L'Artisanat gaucho en Argentine

L’Artisanat gaucho en Argentine

L’artisanat gaucho tourne essentiellement autour de l’alpaca, alliage travaillé de manière très fine notamment pour les bijous ou les accessoires de cavaliers, et le fameux cuir argentin.

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L'alpaca gaucho

Très répandu en Amérique latine et central, l’alpaca est un alliage de cuivre, de nickel et de zinc. Il est aussi appelé « nouvel argent » ou « argent de nickel » en raison de son aspect argenté, mais ne contient aucune particule d’argent, ce qui est source de nombreuses confusions et escroqueries. L’alpaca est notamment très utilisé par les artisans argentins qui profitent de ses qualités de robustesse et de facilité à graver pour confectionner de nombreux ornements gauchos; étriers, éperons, boucles de ceinturons ou matés finement ouvragés, tout le patrimoine traditionnel gaucho est prétexte à de véritable prouesse d’orfèvrerie.

atelier orfevevre san antonio de areco
																  															  

L’alpaca fut d’accord connu en Chine sous le nom de paktong et servait de substitut à l’argent pur ou sterling silver. Dès 1770, les métallurgistes allemands Suhl fabriquaient un alliage similaire. Le nom d’Alpacca fut d’ailleurs enregistré comme marque déposée par l’industriel allemand Berndorf. L’alapaca a de nombreux noms, qui dependent de la teneur en cuivre de son alliage. Par exemple, les inventeurs français Maillet et Chorier le baptisèrent maillechort en 1819. La qualité de l’alpaca dépend totalement du dosage des métaux qui le constituent. Un bon alliage comprend au moins 55% à 70% de cuivre, 13 à 25% de nickel, et 13 à 25% de zinc.

boucle gauchos en alpaca argentine
																															

C’est avec l’invention de l’ électrodéposition en 1840 qu’il se généralisa, idéal pour être recouvert d’un plaquage de métal précieux. Peu souple pour être usiné à haute température, l’alapaca peut être corrigé par l’ajout de plomb. Mais si cet alliage n’est pas bien dosé, l’alpaca deviant très fragile et cassant. Très résistant à l’érosion et bon conducteur, l’alpaca a de nombreux usages dans le secteur des telecommunications, de l’architecture , des instruments de musique ou chirurgicaux, de la plomberie et de l’électricité, et la tuyauterie marine ou de chauffage.

harnachement en alpaca argentine
																  															  

Aussi dur et résistant que le nickel, il a le brillant de l’argent. C’est un alliage facile à travailler à froid et à souder, et donc fréquemment utilisé pour la confection de bijoux fantaisie. Un de ses inconvénients majeurs pour cet usage est sa teneur en nickel, qui est un allergène naturel. Tissé en chaînes de colliers ou bracelets, modelé pour sertir perles et pierres semi précieuses, l’alpaca est particulièrement apprécié en Amérique latine.

Couteaux en alpaca
																															

Les ferias d’Argentine proposent divers bijoux et menus objets d’alapaca; sorte de calebasse et bombilla pour boire le traditionnel maté, portes clés souvenirs de son équipe de football préférée à Buenos Aires, ou petites cuillères finement ouvragées pour une naissance, il y en a pour toutes les occasions et tous les goûts. De nombreuses statues religieuses et indigènes sont d’ailleurs réalisées dans ce métal au coût moins exorbitant que l’argent ou l’or. L’alpaca est le matériau utilisé pour les couverts de table frappés de l’estampille E.P.N.S. (Argent Plaqué De Nickel). Il servait aussi pour frapper la monnaie dans de nombreux pays, comme le mark de RDA et l’Escudo portugais.

Le cuir gaucho

La production argentine de cuir est réputée pour sa qualité, l’une des meilleures au monde. On peut expliquer cette position privilégiée par l’importance du cheptel bovin argentin. La tradition d’artisanat argentin du cuir, née en même que le pays lui-même, a eu le temps de s’affiner et s’enrichir avec les années.

harnachement de cuir gaucho argentine
																  															  

Le talent des créateurs argentins s’exprime notamment dans le CEMCA, rencontre argentine de référence depuis 30 ans. L’événement réunit deux fois par an plus d’une centaine d’exposants au Parque Norte de Buenos Aires, et y présente les collections automne-hiver, et printemps- été, ainsi quelles nouvelles tendances de la maroquinerie; sacs à main ou de voyage, vêtements, bottes, ceintures, tapis, tout est décliné à l’envie. Il est possible de trouver de beaux articles de cuir accessibles dans les diverses ferias de Buenos Aires et ses environs, notamment celle de Mataderos le dimanche ou dans les magasins gauchos de la capitale.

																															

Née dans les grandes prairies du campo argentin, la maroquinerie est un artisanat resté très traditionnel. Le travail du cuir a en effet pris ses lettres de noblesse sous les doigts experts d’artisans de la province de Buenos Aires, qui ont transmis leur savoir faire unique de génération en génération. Le raffinement d’un travail de maroquinerie tient au traitement du cuir et à sa façon, découpée, gravée, tressée ou assemblée avec des parures métalliques plus ou moins précieuses. Cette longue tradition puise sa force dans des origines qui remontent à des temps immémoriaux, bercés par les mythes des gauchos.

D’abord consacrée à la rude vie des champs, la maroquinerie se dit « talabartería » en castellano, du mot « talabarte », ou ceinturon en cuir. Cette ceinture était en effet une des composantes en cuir essentielles de l’attirail du gaucho, puisqu’elle lui permettait de garder toujours à portée de main son « facon », ou couteau inséparable.

Et aussi
Argentina Excepción propose plusieurs séjours dans des estancias argentines, pour partager la vie des gauchos.