Juan Manuel Fangio, l'as du volant argentin

Juan Manuel Fangio, l’as du volant argentin

Fangio a placé le sport argentin à un niveau inégalé : le pilote automobile des années 1950 reste invincible.

Juan Manuel Fangio
																															

Avec Maradona au foot, Fangio a placé le sport argentin à un niveau inégalé. Le pilote automobile a eu ses heures de gloire dans les années 1950 et pourtant il reste invincible.

Juan Manuel Fangio est né en juin 1911 à Balcarce, province de Buenos Aires, dans une modeste famille d’immigrants italiens. Adolescent, il travaille dans un atelier de mécanique et découvre les automobiles, une invention encore récente qui le passionne. A 21 ans, il monte son propre garage avec l’aide de son père et de quelques amis. En 1936, à 25 ans, Fangio dispute sa première course non officielle comme pilote au volant d’une Ford A de 1929.

Statue de Fangio à Puerto Madero
																  															  

Première course officielle trois ans plus tard à Necochea, à bord d’une Ford 34: il finit cinquième. Son premier triomphe arrive en 1940 sur une incroyable course: le Grand Prix international du Nord, 9.445 km de parcours de Buenos Aires à Lima en passant par La Paz, aller-retour. Avec une Chevrolet, il passe deux fois la cordillère des Andes, en deux semaines, sur des pistes plus que des routes. Seulement 32 des 92 voitures inscrites au départ terminèrent le rallye, gagné par Fangio.

Le pilote argentin fait son entrée sur les circuits internationaux en 1949, avec le soutien du gouvernement de Perón, amateur de courses. Il y montre tout de suite ses talents et est engagé par l’écurie Alfa Romeo pour la saison 1950, aux côtés des Italiens Farina et Fagioli, pour participer au premier championnat du monde de Formule 1 de l’histoire. Fangio remporte son premier Grand prix à Monaco et s’impose comme vice-champion du monde.

Voitures de courses de Fangio Automobile Club Argentin
																															

Le titre mondial est pour l’année suivante après un duel avec l’écurie Ferrari. Victime d’un très grave accident sur le circuit de Monza en 1952, il doit abandonner la compétition pour toute la saison. Il fait un retour en 1953 et termine deuxième au championnat mondial.

A partir de 1954, Fangio aligne quatre titres consécutifs de champion du monde des pilotes de Formule 1, à plus de 40 ans. En 1958, à l’âge de 47 ans, Fangio, quintuple champion du monde, décide de mettre un terme à sa carrière après un dernier Grand Prix, celui de France. Sur 51 Grands Prix disputés au cours de sa carrière, l’Argentin en a gagné 24, la meilleure moyenne jusqu’à ce jour, devant l’Italien Alberto Ascari et l’Allemand Michael Schumacher.

Oscar Alfredo Gálvez La Recoleta
																  															  

Retraité des circuits, Fangio s’est ensuite consacré à ses affaires, et a enfin trouvé le temps de passer… le permis de conduire, en 1961 ! Il est décédé en 1995 à l’âge de 84 ans. Le gouvernement argentin salua son héros par trois jours de deuil national.

Il a fait don de ses trophées et souvenirs qui sont exposés dans un musée de sa ville natale, Balcarce. A Buenos Aires, dans le quartier de Puerto Madero, une statue grandeur nature de Fangio avec une de ses voitures a été inaugurée en 2005 devant l’immeuble de DaimlerChrysler. Fangio est aussi passé à la postérité dans une expression française employée par les Français et les Belges: « se prendre pour Fangio », qui signifie rouler (trop) vite, de manière sportive.

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Un site en hommage à Fangio.