Retiro : le quartier des départs en train ou en bateau

Un quartier de tous les contrastes, en lisière de la capitale

Rue Florida et la Galerie Pacifico

La rue commerçante et piétonne de Florida traverse tout le microcentro, des quartiers de San Nicolas et Montserrat, pour terminer à Retiro en longeant la belle place San Martin. Les Galeries Pacífico (au 700 de la rue) y abritent le Centro Cultural Borges qui alterne évenements culturels et expositions. Cet édifice majestueux a été créé en 1886 pour abriter les premiers magasins élégants appelés Au Bon Marché. Tour à tour siège du Musée des Beaux Arts, puis des trains de Ferrocarril Argentino, il a retrouvé sa vocation première avec ses belles boutiques.

Place San Martín et édifice Kavanagh

Tout au bout de la rue Florida, la Place San Martín est un agréable écrin de vert dessiné par le paysagiste français Charles Thays, dans lequel les passants peuvent se reposer de l’incessante à l’ombre d’arbres centenaires. Le monument équestre au libérateur San Martín trône en son centre. En traversant le passage Corina Kavanagh, on arrive au pied de l’édifice Kavanagh. Ce grand geste architectural de 120 m de haut, réalisé en 1936 par les architectes Sánchez, Lagos et de la Torre, battit les records de hauteur à l’époque.

Monument des Malouines

Sur la place San Martin s’étend un grand monument au morts des Malouines aux pieds de la Tour des Anglais qui donne son identité visuelle au quartier de Retiro. Sur un long support rouge vif, 25 plaques de marbre noir rappellent le nom des 649 soldats de l’armée argentine tombés sous le feu anglais lors de cette guerre qui dura du 2 avril au 14 juin 1982.

Tour des Anglais

La Tour des Anglais a été construite par des résidents britanniques pour le centenaire de la révolution de Mai 1810. Son carillon copie de celui de Westminster. Elle mesure 75,5 m de haut. Sa silhouette de brique est devenue le symbole du quartier de Retiro.

Gare de Retiro

La gare de Retiro se compose en réalité de divers terminaux de lignes autrefois bien plus fréquentées. La progressive désaffection des installations ferroviaires mises en place au début du XXe par les Anglais a en effet réduit la plupart du trafic à des trajets de courte distance, qui desservent la banlieue de la capitale. En face, sur l’avenue Libertador, le musée du Ferrocaril vient de réouvrir ses portes, pour vous permettre de découvrir le patrimoine des trains argentins, au temps passé de sa gloire.

Ambassade de France

L’ambassade de France (1399 Cerrito), située à l’extrémité du quartier de Retiro du côté du Microcentro, occupe un superbe hôtel particulier. Le Palais Ortiz-Basualdo a été construit en 1912 par l’architecte français Paul Pater. Autrefois résidence du Prince de Galles, il est racheté par l’État français en 1939 qui le sauve de la destruction lors de l’ouverture de l’énorme avenue 9 de Julio. Récemment rénové, il abrite derrière sa façade néo-classique une très belle succession de salons ornés de boiseries scuptées, de parquets marquetés, de fresques et de marbres.

Où prendre un café

Le café Retiro, situé au sein même de la gare Mitre de Retiro, est un lieu hors du temps. Il y fait bon se poser le temps d’un café ou d’un rapide en-cas, entre lustres et boiseries patinées par les années. Un contraste saisissant avec l’agitation turbulente et la population défavorisée de la villa 31, un des bidonvilles les plus connus de la capitale.

Où se restaurer

Plaza Grill (Florida 1005) est l’excellente parilla du Plaza Hotel Buenos Aires. Une adresse fiable pour déguster une bonne pièce de viande argentine. Pour une ambiance plus trendy, le BASA (Basavilbaso 1328), aussi dit Basement Bar & Restaurant, est une autre adresse dont les grillades sont impeccables.

Si c’est plutôt de poissons et fruits de mer que vous êtes friands, mets parfois difficiles à trouver dans une ville essentiellement carnivore, le restaurant Dorá (Leandro N. Alem 1016) est un incontournable en la matière. L’adresse péruvienne Sipan (Paraguay 624) est aussi une bonne alternative, et vous attend avec ses classiques, ceviche et lomo saltado.

L’ivresse des hauteurs vous gagne? Vous êtes là où il faut! Vous continuez à changer de pays dans ce quartier cosmopolite, avec le Club Danés (Leandro N. Alem 1074, piso 12), dont le buffet traditionnel est une proposition fort séduisante pour un déjeuner atypique en semaine. Vous y profitez d’une vue imprenable jusqu’au rio du haut du 12ème étage de l’édifice.

Enfin, le Zirkel (Corrientes 327) vous accueille au 21ème étage de la tour qui abrite le Goethe Institute, est l’adresse du club allemand, incontournable pour une dégustation de choucroute et autres spécialités teutonnes avec une vue unique sur le rio.

Où prendre un verre

El Gato Viejo (Libertador 405) est un lieu des plus insolites, façonné à la démesure du scupteur de ferrailles recyclées Carlos Regazzoni. Il vous faut traverser une sorte de terrain vague à gauche du musée du Ferrocaril pour découvrir cet ancien hangar de trains transformé en caverne d’Ali Baba par l’original créateur. Il est plus recommandé de venir prendre un verre après avoir dîné ailleurs, et il n’est pas rare qu’un convive anime de musique la soirée.

Dadá (San Martín 941) est un rendez-vous plus familier, dans le style des bistrots parisiens. Son atmosphère chaleureuse donne envie de rester jusqu’à tard pour découvrir de bons vins argentins en bonne compagnie.

Située au sous-sol d’une jolie boutique de fleurs et de vin, la Floreria Atlantico (Arroyo 872) a lancé un nouveau concept de bar caché, connu dans ses débuts par le bouche à oreille. Aujourd’hui devenu un incontournable, il doit son succès à d’excellents cocktails et tapas.

Si vous êtes un féru de l’art de la mixologie, Shout Brasas & Drinks (Maipú 981) est le bar des professionnels des assemblages d’alcools Sebastián Maggi et Santiago Lambardi; une référence en la matière.

Gran Bar Danzon (Libertad 1161) est un élégant bar dans le style british où l’on peut se joindre à des dégustations de vin ou savourer des plats raffinés avant un bon cocktail.