Le général San Martín, le Libertador argentin

Le général San Martín, le Libertador argentin

Découvrez José de San Martín, héros argentin et le grand libérateur de l’Amérique du Sud avec Simón Bolívar.

Portrait interactif Général San Martin Musée d'Histoire Nationale Buenos Aires
																															

L’Argentine ne s’est pas libérée de trois siècles de colonisation espagnole en un jour. Entre la révolution du 25 mai 1810 et la déclaration d’indépendance le 9 juillet 1816, ce sont six années de combats dans le vice-royaume de La Plata. Et un héros: José de San Martín, le grand libérateur de l’Amérique du Sud avec Simón Bolívar.

José Francisco de San Martín est né en 1778 à Yapeyú, dans l’actuelle province de Corrientes, de père espagnol (et non créole). À cette époque l’Argentine n’existe pas, son territoire fait partie du vice-royaume de La Plata. En 1783, la famille rentre en Espagne où San Martín entame une brillante carrière militaire.

Illustration Général San Martin Musée Historique Nationale
																  															  

En 1808, Napoléon envahit l’Espagne et emprisonne le roi Fernando VII. San Martín fait partie des troupes qui défendent le pays de l’impérialisme français, il est promu lieutenant-colonel. Pendant ce temps, dans son pays natal, une junte de gouvernement dépose le vice-roi au terme de la révolution de mai mais reste fidèle au roi d’Espagne, emprisonné. Les idées libérales, c’est-à-dire indépendantistes, font leur chemin, et San Martín n’y est pas insensible.

En 1811, il renonce à sa carrière militaire en Espagne, séjourne à Londres puis débarque à Buenos Aires début 1812. Son grade est reconnu et le gouvernement lui confie la création d’un corps de cavalerie. Le vice-royaume est alors déchiré entre les realistas, fidèles à la couronne espagnole, et les révolutionnaires, partisans de l’indépendance. San Martín choisit son camp, l’indépendance.

Général San Martín et Guido Musée Historique National
																															

Le centre du pouvoir pro-espagnol est alors à Lima, dans le vice-royaume du Haut-Pérou. Il laisse le soin au général Güemes de défendre le territoire du Nord, à Salta, et met au point une stratégie : traverser la Cordillère, passer par le Chili et attaquer Lima par la mer. À la tête de l’armée des Andes, une entreprise colossale (des milliers d’hommes et de mules pour transporter l’artillerie à plus de 3000 m d’altitude), il quitte Mendoza et part vers le Chili début 1817. L’indépendance des Provinces Unies du Río de la Plata a été proclamée le 9 juillet 1816, mais la guerre continue. Après des années de combat, le Chili et le Pérou sont libérés.

Chambre du Gal San Martin à Boulogne sur Mer MHN
																  															  

San Martín revient à Buenos Aires en 1824. La jeune République argentine est fragilisée par des luttes entre fédéralistes et unitaires. Au milieu de cette confusion, San Martín est accusé de conspiration par les unitaires. Las, le grand libérateur, âgé de 45 ans, décide de s’exiler en France, comme Bolívar. Il continue à suivre la situation dans son pays de son exil à Bruxelles, puis près de Paris. La révolution de 1848 le pousse vers Boulogne-sur-mer, où il décède en 1850, à l’âge de 72 ans.

San Martín est considéré en Argentine comme Père de la patrie. En 1878, la grande place du quartier Retiro à Buenos Aires a été rebaptisée plaza General San Martín. On peut y voir la statue équestre du Libertador au milieu des arbres centenaires. Au coin de la place et de la rue Arenales, le Palais Anchorena, l’un des plus beaux exemples de l’architecture française de la capitale, a été rebaptisé Palais San Martín en 1936, quand il a été acquis par l’Etat pour être le siège du ministère des Affaires étrangères. A l’autre extrémité de la rue Florida, sur la place de Mai, San Martín repose dans la cathédrale métropolitaine. Son mausolée est entouré de trois sculptures de femmes représentant les trois pays qu’il a libérés; l’Argentine, le Chili et le Pérou.

À lire
Le site web de l’Institut Nacional Sanmartiniano