Histoire du polo en Argentine : des immigrants anglais chez les gauchos

Histoire du polo en Argentine : des immigrants anglais chez les gauchos

Aucun pays ne s’est aussi bien illustré que l’Argentine dans le polo, arrivé avec les immigrants anglais à la fin du XIXe siècle.

Des Anglais dans la pampa

Aucun pays latin ne s’est aussi bien illustré que l’Argentine dans ce sport anglo-saxon qu’est le polo. Il est arrivé avec les immigrants anglais à la fin du XIXe siècle, notamment dans la province de Santa Fe. David Shennan est considéré comme le précurseur, pour avoir organisé le premier match dans son estancia en 1875. Peu à peu, d’autres estancieros se sont pris au jeu, des clubs se sont créés, comme le Hurlingham, en 1888, club homonyme du berceau anglais du polo, à Londres. Les clubs se structurent au sein de The River Plate Polo Association en 1892, qui donnera naissance en 1922 à la Asociación Argentina de Polo.

A cette époque, le polo sort des cercles anglo-saxons et commence à attirer des Argentins d’autres origines. Ce jeu d’adresse avait tout pour s’adapter en Amérique australe : les grands espaces des estancias, les fermes d’élevage, et la tradition équestre des gauchos.

Les lauriers de la race criolla

Dès ses débuts, le polo argentin s’est illustré dans les championnats internationaux : médaille d’or aux jeux Olympiques de 1924 à Paris et de 1936 à Berlin. On doit aussi à un Argentin, Marcos Uranga, la création de la Fédération internationale de polo (FIP), en 1982, qui regroupe aujourd’hui 48 associations à travers le monde. La FIP a organisé la première Coupe du monde en 1987, à Buenos Aires. Elle se dispute tous les trois ans et les Argentins ont remporté trois des huit éditions. Après les Etats-Unis et l’Angleterre, l’Argentine est le pays qui délivre le plus de licences de joueurs.

open de polo de palermo buenos aires
																  															  

Outre ses performances sportives et sa contribution à la reconnaissance du jeu, l’Argentine est aussi réputée pour ses élevages de chevaux de polo, qui sont exportés aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Les premiers amateurs, des estancieros, ont entraîné des petits chevaux à demi sauvages, donnant naissance à la race criolla et à la meilleure monture de polo.

Pas étonnant donc que le pays des gauchos soit aujourd’hui considéré comme la Mecque du polo, avec les meilleurs tournois du monde en termes de handicap : le Championnat argentin open de polo (appelé aussi Open de Palermo), le championnat open de Hurlingham, le championnat open du Tortugas Country Club.

Une tradition millénaire

En réalité, l’histoire du polo remonte probablement à la domestication du cheval. On trouve trace de ce jeu chez les cavaliers d’Asie centrale il y a 2500 ans, entre Chine et Mongolie. C’est en Perse que ce jeu d’adresse prend ses lettres de noblesse, où il est réservé aux meilleurs guerriers, aux rois et aux princes. De Perse, le jeu de balle et maillet s’étend à tout l’Orient.

Il arrive en Occident par l’intermédiaire des Britanniques, qui le découvrent à l’époque de leur empire colonial des Indes, dans les années 1850. Les officiers britanniques se passionnent pour ce sport pratiqué par les maharadjas. Ils l’adoptent, l’adaptent et établissent les règles du jeu. La première partie de polo d’Europe est disputée en Angleterre en 1869, avec deux équipes de huit joueurs, et la Hurlingham Polo Association est fondée en 1875, l’année même de l’introduction du polo en Argentine. Les équipes sont réduites à quatre cavaliers et le système des handicaps (qui rétablit l’équilibre entre des équipes de niveau différent) s’impose en 1888.