Aimé Bonpland

Aimé Bonpland

Le botaniste français qui a accompagné Humboldt dans son voyage vers l’Amérique

Amado Bonpland
																															

Fils de Simon Jacques Goujaud, chirurgien de La Rochelle, et de Marguerite de La Coste-Olive, il est né le 28 Août 1773 dans le village de Saint-Maurice, près du port de La Rochelle. Dès son plus jeune il développe un vif intérêt pour l’histoire naturelle, ce qui lui vaut le surnom de Bonpland (bon plant), donné par son père.

En 1798, il rencontre Alexander von Humboldt à Paris, avec qui il partage sa passion pour la science et les voyages. Entre 1799 et 1804, ils entreprennent plusieurs voyages vers l’Espagne, le Venezuela, la Colombie, l’Équateur, le Pérou, Cuba, le Mexique et les États-Unis.

Durant son voyage à travers les colonies espagnoles d’Amérique Bonpland récolte plus de 6000 espèces de plantes tropicales, auxquelles il attribue descriptions et propriétés. Celles-ci sont répertoriées dans un ouvrage de 13 volumes intitulé « Le voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent».

De retour en France, entre 1808 et 1814, il est nommé botaniste en charge des jardins de l’Impératrice Joséphine, épouse de Napoléon Ier, un poste qu’il occupe jusqu’à la mort de cette dernière.

Alexander Von Humboldt
																  															  

Puis, suite à un échange avec Bernardino Rivadavia qui lui propose un poste de professeur à la Faculté de médecine et la gestion du Musée d’Histoire Naturelle, Aimé Bonpland débarque à Buenos Aires en Janvier 1817 avec sa famille et deux jardiniers assistants.

En 1818, il organise plusieurs expéditions dans le delta de Buenos Aires et sur l’île Martín García, où il trouve quelques plantes de yerba maté. Il envisage alors la possibilité de mettre en place un projet commercial grâce à cette plante, comme l’avaient fait avec succès les missionnaires jésuites un demi-siècle auparavant.

C’est ainsi que fin 1820 il décide d’entreprendre un voyage vers Misiones afin d’y établir une colonie. Il explore les alentours dans l’idée de fonder une entreprise agricole pour exploiter la plante de yerba maté et choisi finalement de s’installer à Santa Ana, une bourgade de la province de Corrientes.

Mais le climat politique vient contrecarrer les plans du botaniste français : ses plantations sont détruites et il est fait prisonnier par une équipe de plus de 400 soldats envoyés par le dictateur paraguayen JG Rodriguez. Il est alors détenu comme prisonnier politique pendant neuf ans.

																															

Une fois libéré il fait le choix de rester vivre dans sa région d’adoption, rejetant les propositions du gouvernement français de s’installer à Paris. Il reprend lentement ses activités liées à la botanique et fait plusieurs voyages à Buenos Aires, Montevideo, au sud du Brésil et au Paraguay.

À l’âge de 81 ans la science lui attribue enfin la reconnaissance qu’il mérite : la France le nomme membre de l’Académie des sciences en 1853. Un an plus tard, en 1854, il est nommé directeur du Musée de la province de Corrientes en Argentine. Son dernier travail est la collaboration avec “El Plata científico y Literario”, l’un des premiers journaux scientifiques de Buenos Aires.

Aimé Bonpland décède à Santa Ana le 11 mai 1858, à l’âge de 85 ans. Ses archives, et la majeure partie de ses lettres et manuscrits se trouvent à la faculté de sciences médicales de Buenos Aires. Dans le quartier de Palermo à Buenos Aires, tout comme à La Rochelle, une rue porte son nom.