L’Avenue Corrientes : rencontre entre vie nocturne et culturelle

Avec ses nombreux spectacles et cinémas, l’avenue Corrientes est à Buenos Aires ce que Broadway est à New York.

La rue qui ne dort jamais

L’Avenue Corrientes s’étend sur 69 cuadras (blocs d’édifices compris entre deux rues) et pas moins de 5 quartiers; elle traverse Buenos Aires de part en part, depuis Puerto Madero jusqu’au cimetière de Chacarita. Elle dessert de très nombreux théâtres, cinémas, librairies, commerces, cafés et restaurants. Sans cesse tourbillonnante d’activités, elle offre un véritable parcours culturel divertissant et animé. La parcourir à ces heures où elle palpite comme une artère est le meilleur moyen de s’imprégner de l’ambiance festive de Buenos Aires. Les sorties constituent un véritable rituel emblématique des soirées portègnes : un verre au bar, puis une œuvre au théâtre, avant de terminer avec une authentique mozzarella au comptoir d’un pizzeria.

L’architecture n’est pas en reste, avec l’édifice Safico au numéro 400, qui abrite les agences de presse étrangère et donne sur la Plazoleta San Nicolás où se croisent les employés du quartier financier. Juste à l’angle, on remarque aussi la belle horloge dorée ornée des signes du zodiaque de l’édifice Transradio Internacional. A l’angle avec la rue commerçante Florida, le palais néogothique de la famille Elortondo Alvear est aujourd’hui occupé par un Burger King.

Du tango des années 30 aux music halls actuels

Cet axe de communication est un berceau du tango, à qui il emprunte les rythmes, les accents et les couleurs. C’est sur cette avenue, dans le quartier d’Abasto, que Carlos Gardel a fait ses débuts en 1933. Certains cafés de l’avenue, comme La Giralda, el Estaño et el Gato Negro, conservent une décoration d’époque, plongeant le visiteur au temps fastueux des milongas.

Les devantures lumineuses en enfilade des cinémas et théâtres sont toutefois plus flagrant. L’avenue a compté jusqu’à 25 théâtres entre l’obélisque et l’avenue Callao. On peut citer aujourd’hui le Broadway, l’Arteplex, le Lola Membrives, le Multiteatro, le Metropolitan, le cinéma Lorca, le ciné théâtre Premier, le centre culturel San Martín, le Picadilly, le centre culturel de la Coopération, l’Astral, le Presidente Alvear et le complexe de salles de spectacle du Paseo La Plaza.

Il est impossible de passer à côté des nombreuses salles de music hall et de comédie grand public.  De l’autre côté de l’obélisque, les édifices les plus prestigieux sont le Teatro Nacional qui a accueilli le premier récita de Gardel au numero 960, l’Opera Allianz au 860 en face du Gran Rex et au 857,  le Tabaris au 831. Au bout de l’avenue, la salle de concert Luna Park, dont l’entrée principale est 420 avenue Madero, aurait vu la rencontre entre Eva Duarte et son futur mari Peron.

Le paradis des bibliophiles

Les librairies de seconde main font également la popularité de cet axe culturel avec leurs livres d’occasion, et parfois de collection. Un lieu apprécié des amoureux de la littérature qui pourront se délecter de la lecture d’un grand classique dans l’effervescence de Corrientes. Une fois par an est organisée sur l’Avenue Corrientes la Noche de las Librerias, où celles-ci restent ouvertes jusqu’à tard dans la nuit et proposent différents programmes d’animation culturelle.

Où se restaurer

Plusieurs adresses peuvent prétendre au titre très convoité de pizzeria la plus populaire de Buenos Aires, parmi les quelques 752 concurrentes de la capitale qui vendent en tout 39.000 pizzas par jour! Guerrin (Corrientes 1368) fascine par ses divers espaces, des comptoirs en marbre où l’on dévore debout sa part dégoulinante muzarella au restaurant plus intimiste tout au fond derrière les cuisines. Los Inmortales, tout aussi historique, se dresse en face au 1369.

Banchero (à l’angle de Corrientes et Talcahuano) a été ouverte par l’historique institution de la rue Suarez de La Boca, où un immigrant génois du même nom a inventé en 1893 la fugazza au fromage à base d’oignon et de mozarella, devenu un hit porteño. Un peu plus loin hors de l’avenue, Le Cuartito (Talcahuano 937) enfin a su garder son atmosphère de cantine de quartier après 80 ans d’existence; c’est entre maillots de football et serveurs à l’ancienne que vous savourerez parmi les plus savoureuses fugazzetas, dans une chaleureuse ambiance. S’il reste une petite faim, les glaces d’ El Vesuvio (au 1181 de l’avenue) sont une tradition.