Mercedes Sosa

Mercedes Sosa

La voix de l’Amérique Latine

Mercedes Sosa - CC Wikimédia
																															

Descendante des indiens Diaguitas et fervente militante de la cause amérindienne, Mercedes Sosa est originaire du Nord-Ouest argentin. Elle est née à Tucuman en 1935 dans une famille modeste de la classe ouvrière.

Elle débute sa carrière de chanteuse folklorique alors qu’elle n’est encore qu’une adolescente, mais son premier album de chansons populaires argentines, La Voz de la Zafra (La Voix de la récolte), ne sort qu’en 1962. Cet album est considéré comme le précurseur du mouvement Nuevo Cancionero. Initié en Argentine, celui-ci se répandit dans toute l’Amérique latine dans le but de préserver les valeurs de la musique folklorique et populaire du continent.

Membre actif du Parti Communiste argentin depuis 1960 et suite à sa performance au célèbre festival de Cosquín en 1965, Mercedes Sosa associe définitivement ses revendications politiques à son projet artistique pour devenir, avec ses compatriotes argentins Jorge Cafrune et Atahualpa Yupanqui, l’un des porte-parole de la lutte contre l’injustice sociale et la discrimination des peuples autochtones.

																  															  

Conformément à son orientation politique plusieurs disques au contenu engagé sortiront comme Yo no canto por cantar (1966), El grito de la tierra (1970), Cantata Sudamericana (1971), Hasta la victoria (1972) ou encore Traigo un pueblo en mi voz (1973). Un engagement politique qui lui a valu l’interdiction à la vente de ses albums durant les années de la dictature militaire en Argentine (1976-1983). Entre 1979 et 1982, comme beaucoup d’artistes, la Negra Sosa s’exile en Europe, d’abord à Paris, puis à Madrid.

Les années 1980 marquent un tournant dans sa carrière. Elle varie les genres musicaux ; tango, jazz et rock viennent enrichir son folklore. De cette période on retiendra plusieurs albums significatifs : Mercedes Sosa en Argentina, un enregistrement live à l’Opéra de Buenos Aires réalisé après son retour en 1982, Como un pájaro libre (1983), ¿Sería posible el Sur? (1984), De mí (1991), Alta fidelidad (1997) et Misa criolla (1999).

Mercedes Sosa
																															

Tout au long de sa vie Mercedes Sosa n’a jamais cessé de se battre pour faire entendre la voix des peuples amérindiens, ce qui lui a valu le surnom de « Voix de l’Amérique ». À ce combat s’est ajouté un engagement dans la lutte pour la préservation de l’environnement durant ses dernières années.

Honorée de nombreux prix, elle a notamment reçu le Grammy Latino et le Gardel. Elle a par ailleurs été nommée Ambassadrice de la bonne volonté de l’UNESCO en 2008.

Son dernier enregistrement en 2009 s’intitule Cantora : un viaje íntimo (2009), un album de 34 chansons en duo avec de nombreux autres artistes latino-américains. La même année, Mercedes Sosa s’est éteint à Buenos Aires, le 4 octobre.