La Boca : à la source de Buenos Aires

Entre tango, lunfardo (argot portègne) et football, La Boca a façonné l’identité de la ville.

Le quartier populaire par excellence

Considéré comme le lieu de la fondation de la première colonie argentine « Santa Maria del Buen Ayre » par Pedro de Mendoza en 1536, La Boca est un quartier emblématique de la capitale argentine. Les touristes y affluent pour voir danser le tango dans la rue, photographier les maisons bariolées du Caminito (rue principale du quartier), ou partager la passion du football au stade mythique de la Bombonera.

Un port avant tout

Le quartier tire son nom de sa situation à l’embouchure du río de la Plata où se jette le Riachuelo. La Boca est le port historique de Buenos Aires. Plusieurs siècles plus tard, c’est encore à cet endroit que débarquèrent et s’installèrent les migrants européens, essentiellement venus d’Italie. Donnant sur le fleuve, ce quartier incarne le cosmopolitisme structurel de cette ville née de la rencontre, parfois brutale, de peuples divers.

République de La Boca

Les Italiens, et plus particulièrement les Génois, arrivés massivement au XIXe siècle, ont fortement marqué le quartier de leur empreinte. C’est d’eux et de La Boca qu’est né le Lunfardo, argot de Buenos Aires, dont certains mots sont entrés dans le vocabulaire argentin. Ce dialecte populaire est même devenu la langue du tango.

Caminito

Ce qui fait aujourd’hui l’identité visuelle de La Boca, ce sont ses ruelles multicolores. La tradition de peindre de façon dépareillée les façades édifiées en bois et en tôle ondulée de bric et de broc se retrouve dans tous les quartiers de pêcheurs et marins, qui utilisaient les restes de peinture pour bateau. Alors que cette tradition s’étant peu à peu perdue, c’est le peintre local Quinquela Martin qui a eu l’idée géniale de peindre sa maison et son école, puis de contaminer par émulation les riverains, pour rendre son air pimpant à un quartier qui connaît des réalités sociales difficiles. Le Caminito tient de là cet aspect pittoresque et photogénique qui plaît tant aux touristes du monde entier.

Bombonera

Dans un pays où le football est religion d’état et Diego Maradona vénéré comme un dieu, la Boca voue un véritable culte au Club Athletico Boca Juniors (CABJ). Leur stade, surnommé la Bombonera, est l’incontournable pour sentir vibrer cette passion.  Tenez-le vous pour dit : pas question de venir déambuler dans le Caminito un jour de match avec un maillot de River Plate, l’équipe rivale de Buenos Aires. Vous pourriez découvrir la face sombre du quartier aux milles couleurs.

Musées hauts en couleur

Le caractère hétéroclite et populaire de la Boca a su attirer des initiatives artistiques modernes et reconnues. On y trouve par exemple le musée Quinquela Martin, du nom de cet artiste mort en 1977 qui sut si bien raconter le quartier à travers ses peintures. Ou encore la fondation Proa fondée en 1996, qui est aujourd’hui le lieu de référence de l’art contemporain en Argentine.

Où prendre un café

Les cafés traditionnels

Le Café Roma est un de ces bistrot d’antan où le temps s’est arrêté. Entre deux habitués plongés dans leur journal en sirotant un café, vous prenez une pause à l’abri du tumulte sympathique du quartier. Adresse : Olavarria 409

La Perla est l’autre repaire immuable du coin. Il porte tout un pan de la mémoire collective, mais veillez à ne pas vous perdre en sortant de ce bel endroit; ses alentours directs ne sont pas des plus recommandables. Adresse : Avenue Don Pedro de Mendoza 1899

La meilleure terrasse

La fondation Proa, non contente d’abriter des expositions temporaires d’art contemporain de haut niveau, offre une des meilleures vues sur le transbordeur de La Boca et le Riachuelo. Vous pouvez déguster d’élégants cocktails et snacks au-dessus de la belle librairie intérieur ou sur le balcon panoramique qui longe tout le bâtiment. Un rêve les jours ensoleillés ! Adresse :  Avenue Don Pedro de Mendoza 1929.

Où se restaurer

Gran Paraiso

La parilla Gran Paraiso est une bonne option pour une halte au beau milieu de la visite du Caminito. Sans couper à l’ambiance touristique de la zone, elle a su conserver une atmosphère agréable, avec ses tables en plein air entre arbres et charmilles et ses tangos chantés par un jeune guitarriste. Plus populaire que gastronomique, le lieu offre de la viande grillée convenable. Atout non négligeable : la visite en libre accès d’une reconstitution de maison gênoise brinquebalante, toute en bois coloré.

El Obrero

Le véritable coup de cœur des gourmands est l’indétronable Obrero. Cette cantine de barrio a su miser depuis longtemps sur la qualité de ses produits et ses portions abondantes pour fidéliser une clientèle populaire. Rançon du succès, il faut absolument réserver sous peine de se retrouver le bec dans l’eau.

Où voir un spectacle

La Usina del arte

Après 5 ans de travaux, les turbines d’une vieille usine électrique ont laissé place aux œuvres d’art qui s’exposent désormais dans ce qui est devenu la Usina del Arte. La Usina del arte est un ambitieux centre culturel portègne. Une programmation très riche de concerts y prend place sous le patronage de la municipalité et l’on peut découvrir l’histoire et l’architecture lors des visites libres quotidiennes. Elle reçoit des événements aussi célèbres que le mondial du tango. Il vaut le coup d’en profiter pour jeter un œil au musée du cinéma voisin (au numéro 51), avant de faire un saut dans le délicieux troquet de l’obrero à deux pas (au numéro 64). Adresse : 1 rue Agustin Caffarena.

Le Samovar de Raspoutine

Scène du blues et du jazz underground, cet antre se remplit d’un public interlope à la nuit tombée, une fois passée la vague des touristes du caminito. Se renseigner sur la programmation ; il y a de belles surprises, dans une atmosphère unique ! Adresse : Dr. del Valle Iberlucea 1251.