La Réserve écologique : un havre de paix au vert

La nature a fait valoir ses droits sur un bout de terre laissé à l’abandon que la ville a su protéger intelligemment.

Une nouvelle terre émergée du rio

Située sur la Costanera Sur dans le quartier de Puerto Madero, la réserve écologique mord sur le río de la Plata. Ses 350 hectares sont en effet à l’origine artificiellement constitués par les décombres de démolitions réalisées par la ville dans les années 1970 et 1980 pour la construction d’autoroutes. Suite à l’abandon du projet pharaonique d’urbanisation de cette nouvelle zone immergée, l’immense terrain est laissé pendant des décennies à l’abandon et utilisé comme décharge publique.

De la décharge au paradis naturel

Au cours de ces années d’abandon, la nature a repris l’avantage sur ce bout de terre. Un bel écosystème se développe de façon spectaculaire, qui vient clore le couloir migratoire depuis le Brésil jusqu’en Uruguay. Il joue un vrai rôle dans la préservation des oiseaux migrateurs et obtient le statut de site Ramsar (traité international pour la conservation et l’utilisation durable des zones humides).  Ce sont pas moins de 250 espèces d’oiseaux qui sont recensés. On trouve une richesse incroyable autant en faune qu’en flore : des bois de saules et d’acacias, 50 sortes de papillons, 23 de reptiles, 10 de mammifères, 9 d’amphibiens…

Un lieu de bien être et de loisirs

La réserve Écologique de Buenos Aires est accessible gratuitement tout au long de l’année. Elle a deux entrées respectivement situées au sud et au nord de l’avenue Costanera Sur. Il est très agréable de longer les trois lagunes : la Laguna de los Coipos (ragondins), de los Patos (canards) et de las Gaviotas (goélands). Les porteños aiment s’y promener, se reposer en buvant un maté ou y faire de l’exercice. Des associations comme la Coarecs (Club de Observadores de Aves de la Reserva Ecológica Costanera Sur) organisent régulièrement des recensements d’oiseaux, qui sont l’occasion de prendre le temps de les observer, apprendre à les reconnaître et les prendre en photo. Quelque soit l’activité choisie, cet espace est une vraie parenthèse de calme qui permet de se ressourcer avant de revenir à la vie urbaine.