Buenos Aires, capitale du street-art

Les murs de la capitale, en perpétuel changement, se parent de graffitis et autres peintures, œuvres de plusieurs artistes de rue.

 

Barracas, friches industrielles et street-art

Barracas, friches industrielles et street-art
Les murs de la capitale argentine, en perpétuel changement, se parent de graffitis, œuvres d’artistes de rue ; des talents en train d’éclore côtoient des peintres graffeurs de renommée internationale. Le street art est un nom générique qui concerne tout geste artistique réalisé dans la rue. Cette forme d’expression artistique s’est développée internationalement dans les années 90, notamment avec l’émergence d’artistes comme Shepard Fairey aux États-Unis, ou du mystérieux Banksy en Grande-Bretagne.

Palermo, collage et graffitis
Les modes d’expressions sont aussi divers que les supports employés : graffiti, pochoir, mosaïque, stickers, affichage, peinture au pinceau ou au rouleau, tape art au ruban adhésif, sérigraphie, collage, photographie, montage vidéo, installations ou même yarn bombing, c’est-à-dire tricot coloré sur les arbres ou le mobilier de l’espace public. La définition la plus juste pourrait être : art éphémère dans la vie quotidienne du grand public. Le graffeur est celui qui « tague son blaze », c’est-à-dire peint à répétition une même signature à l’aérosol. Le street-art concerne un travail visuel plus varié et élaboré, qui s’approprie et questionne l’espace public.

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La politique vue par le street-art

La politique vue par le street-art

Dans tous les barrios, le promeneur peut lire sur les murs de Buenos Aires les cicatrices et les ornements laissés par l’histoire au gré des années ; soutiens et protestations s’élèvent silencieusement et sans souci de la chronologie face à dictature, péronisme, faillite économique de 2001, partie de football ou kirchnérisme. Le mouvement s’est renforcé lors de la crise économique de 2001. Un peu partout fleurissaient des graffitis, avec le slogan «que se vayan todos» (qu’ils s’en aillent tous).

Des artistes commeTec, Defi ou encore Tester ont donné une dimension plus culturelle à la contestation en se lançant dans de véritables fresques sur les murs de la capitale ; œuvres souvent éphémères, mais accessibles à tous les passants. Depuis cette période mouvementée, le street art s’est imposé comme un élément identitaire de la ville. De nombreuses peintures apparaissent sur les façades et sur les murs, notamment dans les quartiers de Villa Crespo, Palermo et Colegiales. Du côté de Montserrat, au coin de la rue Perú et de l’avenue Belgrano, trône une caricature du Gauchito Gil, le célèbre saint profane argentin.

 

Street-art à Palermo, l’art caméléon

Street Art Palermo

Le street art est souvent éphémère, parfois à la limite de la légalité. Il est d’ailleurs révélateur que Google ait choisi Buenos Aires aux côtés de Paris pour lancer son « Street Art Project« , une plateforme digitale qui permet de partager les oeuvres d’art urbain du monde entier. La visée de ce projet international est de faciliter l’accès à des œuvres intransportables, puisqu’elles se fondent dans la ville. L’association argentine partenaire Graffiti Mundo y voit aussi l’occasion de préserver la mémoire de street art, puisqu’exposées par définition, ces oeuvres disparaissent régulièrement sous la peinture des mairies, propriétaires des murs, ou même des artistes de la génération suivante.

Street art à Palermo, l'art caméléon

Les pouvoirs publics s’emparent aussi de ces pratiques qui permettent une très large diffusion de messages, et il n’est pas rare que la présidence de la nation ou un candidat politique finance des peintres de rue pour barbouiller les murs de la ville de leurs slogans, avec plus ou moins de style. La compagnie qui gère les metros à Buenos Aires a invité un collectif de 15 artistes pour intervenir sur les stations de la ligne B entre Alem et Federico Lacroze. Federico Bacher a travaillé durant 15 nuits pour réaliser la première œuvre intitulée « forêt souterraine », en couvrant les sols et les murs de la station Dorrego de couleurs automnales. Le mobilier urbain de la station (bancs, poubelles, panneaux ou encore colonnes) est assorti à ce thème artistique. Claudio Baldrich s’occupe de couvrir des ses paysages et personnages colorés en mouvement les 45 mètres de quais et couloirs souterrains de la station Uruguay.

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Fresques murales à Barracas

Mosaïques, quartier Barracas
Buenos Aires est devenu un terreau pour les artistes urbains de tous horizons, sans doute attirés par la permissivité de la loi : celle-ci réprime rarement les artistes de rue, à la différence de beaucoup de pays d’Europe. L’immense quantité de murs encore vierges, les propriétaires qui donnent carte blanche aux artistes graffeurs et les subventions gouvernementales pour des fresques sur certains lieux publics sont autant d’ingrédient du succès de la scène urbaine portègne. On ne compte plus les artistes européens venus profiter de cette liberté de créer : Roa de Belgique, Ron d’Angleterre, mais aussi des artistes nationaux, comme Pum Pum et Chu.

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Mosaïques Barracas
Le Français Jef Aerosol, pionnier de l’art de rue dans les années 80’ avec Blek Le Rat, a réalisé de belles oeuvres au Centre Culturel Recoleta et à Ushuaia. Il est connu pour ses icônes en noir et blanc de Jim Hendrix, John Lennon, Bob Dylan, Otis Redding, David Bowie, Keith Haring, Jean-Michel Basquiat ou Twiggy. C’est l’Espagnol Aryz, alors à peine âgé de 23 ans, qui est l’auteur de l’immense hippopotame qui chevauche une bicyclette au bord d’une avenue de San Telmo ; ce qui l’intéresse, c’est avant tout de mêler les couleurs et les formes avec fantaisie. Plus politique, l’Italien Blu critique le nationalisme ouvert du gouvernement kirchénériste dans sa fresque controversée ; au bord de l’avenue Independencia, un long drapeau argentin serpente dans une foule de personnes dont il couvre les yeux et les bouches.

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Palermo, street-art
Le Colombien Malegria est un des artistes les plus facilement reconnaissables, avec ses animaux oniriques dont les grands yeux observent les rues de San Telmo. On peut admirer sa grande fresque intitulée La bataille de géants sur l’angle Humahuaca et Gallo, près du centre commercial Abasto. Franco Fasoli alias Jaz est aussi l’un des plus reconnus de la scène d’art urbain de Buenos Aires, avec ses animaux réalistes plus grands que nature, qui s’ébrouent sur les murs de la capitale.

Licia Santuz, immigrante italienne passionnée de crochet, est la pionnière du yarn bombing à Buenos Aires. Créatrice de Knitting Baires, elle décida un jour de tricoter pour les arbres de Palermo, pour remédier à l’hiver qui prive les jacarandas de leurs fleurs violettes. Ravie devant le succès rencontré, elle a demandé la permission de continuer aux inventrices de ce graffiti de laine, la texane Magda Sayeg et la hongroise Bakukatorium. On peut rencontrer ses œuvres aux arbres, réverbères ou grilles du Cafe Voltaire de Palermo, à Colegiales, Villa Crespo et Caballito.

L’Argentin Martin Ron utilise les flux des piétons et véhicules pour assurer la meilleure exposition à ses œuvres, qu’il veut adresser à chacun ; d’où des séries d’idoles populaires comme l’écrivain Ernesto Sabato, la star de films pornographiques Isabel Sarli, le joueur de football Carlos Tevez, ou la main de dieu de Maradona élaborée sur 30 mètres de haut sur commande publique pour un pont du chemin de fer.

Fresques murales Barracas

Le projet Sullair a réuni les artistes Corona, Mart et Maese Warrior pour peindre une vingtaine de vélos à Barracas sur les longs murs gris qui entourent cette usine de matériel industriel. Blu n’a pas attendu de commande pour s’exprimer sur d’immenses édifices en ciment de Villa Urquiza, notamment avec un immense bébé envahi par la mécanique dans l’indifférence générale d’une foule de travailleurs.

Mosaïques Barracas, street-art
Santiago Spirito, alias Cabaio, a commencé lui avec le collectif Vomito Attack en 2001, en développant des commentaires socio politiques acides. Aujourd’hui il a formé le collectif Chen-Chen avec la brésilienne Clara Domingas, et l’on peut reconnaître son style très personnel en sorte de kaléidoscope coloré sur nombre de murs de Palermo, notamment autour de Costa Rica et Juan B. Justo ou à l’entrée du Marché aux Puces. Il multiplie les couches de signes et de couleurs, pour suggérer la complexité chaotique et pourtant belle de la ville.

À l’opposé, Bater est influencé par toute une histoire de la peinture académique, des mondes fantasmagoriques des maîtres flamands Pieter Bruegel et Hiëronymus Bosch, au surréaliste allemand Max Ernst, au créateur de fantasy américaine Todd Schoor, ou au peintre argentin Duilio Pierri, sorte de mentor et ami de son père. Des portes de garages de San Isidro portent ses cyclopes entourés de références à l’art aztèque et inca. Il s’inspire de la nature pour la dessiner là où le bitume l’a remplacée.

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Street-art et landmarketing, Barracas
Il fait souvent des fresques de batailles opposant les humains à une invasion technologique, thème qu’il a d’ailleurs co-illustré avec un collectif de San Isidro sur une usine électrique de Colegiales en novembre 2010, lors du premier festival argentin Meeting of Styles. Aussi appelé MOS, ce mouvement international d’artistes urbains né en Allemagne en 1997, organise chaque année plus de 100 événements dans 17 pays, dont l’Argentine. Il y réunit des grands noms comme Oz, Ice, Maur, Cerok, Deimos, Tekaz, Nutt, Heis et Oster.

L’activité bourdonnante de la capitale argentine se structure peu à peu. Son producteur argentin Estilo Libre milite pour cette reconnaissance officielle du street art, et White Walls Say Nothing organise le tournage d’un documentaire de référence sur l’art urbain portègne. De plus en plus de circuits, comme Buenos Aires Street Art de Matt Fox-Tucker, proposent de découvrir des œuvres d’art urbain dans les rues de Buenos Aires. Depuis 2010, Street Arte BA ou SABA promeut l’art urbain au sein même de la scène artistique locale, en organisant des ateliers, expositions, festivals et résidences d’été. En Amérique du Sud, la capitale argentine n’est pas la seule à offrir cet art urbain et contemporain. Les «cerros» de Valparaíso, au Chili, sont également de véritables musées à ciel ouvert…

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