Darwin et son épopée en Patagonie

Charles Darwin et son épopée en Patagonie

Né en 1809 au sein d’une famille anglaise prospère et cultivée, Charles Darwin a marqué le monde de la biologie. Par la suite, il va devenir un naturaliste de renom dont les travaux sur l’évolution des espèces vivantes ont révolutionné la science.

Portrait de DARWIN
																															

Son histoire

Né en 1809 au sein d´une famille anglaise prospère et cultivée, Charles Darwin a marqué le monde de la biologie. Tout au long de son enfance, il développe déjà une grande curiosité à l’égard de la nature. Par la suite, il va devenir un naturaliste de renom dont les travaux sur l’évolution des espèces vivantes ont révolutionné la science.

Fils d’un père médecin, c´est tout naturellement que Charles Darwin se tourne vers des études de médecine. Pourtant, il décide au bout d’un an de les arrêter en raison de sa trop grande sensibilité : il est outré par les pratiques chirurgicales de l’époque. Il conserve cependant un fort intérêt envers la nature, la biologie et la géologie.

Beagle - Patagonie - Argentine
																  															  

Influences

Un voyage va par la suite déterminer la suite de son histoire. Sous l’influence de ses enseignants, le géologue Adam Sedgwick et le professeur John Henslow, Darwin va développer ses passions autour de tout ce qui a trait au naturalisme : observation et découverte des plantes ou comparaison d’espèces, le jeune homme ne manque pas une occasion de recueillir des échantillons.

Aussi, John Henslow, qui voit en lui un potentiel énorme, tente de convaincre le capitaine du navire Beagle d’accepter le jeune homme à bord, afin qu’il élargisse ses recherches à l’échelle planétaire. Robert Fitz Roy, le capitaine du navire, accepte ; il recherche d´ailleurs un compagnon de route alliant compétences techniques et intellectuelles pour effectuer ce long trajet des plus périlleux.

En effet, Charles Darwin a le profil idéal : récemment diplômé de l’Université de Cambridge, il veut visiter les tropiques avant de s’établir comme membre du clergé rural.

Iguane en Amazonie
																															

Le tour du monde sur le Beagle

En 1831, le voila enfin sur le départ. Pendant cinq ans, il va découvrir les îles du Cap Vert, puis suivre les côtes d´une grande partie de l’Amérique du Sud, jusqu’à rejoindre l’océan Pacifique. Enfin il rejoindra l’Océanie pour revenir dans son pays natal, l’Angleterre.

Après un premier arrêt au Cap Vert, le navire se dirige vers le Brésil, où Darwin semble d’emblée subjugué par la luxuriance de la forêt amazonienne. Il y découvre une diversité de plantes qu’il s’empresse d’analyser et de récolter afin de mieux comprendre son nouvel environnement. Mais il est révolté par la condition des noirs rencontrés en ville et de la façon cruelle dont ils sont traités.

Après une escale à Rio de Janeiro puis à Montevideo, capitale de l’Uruguay, le navire commence l’exploration des côtes de l’Atlantique Ouest. Dans les terres, il découvre des animaux encore inconnus: rongeurs aveugles, cochons d’eau énormes, cerfs, oiseaux moqueurs, gigantesques crapauds, charognards, lézards-serpents, perdrix, pumas, lamas… Darwin est fasciné par cette diversité et se pose nombre de questions : en a-t-il  toujours été ainsi ? Y a-t-il des espèces qui ont disparu ? Comment les espèces s’adaptent-elles à un tel environnement ? Qu’est-ce qui distingue les animaux d’une même espèce ?

Gaucho - Argentine
																  															  

Il fait aussi la connaissance des gauchos, ces fermiers locaux maniant le lasso à merveille et menant à cheval d’immenses troupeaux de bétail à travers les pampas. Il partage avec eux des repas exotiques et originaux et apprécie également le sentiment de totale liberté que cette vie procure. Sa prochaine étape est Buenos Aires. Darwin observe cette superbe ville aux allures européennes et profite des instants culturels comme le théâtre. Le 27 novembre 1832, le navire continue sa route vers la prochaine étape de son voyage, la Terre de Feu.

Le mont Fitz roy - Patagonie - Argentine
																															

L´étape de la Patagonie

Le climat est bien plus rude et agité lorsque le Beagle s’engage vers le sud et sillonne les côtes des nombreuses îles de la Terre de Feu. Une succession de tempêtes s’abattent sur le navire ; l’une d’elles les contraint d’ailleurs à gagner à la hâte le petit port de Wigwam Cove près du Cap Horn.

Plus tard, le navire rejoint l’embouchure du río Santa Cruz sur la côte Argentine. Robert Fitz Roy et Darwin décident de remonter avec trois navires et une vingtaine d´hommes le fleuve jusqu’au Lago Viedma, en Patagonie. Ils y découvrent au loin le sommet du Chaltén, qui prendra par la suite le nom du mont Fitz Roy. Pourtant, le courant est si rapide dans ces eaux-là que les hommes ne peuvent pas se maintenir longuement à un même endroit. Les navires redescendent donc le fleuve pour rejoindre le Beagle. Ils parviennent à l’embouchure orientale du détroit de Magellan reliant Atlantique et Pacifique ; le voilier se jette alors dans l’océan Pacifique !

Le voyage se poursuit alors du côté Pacifique. Sur la côte Chilienne, Darwin découvre des fossiles de mammifères géants disparus, inclus dans des couches de coquillages marins récents, ce qui indique une extinction récente sans pour autant révéler de traces de catastrophe ou de changement climatique. Il continue d’envoyer régulièrement en Angleterre des espèces animales et végétales en espérant que ses collègues à des milliers de kilomètres s’y intéressent autant que lui ! Le navire vogue ensuite pendant près de trois ans du côté des îles PacifiquesChiloé, Galapagos et Tahiti ; puis le Beagle traverse l’océan Indien en passant par les îles Cocos et l’île Maurice.

Après avoir fait un tour du globe complet en passant par l’Afrique du Sud, le 23 juillet 1836, le capitaine Fitz Roy décide de retourner à Bahia afin de compléter des observations faites au début du périple. Bien que cela déconcerte certains membres de l’équipage qui souhaitent regagner l´Angleterre, Darwin se fait au contraire une joie de revoir une dernière fois la beauté de la nature tropicale. L’équipage amorce son retour définitif vers l’Angleterre le 19 août, après deux brèves escales aux archipels du Cap Vert et des Açores.

À son retour, le 2 octobre 1836, Charles Darwin possède alors une quantité pharaonique d’informations, d’observations et de spécimens sur lesquels il ne tardera pas à se pencher plus sérieusement. Il s’installe un court moment à Londres, où il se marie en janvier 1839. Quelques années plus tard, il choisit d’aller vivre dans un petit village du Kent afin d’étudier de plus près ce qui l’intéresse depuis toujours : l’évolution de l’espèce.

Ouvrage: L'origine des especes
																  															  

La théorie de Darwin ou le Darwinisme

Il constate ceci : la terre a été peu à peu colonisée par les plantes, des organismes unicellulaires qui, de mutations en mutations, ont évolué vers des êtres plus complexes : les animaux (dont l’homme).
L’évolution des espèces se fait par sélection naturelle, c´est-à-dire que ce sont les animaux les plus adaptés à leur milieu qui survivent. Ce sont donc eux qui auront le plus de chance de se reproduire, et donc de transmettre leurs gènes.
En exposant le mécanisme par lequel les espèces évoluent en s’adaptant à leur milieu, Darwin remet en cause le dogme religieux de la Création. Soutenu par d’autres naturalistes comme Alfred Wallace, il décide de publier un livre qui, officialisant l’émergence d’une nouvelle théorie en sciences naturelles, va provoquer une grande polémique.

L’Origine des Espèces est donc publié en 1859. Dieu n’est plus l’origine de l’adéquation parfaite des espèces à leur milieu : c’est l’évolution par la sélection naturelle au fil du temps qui explique l’adaptation à un environnement donné. La nature, par sa rigueur, sélectionne les plus aptes à survivre.

Jusqu’à sa mort, en avril 1882, Darwin cherchera toujours à approfondir ses conceptions. Ce grand homme laisse ainsi dans son sillage tous les éléments de base des théories modernes évolutionnistes.