La Pampa, au coeur de l’Argentine

Plaines immenses de La Pampa, centre agricole et terres de gauchos

D’origine quechua, le mot pampa signifie plaine. Il désigne les immenses prairies d’Amérique latine qui s’étendent entre le sud du Brésil, l’Uruguay et l’Argentine. En Argentine, la pampa correspond à pas moins de 650 000 km², soit 20 % du pays, depuis le Chaco au nord, jusqu’au río Colorado au sud, et des contreforts des Andes à l’ouest au río Paraná à l’est. Les trois villes principales argentines sont situées dans la pampa : la capitale du pays Buenos Aires, Cordoba, capitale de la province du même nom au pied des Sierras, et Rosario, capitale de la province de Santa Fe.

Les colons espagnols avaient aussi baptisé « indiens pampas » des communautés autochtones de la région, aujourd’hui disparus suite aux épidémies et aux défaites subies lors de la colonisation de leur territoire. Ces gigantesques zones quasiment vierges ont été le terrain privilégié de la vie des gauchos. En effet, leurs terres fertiles offraient un pâturage de choix pour les troupeaux de vaches et les manades de chevaux qu’ils conduisaient pour le compte des grandes estancias locales. L’Argentine reste un très important producteur de viande.

 

La richesse de ces terres de la pampa s’exprime pleinement lorsqu’elles sont plantées de culture comme le soja, le maïs, le blé, la luzerne et le tournesol.  C’est grâce à elles que l’Argentine s’enrichit énormément en devenant le grenier de l’Europe du début du XXe siècle à l’époque de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, les milliers d’hectares de soja, dont les récoltes sont exportées principalement vers la Chine, assurent une véritable rente dont l’économie argentine a bien besoin pour faire face au déficit de ses caisses. La production agricole de la pampa contribue pour 12 % du PIB argentin et 60 % des exportations totales du pays.

 

Le développement de l’agriculture et l’élevage a eu un impact considérable sur l’écosystème de la pampa et a entraîné la quasi disparition du puma, du ñandú, du guanaco, ainsi que de nombreuses espèces de gibier sauvage. Les immensités de la pampa sont aujourd’hui principalement peuplées d’espèces introduites par l’homme pour la chasse, comme le lièvre et le sanglier, ou d’animaux de petite taille comme le renard de la pampa, le cuy, sorte de rongeur, ou le carpincho, prisé pour son cuir, de quelques reptiles, et de nombres d’oiseaux. La région se caractérise par des étendues rases d’herbe pampa, quasi dépourvues d’arbres ; seul l’ombú ponctue ces horizons qui s’étendent à perte de vue.

Il est particulièrement dépaysant de faire un séjour dans une des grandes estancias de la pampa, où l’on peut profiter des activités traditionnelles du campo argentin. Les asados, ou grillades pantagruéliques, les promenades à cheval pour observer le marquage des jeunes veaux, ou encore les grands rassemblements traditionnels comme celui de la fête de la tradition chaque année à San Antonio de Areco sont autant d’occasions pour une immersion dans l’univers des gauchos.