Le Microcentro, centre politique et économique du pays

Lieu de fondation du pays, le Microcentro est aujourd’hui le siège des affaires et institutions politiques.

Un quartier officieux de Buenos Aires

Le Microcentro est le centre des affaires de la capitale, en réalité à cheval sur deux quartiers administratifs ; San Nicolás pour la majeure partie, et Montserrat. On trouve donc une grande concentration de bureaux d’entreprises nationales et internationales, des banques et des commerces. Fourmilière la semaine avec ses millions d’employés, la City argentine est déserte le week-end. Elle charme par son mélange de vieux édifices Belle Époque et de tours de verre. Bien qu’étalé sur soixante blocs seulement autour de la Plaza de Mayo, ce petit quartier abrite à lui seul les traces les plus importantes de l’Histoire du pays.

Plaza de Mayo

La place de Mai, d’une superficie d’environ 3 hectares, est le lieu où la ville de Buenos Aires a commencé à se construire et le théâtre de l’indépendance argentine. Aujourd’hui, le tour de la place est un véritable parcours historique. Elle doit son nom à la révolution de Mai 1810, prémisse de l’indépendance argentine proclamée en 1816. Partant de la place, l’Avenida de Mayo est considérée comme l’axe civique, car elle relie la Casa Rosada, siège du pouvoir exécutif, au Congrès de la Nation, siège du pouvoir législatif. En contrebas, derrière la Casa Rosada, le musée du Bicentenaire permet de se mettre à jour sur la patrie argentine. 

Casa Rosada

De l’autre côté de la Plaza, se trouve aujourd’hui la Casa Rosada, le siège de la Présidence argentine. Sa couleur rose symbolise l’union des deux partis qui se disputent le pouvoir au XIXe siècle : le rouge des Fédéralistes et le blanc des Unitaristes. Du fait de son importance symbolique, elle a été témoin des principaux événements qui ont marqué l’histoire du pays, comme les discours  mythiques adressés par le général Perón et Evita devant une foule en liesse, puis le coup d’État qui renverse le général Perón en 1955. Plus tard, c’est le site choisi par les Mères de Mai pour leurs défilés qui dénoncent la disparition de leurs proches durant la dictature tous les jeudis  pendant 25 ans.

Cabildo

Sur la place de Mai, du côté opposé à la Casa Rosada, se dresse le bâtiment blanc du Cabildo, siège du gouvernement à l’époque coloniale. C’est l’épicentre de la Révolution de Mai, où est proclamée le 25 Mai 1810 la junte du nouveau gouvernement. Le bâtiment date de 1748, mais a subi de nombreuses modifications dont la destruction progressive des ses ailes, terminée avec le percement de l’Avenue de Mayo en 1889. Il accueille aujourd’hui le musée national du Cabildo et de la révolution de Mai. Dans le joli patio est organisé un petit marché artisanal le jeudi et le vendredi.

Cathédrale

Juste à côté, la Cathédrale métropolitaine, de style néoclassique avec ses colonnes corinthiennes. Construite en 1812 par Prosper Catelin, architecte français. Dans un style de temple grec, sa façade s’inspire de celle du Palais Bourbon à Paris. Elle abrite le mausolée du général San Martín, héros de l’indépendance et libérateur de l’Argentine, pour qui brûle une flamme éternelle sur le parvis.

Manzana de las Luces

La Manzana de las Luces est le berceau jésuite du quartier. Traduit par « îlot des Lumières » en hommage aux lumières intellectuelles et morales que portaient les Jésuites dans le Nouveau Monde, il s’agit du site de la fondation de Buenos Aires. Des fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour les fondations des premiers édifices de la ville que l’on peut visiter.

Église San Ignacio

Les édifices fondateurs s’organisent autour de l’une des plus anciennes églises de Buenos Aires : San Ignacio  construite par les jésuites en 1734. Ses retables de bois peint et de volutes couvertes d’or sont un exemple superbe de l’art colonial. Mitoyen, le Colegio Maximo de San Ignacio est un lycée historique où ont été formé les plus grands hommes politiques du pays. Des sous-terrains relient les deux édifices, et furent employés lors des vicissitudes connues par la Compagnie de Jésus suite à leur expulsion du pays à la fin du XVIIIe.

Librairie de Avila

Autre témoignage historique du quartier juste en face de l’église Saint Ignace, la Librairie de Avila, ancienne Libreria del Colegio, impressionne par sa longévité, depuis 1785. Il faut aussi mentionner la pharmacie La Estrella, toujours en fonctionnement à l’intersection entre les rue Defensa et Alsina impressionne par ses boiseries ornées de marqueterie.

Où faire des achats

De l’autre côté de la Place de Mai, la rue Florida, axe piéton commerçant qui commence derrière la Cathédrale, est parsemée de superbes édifices du début du XXe siècle, lors des années fastes de Buenos Aires. Un des plus remarquables est la Galerie Güemes (Florida 150), dont toute l’architecture célèbre la richesse de l’Amérique latine. Il vaut le coup d’admirer en détail ses ascenseurs colossaux ornés de condors en cuivre aux grandes voûtes ponctuées de visages sculptés. Au 14ème étage, il est possible de profiter d’un des seuls points de vue panoramiques sur la ville depuis le centre. Anecdote amusante : Antoine de Saint-Exupéry a autrefois logé dans une des chambres d’hôtel des derniers étages de la galerie, lors de ses séjours argentins dédiés à la ligne de l’aéropostale.

Où se restaurer

Tomo I (Carlos Pellegrini 521) est situé à l’étage de l’Hôtel Panaméricain. Il comblera les plus gourmets d’entre vous grâce à l’extraordinaire exploration de saveurs menée sous la baguette intransigeante des deux sœurs qui le tiennent depuis des années. Véritable adresse gastronomique, il se distingue par son menu surprise, qui se découvre par le bouche-à-oreille une fois par semaine.

Dans un tout autre style, le Couvent San Ramón Nonato (Reconquista 269) propose sous les arcades de son joli cloître , où grignoter pour déjeuner quelques empanadas ou milanesas sans prétention, à l’écart de l’agitation environnante.

Où prendre un café

Un peu plus bas en descendant l’Avenue de Mayo, le café Tortoni témoigne de l’âge d’or de Buenos Aires. Fondé en 1858, il figure parmi les plus anciens de la capitale. Il a su traverser les époques avec son allure élégante Belle Époque, avec ses vitraux et ses boiseries. Emblématique café littéraire, il accueille toujours l’Académie de tango de Buenos Aires. Une fois franchie sa porte, vous remontez le temps en observant les coupures de presse et statues de Jorge Luis Borges et de Carlos Gardel.

Où prendre un verre

Dans une ambiance conviviale, le bar El Verde vous accueille six soirs sur sept et vous propose à la fois de profiter de l’happy hour de 19h à 21h, avant sa programmation de concerts plus tard dans la soirée. À la carte, une grande variété d’alcools, notamment de bières et whiskys.

Le Sky Bar (Maipú 907) est l’adresse spectaculaire du centro, avec sa terrasse au 13ème étage de l’Hôtel Pulitzer. Il invite à savourer d’excellents cocktails accompagnés de tapas, la tortilla (galette de pommes de terre et œufs) est un régal.