Le Musée de la Pachamama à Amaicha del Valle, dans le Nord-Ouest Argentin

Situé à plus de 2000 m d’altitude dans les vallées Calchaquíes, Amaicha del Valle est un charmant village de la province de Tucumán, où la plupart des 2000 habitants sont indiens. C’est ici, à 180 km de la ville de Tucumán, que l’artiste plasticien Héctor Cruz, originaire de la région, a construit le musée de la Pachamama, un espace entièrement dédié à la déesse indienne de la Terre.

Ouvert en 1996, ce musée s’organise comme une citadelle sacrée d’époque. Il représente un autel à la Terre Mère (Pachamama en Aymara et Quechua), cette divinité associée à la vie, aux semences, et placée au centre de la cosmovisión et des mythologies des peuples autochtones de la région.

Musée Amaicha, Tucuman

Les peuples andins affirment leur dévouement à la Pachamama tout au long de l’année, à diverses occasions : au moment des semences, des récoltes, du carnaval de la toussaint. Au mois d’août, lorsque celle-ci s’apprête à donner la vie, il est de coutume de lui rendre hommage en signe de remerciement pour les récoltes passées et à venir.

Les communautés vénérant la Pachamama partagent un sentiment d’appartenance à la Terre et non l’inverse, et sont conscients de l’importance de cohabiter pacifiquement avec les autres enfants de la Pachamama, à savoir les animaux, les plantes et les éléments. Si la divinisation de la Terre semble dater de plusieurs millénaires, le culte de la Pachamama serait apparu entre le Ve et le XIe siècle, soit durant le règne de la civilisation Tiwanaku. La Terre Mère est au centre de la cosmovisión de nombreuses ethnies amérindiennes de l’Equateur, de la Bolivie, du Pérou, du Chili et de l’Argentine. Deux autres divinités jouent un rôle important dans cette cosmovisión : le Soleil (Inti Raymi) et la Lune (Quilla).

Les différentes salles d’exposition s’étendent sur 10 000 m². Les œuvres exposées dans le musée s’accordent parfaitement avec le cadre naturel somptueux offert par les collines ocres des vallées, et ont été inspirées par l’imaginaire artistique des cultures autochtones.

À l’entrée de l’enceinte, les visiteurs sont accueillis par des guerriers de fer. L’ensemble des patios, terrasses, sols et murs sont envahis par ces guerriers mythiques, par des symboles mythologiques et autres dieux millénaires. À l’extérieur, les cactus se mélangent aux sculptures.

Musée de la Pachamama, Amaicha

La salle de géologie apporte une description détaillée de la formation géologique des vallées Calchaquíes, à l’aide de photos satellites, d’échantillons de minéraux, de carte des emplacements des gisements minéraux et d’une réplique de galerie minière.

La salle d’anthropologie donne à voir une réplique de logement typique indigène, des vêtements, objets de la vie quotidienne, instruments de musiques et céramiques. La pièce comprend également une importante exposition de répliques préhistoriques de suplicantes de la culture Alamito, décrits comme des pensées matérialisées en sculptures abstraites, ainsi que des dioramas consacrés à la faune et la flore locales.

Plus loin, des expositions de peintures, sculptures et tapisseries évoquent des motifs religieux, culturels et sociaux des différentes tribus qui ont peuplées les vallées Calchaquíes.

Selon son fondateur Héctor Cruz, l’objet de ce musée est la revalorisation des terres des indigènes et leur permet de se réapproprier un territoire enlevé lors de la colonisation. Le musée de la Pachamama joue un rôle de souvenir vivant et fait désormais parti du patrimoine des communautés indiennes.