle y perd la vie, ainsi que sa mère et sa fille. Elle allait avoir 35 ans. Plus de dix ans plus tard, au funérarium du cimetière de la Chacarita, à Buenos Aires, les fleurs qui ornent sa tombe sont toujours fraîches. Elle est recouverte de plaques et petits mots: « Merci de m’avoir aidé à trouver du travail « ; « Merci pour notre amour »; « Merci d’avoir réalisé le miracle »

Au kilomètre 129 de la Route 12, lieu de l’accident, les offrandes sont innombrables, les pèlerinages constants. Pour ces admirateurs-là, Gilda est une sainte. Il existe même un livre avec des prières et des rituels pour s’adresser à elle, selon ce qu’on a à demander : l’amour, la santé, le travail, le bonheur, ou pour se protéger du mauvais sort, du mal, de la jalousie, des conflits etc. On peut acheter des objets à l’image de « sainte Gilda », « l’ange de la musique tropicale ». Mais personne n’a jamais su ce qui avait poussé ses fans à devenir des dévots.

El Potro Rodrigo, l’idole du cuarteto

Rodrigo Alejandro Bueno est né à Córdoba en 1973 dans une famille fan de cuarteto, la musique locale née dans les années 1940 et devenue populaire dans les années 1960. Rodrigo commence à chanter dans les bals de cuarteto à l’âge de 11 ans et écrit sa première chanson à 15 ans.

Il s’installe à Buenos Aires, à la recherche d’un meilleur tremplin pour sa carrière, fait des détours par la salsa et le merengue. Il enregistre plusieurs disques et conquiert la capitale au milieu des années 1990.

El Potro Rodrigo
																  															  

En 1999, il remplit plusieurs soirs le Luna Park de Buenos Aires, fait la une des magazines. En quelques mois, le beau gosse rebelle devient riche et célèbre. Pour quelques mois seulement.

En juin 2000, il meurt dans un accident de la route entre La Plata et Buenos Aires, en pleine gloire, partagent le même destin tragique que Gilda, quatre ans plus tard. Le lieu de l’accident est devenu un sanctuaire avec une grande croix et d’innombrables objets de culte. Les fans viennent s’y recueillir et demander de l’aide au Potro Rodrigo, nouveau saint populaire et médiatique.