L’immigration du Proche-Orient : los Turcos

L’immigration depuis le Proche-Orient est l’une des plus récentes en Argentine.

Proche-Orient : les Turcos

L’immigration en provenance de l’ex-empire ottoman a commencé dans la seconde moitié du XIXe siècle, puis de manière plus importante autour de la Première Guerre mondiale. Comme dans toute l’Amérique latine, ils étaient appelés Turcos alors qu’ils étaient en réalité majoritairement Syriens et Libanais, et dans une moindre mesure Palestiniens.

Les premiers immigrants travaillaient dans l’agriculture, la construction des chemins de fer ou le commerce ambulant. Ils se sont beaucoup implantés dans les provinces du Nord-Ouest (Salta, Tucumán, etc.). On estime à 3,6 millions la population d’origine arabe, soit 10% de la population. L’ex-président Carlos Menem était d’origine syrienne et a renoncé à la religion musulmane pour se présenter à la présidentielle.

Argentins origine syrienne Salta
																  															  

Les Libanais émigrèrent pour fuir la pauvreté due à l’explosion démographique, la persécution ottomane et la guerre italo-turque à leurs portes. Les Syriens demandèrent l’asile politique lors de la guerre civile. Beaucoup s’établirent dans la moitié Nord du pays, entre Salta, Jujuy, La Rioja, San Juan, Mendoza, Santiago del Estero et Misiones. Leurs professions les plus communes étaient celles de commerçant et vendeur ambulant. 1,5 millions d’Argentins sont aujourd’hui d’origine libanaise, et 3.500.000 d’origine syrienne, mais peu sont musulmans, et encore moins parlent l’arabe. Il y a toutefois nombres d’héritage de la langue arabe, comme Ojalá qui vient de l’Inch Alá ainsi qu’almohada, alcohol, alcanfor, sahumerio…

L’Argentine accueille également une forte minorité arménienne, avec 120.000 descendants, ce qui en fait la plus grande communauté d’Amérique après celle des Etats-Unis. Issus de la fuite des persécutions turques, les descendants se sont organisés pour conserver leur patrimoine culturel, avec 7 écoles, des églises, 2 journaux, divers clubs sociaux et sportifs, ainsi que nombre d’associations culturelles de danse ou gastronomie traditionnelle. Il existe une petite communauté turque en Argentine, quasi implantée depuis les premiers colons. Elle est organisée en associations culturelles, et sa Fondation de l’Amitié Argentino-Turque possède depuis 2006 le Collège Hércules dans le quartier de Flores.

Une communauté perse s’est formée à partir des successives vagues de réfugiés politiques d’Iran, notamment dans la province de Salta et à El Carmen dans la province de Jujuy. Ils travaillèrent d’abord aux côtés des Yougoslaves et des Arabes souvent comme casseurs de pierre sur des chantiers tels que la digue de La Ciénaga conçue par Louis Michaud. Certains purent mettre à profit leur savoir faire d’orfèvres et joailliers pour vivre des pierres semi précieuses du lieu, ou encore d’artisan, et ainsi naquit la réputation des tapis persans d’Andalgalá à Catamarca. Certains sont de confessions musulmanes, mais d’autres pratiquent la foi Baha’, ce qui les contraint à émigrer de Téhéran.

Les Azéris sont 12.000, une minorité par rapport au million de personnes vivant aux Etats Unis. Ils sont arrivés dès 1970 de Turquie et après la chute de l’URSS d’Azerbaidjan. Des pashtounes d’Afghanistan se sont réfugiés en Argentine lors de l’invasion soviétique de 1981 et les troubles internes de 1995-1996.

Quelques pieds-noirs, européens chassés de leur pays algérien après l’indépendance du pays en 1962, trouvèrent asile dans les départements frontaliers du Paraguay à Pilagá et Pirané, dans les provinces de San Juan et Salta, dans la Haute Vallée du Río Negro et à Neuquén.

Quelques immigrants originaires d’Inde vivent à Rosario, près du seul temple sikh d’Amérique latine. Il existe aussi quelques groupes d’hindous, à Buenos Aires et dans le Nord Ouest du pays.